Dans une chronique qu’il tient sur le site du Daily Telegraph, Boris Becker est revenu sur la finale entre Andy Murray et Roger Federer. L’Allemand pointe du doigt les manques de l’Ecossais et ses prochaines étapes pour les combler.
« La manière dont il [Andy Murray] allait s’affirmer dans cette finale devait être décisive. Au début du match, il a tenu tête à Roger mais, ensuite, il est revenu à son habituel jeu défensif, autorisant Roger à jouer un super tennis. Même quand il a eu des balles de set, dans le troisième, il n’a pas réussi à passer le cap. Il a tenté d’attaquer, mais il avait toujours, à un moment donné, un coup droit défectueux, à mi‐court, qui l’en empêchait. Ce n’est pas un coup qu’il joue naturellement et, sur les points importants, les joueurs de tennis reviennent à leur instinct. C’est révélateur et ça montre qu’Andy doit à présent s’améliorer techniquement, acquérir un coup « tueur » qui lui viendrait naturellement, dans le jeu, au bon moment. Comme Roger. »
Boris Becker insiste également sur l’importance d’avoir, dans son proche entourage, un ancien vainqueur de Grand Chelem pour passer, soi‐même, cette énorme marche qui sépare une finale du titre dans ces tournois majeurs. C’est peut‐être ce qu’il manque à Murray.
« C’est la prochaine étape de sa progression. Je regardais le team de Murray pendant le match. Dans son box, il n’y avait personne qui savait ce que c’est, que d’être en finale de Grand Chelem. Je ne critique pas le « team Murray », qui a le mérite d’avoir fait d’Andy le troisième meilleur joueur du monde. Mais vous ne pouvez pas acquérir les compétences dont vous avez besoin sur un Court Central en lisant un bouquin ou en écoutant des choses à droite à gauche. Vous devez plutôt discuter. Discuter avec des gens comme John McEnroe, Jimmy Connors… Quelqu’un que vous écouterez et respecterez. Pour Murray, il s’agit à présent de jouer le bon coup au bon moment, de le jouer du mieux possible sur une balle de break ou autre. Pas de faire un footing ou d’aller à la gym. Andy va faire partie des meilleurs joueurs du monde pendant les 5 prochaines années. mais, s’il veut les surpasser, non les égaler, il doit avoir quelqu’un à ses côtés qui sait ce que c’est que de gagner un Grand Chelem, le mont Everest du tennis. L’air y est plus rare et Andy doit s’entourer de personne qui l’ont atteint ce sommet, qui pourront lui décrire comment elles y sont arrivées et comment lui aussi pourra le faire. »
Dans GrandChelem 15, Patrick Mouratoglou était lui aussi revenu sur ce manque du team Murray, expliquant que, « pour devenir un grand champion, il faut savoir réunir des compétences autour de soi. » Avant d’établir un comparatif entre Andy Murray et Juan Martin Del Potro : « La comparaison est intéressante entre Del Potro et Murray. Del Potro bénéficie de l’expérience d’un coach vainqueur de Grands Chelems. Murray, lui, est entraîné par un gars bourré de qualités, mais qui en est à sa première expérience de coaching. Et c’est Del Potro qui a remporté un Grand Chelem le premier. »
Un coach, tout du moins le regard d’un ancien vainqueur de Grand Chelem : LA solution pour Andy Murray ?
Publié le lundi 1 février 2010 à 14:18



