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Pouille en vrai leader ?

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Cette semaine, Yannick Noah a martelé l’idée que Lucas Pouille était le leader de l’équipe de France, en rajou­tant même : pour long­temps. Ce dimanche face à Fabio Fognini, qui sera soutenu par tout un peuple, le Nordiste a une belle occa­sion de confirmer sur le court ce nouveau statut et ainsi envoyer la France en demi‐finale.

Avant, il y avait toujours un ou plusieurs nouveaux mous­que­taires dans ses pieds. A Gênes, depuis une semaine, ce n’est pas le cas. De là à dire que Lucas Pouille soit plus libéré, il y a un pas que l’on ne fran­chira pas d’au­tant que lui n’a visi­ble­ment jamais eu de problèmes avec ses grands frères. Il reste qu’avec sa place de 11ème joueur mondial, ses perfor­mances du début de saison et surtout son envie de porter haut les couleurs de son pays, Lucas se trans­forme effec­ti­ve­ment en un vrai leader.

Vendredi, durant deux sets et demi, il a même donné cette impres­sion, celle d’un patron. Et puis, au détour de quelques points mal négo­ciés, il est tombé dans ses travers. C’est lui‐même d’ailleurs qui a eu la luci­dité de l’avouer après sa victoire : « D’un coup j’ai été moins agressif, j’ai reculé, j’ai trop été atten­tiste, cela aurait pu me coûter cher. » Cela lui a déjà coûté deux sets et des sueurs froides à l’en­tame du cinquième set. « Il faut que je puisse gommer ces passages pour me mettre à l’abri et surtout je sais que face à un joueur comme Fognini cela pour­rait être fatal. »

Les Bleus sont confiants

Au final, il faut avouer que ce premier match serré ne met pas le natif de Grande‐Synthe dans une confiance folle, une situa­tion que ses parte­naires trouvent pour­tant très posi­tive : « Même s’il a fait cinq sets, Lucas n’a pas trop puisé dans ses réserves et je pense que le fait d’avoir livré une grosse bataille va l’aider face à Fabio. » Cette analyse de Pierre‐Hugues Herbert n’est pas dénué de fonde­ments. Elle est d’ailleurs plus ou moins reprise par Nicolas Mahut : « Lucas s’est préparé depuis plus de vingt jours sur terre, il est très affuté. Il le sera d’au­tant plus qu’il a un match de compé­ti­tion à son actif. C’est impor­tant voire déter­mi­nant quand tu sors d’une prépa­ra­tion aussi longue. Je suis persuadé qu’il va faire son match face à Fabio. »

Le clan trico­lore est donc confiant d’au­tant que Fabio Fognini a montré certaines limites en double. Des limites que Yannick Noah a tenu à balayer : « Fabio a démontré le joueur qu’il était notam­ment au premier tour, je sais qu’il va répondre présent. Après on a aussi observé des choses qui vont nous aider. On a plus d’in­for­ma­tions que vendredi matin,et on va tâcher d’en profiter. » Ce duel entre les numéros 1 dans un stade qui a vrai­ment mal vécu la petite humi­lia­tion du double risque de peser très lourd dans la carrière des deux protagonistes.

Pour le protégé d’Emmanuel Planque, ce serait le match réfé­rence dans cette épreuve et ceci sans occulter le point décisif de la finale à Lille. Pour le Transalpin, en cas de victoire, il pour­rait garder son statut de héros national. En revanche, si la défaite pointe le bout de son nez, cela risque peut‐être de mal tourner, enfin rien n’est moins sur : « Avec Fabio, on ne sait jamais ce qu’il va se passer » a expliqué P2H à l’issue du double. Voilà un beau résumé en quelques mots de ce qui nous attend demain sur les coups de 11h30 : des certi­tudes certes, mais aussi de l’in­connu. En bref, la Coupe Davis et sa magie éternelle.

De votre envoyé spécial à Gênes