AccueilDocuClément Mallet : « Le terrain est essen­tiel pour comprendre comment évolue la pratique »

Clément Mallet : « Le terrain est essentiel pour comprendre comment évolue la pratique »

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En 2018, Artengo a lancé l’Artengo Tour. Cet événe­ment unique en son genre a séduit des passionnés dans toute la France. Nous nous devions d’en faire un bilan avec Clément Mallet, le respon­sable de cette acti­va­tion de la marque tennis du groupe Decathlon, d’autant qu’en 2019, la deuxième édition promet d’être belle.

Clément, comment l’idée de l’Artengo Tour a‑t‐elle germé au sein de vos équipes ?
En fait, notre idée était de pouvoir mettre nos produits dans les mains de joueurs experts. Cela coïn­ci­dait aussi avec l’arrivée dans notre gamme de nos raquettes experts. Même si elles avaient été testées et certi­fiées par nos proto­coles et nos parte­naires tech­niques, l’idée de les mettre à l’épreuve concrè­te­ment sur les courts lors de plusieurs étapes en France avec tous les types de joueurs de 3e et 2e séries nous a semblé être une bonne démarche pour les faire décou­vrir et tester. Une fois cette volonté validée, nous avons alors eu l’ambition de créer un véri­table événe­ment autour de cet objectif prin­cipal. Nous avons donc élargi le concept à l’ensemble de notre gamme, c’est-à-dire le textile, les chaus­sures, le cordage, la baga­gerie, bref tout l’arsenal du joueur de tennis.

Jamais une marque n’a osé proposer une compé­ti­tion dans laquelle il faut jouer avec ses produits…
Cela n’avait jamais été fait, c’est vrai. Des tests sont régu­liè­re­ment orga­nisés sur le terrain, mais le joueur n’est pas intégré dans une véri­table épreuve homo­lo­guée FFT. Nous avions l’intuition que l’homologation était essen­tielle à cet événe­ment. Pour cette première édition, nous avons préféré inter­roger direc­te­ment les joueurs et joueuses via une étude. Grâce aux résul­tats de l’enquête, nous avons travaillé sur une propo­si­tion de format de jeu conforme aux attentes des interrogé(e)s : l’homologation et le format court se sont révélés primordiaux.
Bien évidem­ment, l’Artengo Tour c’est aussi du plaisir et une mobi­li­sa­tion globale de toutes les forces vives de la marque. Il fallait donc condenser l’événement sur une journée par week‐end. Nous avons donc fait le choix de proposer un tournoi avec des tableaux courts par niveaux de clas­se­ments, avec une demi‐finale et une finale sur des formats de matchs en deux sets de six jeux avec un super tie‐break en dix points dans la 3e manche.

Tout cela a été fait de façon empirique ?
Non, bien évidem­ment. Nous avons mené cette construc­tion en nous appuyant sur l’étude dont je vous ai parlé, sur notre exper­tise aussi. Puis nous avons adapté l’ensemble des réponses aux contraintes de temps, tech­niques, et aux clubs que nous avions sélec­tionnés pour accueillir les étapes de l’Artengo Tour.



Est‐ce que la gratuité pour les frais d’inscription était une donnée prioritaire ?
Cela fait partie d’un tout. Comme notre concept est unique, il fallait s’affranchir de certains critères. C’est ce que l’on a fait avec les frais d’inscription. Notre idée était aussi de créer un événe­ment de partage, de convi­via­lité, et d’aider à la compré­hen­sion autour des produits.

C’est pour cela qu’autour de l’épreuve, vous avez sur chaque étape mis en place un vrai village de la marque avec tout ce que cela comporte : service cordage, présence de chefs de produit pour expli­quer les étapes de la créa­tion d’une chaus­sure, par exemple…
C’est exac­te­ment cela, il faut que la parti­ci­pa­tion à une étape de l’Artengo Tour soit unique, et pas seule­ment parce que vous repartez avec une pano­plie complète offerte par la marque. Ce n’est pas cela le but prin­cipal, et c’est aussi dans ce cadre que nous avons mis en place un vrai proto­cole pour chaque participant. 

Lequel ?
Une fois que le parti­ci­pant est inscrit, nous l’interrogeons sur sa pratique, ses envies, son style de jeu, son maté­riel, ses objec­tifs en termes de sensa­tions. L’ensemble de ces infor­ma­tions défi­nissent un profil qui nous permet en amont de lui préparer son maté­riel, et notam­ment son cadre et le cordage qui va avec. À ce sujet, on a beau­coup d’anecdotes à raconter. Cela nous a d’ailleurs confirmé que le cordage reste, pour beau­coup, encore un vrai mystère.

C’est-à-dire ?

Sur chaque étape, le service cordage est proposé en formule « open‐bar », ce qui signifie que vous pouvez changer de type de cordage, de tension autant de fois que vous le voulez, et ce afin de faire tomber certaines idées reçues et surtout de trouver le compromis idéal entre votre cadre et votre cordage. Monofilament, multi, tensions, etc., ce sont nos experts qui vous conseillent en prenant du temps pour parvenir à préparer rapi­de­ment ce que vous recher­chez et ce qui vous convient le mieux.

