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Revenu de l’enfer

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Richard Gasquet a remonté un handicap de deux sets à zéro pour fina­le­ment apporter le premier point à l’équipe de France. Le Français domine Florian Mayer 4–6 4–6 7–5 6–3 6–3 en 3h36. Mais que ce fut dur !

Pour son retour en équipe de France, Richard a fait long, très long même. Mené 6–4 6–4 5–3, le Français n’a jamais baissé les bras malgré un niveau de jeu parfois indigne de son statut. Pas à pas, point après point, le Tricolore est revenu dans le match. On ne retiendra pas son niveau de jeu. Mais l’es­sen­tiel était d’ap­porter ce premier point. Et il l’a fait. 

Rejouer sous le maillot bleu après 3 ans d’ab­sence n’a rien d’anec­do­tique. Surtout quand on s’ap­pelle Richard Gasquet. Particulièrement tendu, le Français débute la rencontre sur les talons. Se conten­tant de jouer haut et lifté, Richard pose son jeu d’at­tente. A 3–2, il dégaine deux formi­dables passings pour breaker. Puis hurle son premier « Allez ». On le pense lancé. Et bien non. Rattrapé par son stress, le numéro 11 mondial se crispe, concède le débreak puis le break. Et le premier set revient à Florian Mayer (6−4).

Le scénario se répète dans la seconde manche. Gasquet breake, mène 3–1, mais ne peut confirmer son avance. Poussé par son capi­taine, Mayer se montre de plus offensif. Et surtout ne rate plus rien ! D’amorties, en revers claqués, ou chipés, l’Allemand fait dégou­piller Gasquet. Malgré les mots de son capi­taine, Richard ne parvient pas à se détendre. « Souffle, souffle » lui hurle Llodra. « Prends ton temps » lui montre Tsonga. Rien n’y fait. Son service est inef­fi­cace, ses attaques sont contrées. Impuissant, il concède la seconde manche (6−4).

Refusant de céder malgré son médiocre niveau de jeu, Gasquet breake à nouveau Mayer d’en­trée de 3e set. Et comme on ne perd pas les mauvaises habi­tudes, l’Allemand revient immé­dia­te­ment au score. Puis enchaîne par un break. Cette fois, Richard est mal. Mené 6–4 6–4 5–3, ses chances de revenir sont… faibles dirons‐nous. Et puis ? Et puis Mayer dégou­pille. Un bon retour du Français, quelques erreurs et le débreak est fait. Gasquet revient à hauteur, sauve des balles de break à 5–5 et coiffe son adver­saire au poteau (7−5). Le match vient de tourner.

Encore en danger sur son enga­ge­ment en début de 4e manche, Gasquet serre le jeu. Puis prend l’avan­tage. Mayer n’y est plus. Ni dans la tête, ni dans les jambes. Plombé par les crampes, l’Allemand marche, ne pousse plus au service et traine sa peine. Timidement, Richard prend l’avan­tage (4−1). Puis égalise à deux sets partout.

Poussé par un Forget ultra dyna­mique, Gasquet monte en inten­sité. Ses jeux de service sont bien maitrisés. Ce 5e set, ce mach, ce point, il le veut. Et le montre. En serrant LES poings – enfin ! – Richie ne lâche plus rien. A 3–3, il se procure 3 balles de break. Et convertit la 3e. Toute l’équipe de France est debout. Chacun le sent, le plus dur est peut‐être fait. Son jeu de service empoché (5−3), Gasquet veut conclure, tout de suite. Sur sa 3e balle de match, il claque un retour gagnant. Le premier du match. Mais aussi le plus important.

A propos de l’auteur

Pauline Dahlem

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.