Un service de cordage digne du circuit pro, finalement !

Je suis heureux de l’entendre, car c’est effec­ti­ve­ment le cas. Nous restons des passionnés et voir un joueur revenir avec le sourire parce qu’il a pu jouer son meilleur tennis en lui faisant changer ses habi­tudes en termes de tension ou de type de cordage, c’est toujours très enri­chis­sant. L’idée de l’Artengo Tour se situe aussi là : faire évoluer les menta­lités, faire des produits des alliés de la pratique et non des contraintes.

A‑t‐il été facile de trouver des clubs pour vous recevoir ?
Facile, ce n’est pas le mot. Nous voulions pour cette première édition aller dans certaines régions en prio­rité, des régions à fort poten­tiel tennis­tique. Nous n’avons pas rencontré de réti­cence ou de résis­tance une fois que nous avions ciblé les clubs pouvant nous rece­voir dans des condi­tions opti­males. D’ailleurs, j’en profite pour tous les remer­cier, car sans eux, l’Artengo Tour n’aurait pas vu le jour. Tous ont fait le même constat : l’Artengo Tour a créé chez eux une vraie dyna­mique le temps d’un week‐end.

Ils ont tous resigné pour 2019 ?
Ils l’auraient fait, j’en suis persuadé, mais nous avons décidé d’explorer de nouveaux terri­toires pour faire profiter de cet événe­ment à d’autres clubs et donc à d’autres joueurs. En ce moment, nous sommes en pleine fina­li­sa­tion des étapes de l’Artengo Tour 2019. Nous devrions rester sur 8 étapes et sur le même format de matchs.

On ne change pas une équipe qui gagne…
L’Artengo Tour n’est pas un événe­ment de masse au sens strict du terme. Le but n’est pas de battre des records de parti­ci­pants, mais d’accueillir dans les meilleures condi­tions une centaine de parti­ci­pants chaque samedi. De les choyer, de partager notre passion. Si l’on fait cela avec géné­ro­sité et sincé­rité, on sait aussi que les parti­ci­pants seront de formi­dables ambas­sa­deurs de la marque, mais surtout du tennis en général ! Car l’objectif de tout cela est de favo­riser une pratique où plaisir rime avec sensa­tions et perfor­mance. Le tennis est un sport formi­dable, exal­tant, et quel­que­fois la frus­tra­tion peut venir tout simple­ment d’une mauvaise tension, d’une raquette trop rigide ou mal équi­li­brée. L’Artengo Tour « éduque » juste­ment tous ses parti­ci­pants à l’ensemble de ces notions.

On te sent parti­cu­liè­re­ment motivé à l’idée de repartir sur la route.
Cela fait plaisir à entendre : le terrain est essen­tiel pour comprendre comment évolue la pratique. Nos équipes de concep­teurs, qui sont présentes sur le village à chaque étape, ont été embal­lées par les échanges qu’elles ont eus en 2018 avec les parti­ci­pants, car cela leur a permis d’avoir de vraies discus­sions qui sont souvent complé­men­taires aux études que l’on peut mener en amont d’un lance­ment de produit.
D’un point de vue personnel, arriver dans un beau club, mettre en place le village, rece­voir les joueurs, partager notre passion commune, c’est eupho­ri­sant. Cela nous conforte aussi, au regard du succès indé­niable de l’Artengo Tour 2018, dans le fait que le tennis est un sport majeur en France, que les prati­quants sont présents, qu’il faut soutenir leur pratique, être inno­vant, et savoir parfois sortir de certains dogmes. Il faut consi­dérer aussi que les marques ont un réel devoir de déve­lopper de nouveaux concepts, de nouveaux produits pour favo­riser une pratique plus ludique, plus dans l’air du temps.

Si tu devais retenir une image ?
Peut‐être le dernier coup de raquette, lors de la dernière étape au Liberty Country Club à Thiverval. Il marquait la fin de l’Artengo Tour 2018, de six mois sur le terrain à partager, jouer et s’enrichir au contact des passionné(e)s de tennis dans une belle ambiance. L’équipe était fati­guée, mais ne voulait pas que ça se termine…
C’est fina­le­ment ce qui m’a marqué le plus : la joie de voir que le tennis, sport si indi­vi­duel et si dur, peut aussi se partager dans une superbe ambiance, malgré la compé­ti­tion qui fait rage. 

En 2018, l’Artengo Tour c’était 8 étapes :
La Baule
Biarritz Olympique

TC Lille
Cagnes‐sur‐Mer
TC Strasbourg
ATGT Tours
Saint‐Maur 
Liberty Country Club


L’Artengo Tour en chiffres

Nbre d’étapes : 8
Nbre de parti­ci­pants : 540
Nbre de pose de cordages : 7 km de cordage posé/600 raquettes cordées
Nbre de balles utili­sées : 1 800
Nbre de raquettes cassées : 4 seulement !
Nbre de matchs joués : 450

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