Rafael Nadal va retrouver, à Wimbledon, la terre d’un de ses plus grands exploits : sa victoire sur Roger Federer, en 2008, le Prince détrônant son aîné dans le jardin de ce dernier. Deux ans plus tard, il assiéra un peu plus cette performance en s’imposant à nouveau sur le gazon londonien, réalisant ainsi son deuxième doublé Roland Garros‐Wimbledon. Cette année, sa forme semble fluctuer ; analysons quelques unes des clefs – c’est loin d’être exhaustif ! – qui permettraient une troisième victoire du côté du All England Lawn Tennis & Cricket Club.
Le service
Rafael Nadal a beaucoup travaillé son service ces dernières années. Lui qui « n’en étai[t] pas satisfait à 100% » début 2009 a fait de réels progrès dans ce domaine depuis la saison dernière. C’est d’ailleurs ce qui l’a mené au titre tant attendu, à l’US Open, en septembre 2010. Pour preuve, à l’époque, il avait remporté majoritairement entre 75 et 80% des points joués sur son service, ne concédant son premier break qu’en quarts de finale, contre Fernando Verdasco. Durant la dernière quinzaine de Roland Garros, la donne a été toute autre. Le numéro un mondial s’est montré assez friable sur ses mises en jeu, tournant à 60–65% de points gagnés derrière. A Wimbledon, sur une surface légèrement plus rapide et, surtout, n’imprimant pas les mêmes trajectoires à la balle, il lui faudra être beaucoup plus efficace. Quand on se rappelle le titre de Roger, en 2009, acquis à la force du bras grâce à son excellence en service, on se dit que de bonnes premières et secondes balles ne sont pas un mince avantage sur l’herbe londonienne…
La volée
La capacité de Rafael Nadal à monter au filet pour écourter les échanges pourrait tout aussi être importante. On sait que la volée n’est pas sa discipline de prédilection – d’ailleurs, on se rappelle des propos de Nikolay Davydenko, à la Masters Cup 2009 : « Rafa ne joue qu’avec son physique car il n’a ni service, ni volée. » Depuis, il a tout de même bien évolué : lors de sa victoire, à Wimbledon, l’année dernière, il était monté à la volée à 160 reprises en 26 sets, soit 40 fois de moins sur la quinzaine que son adversaire finaliste, Tomas Berdych – un score tout à fait honorable. Durant l’US Open, son pourcentage de montées avait baissé à 128 ; à Roland Garros, la tendance a été la même avec 114 volées jouées, même si on l’a vu tenter d’inverser la donne et d’être plus agressif en demi‐finale, face à Andy Murray – avec plus ou moins de succès. On attend de lui un esprit et une attitude plus offensive que ce qu’on a pu voir ces dernières semaines – c’est quelque chose qui doit se réapprendre.
Le tableau
Voilà un élément que l’on ne maîtrise pas, mais qui peut s’avérer décisif dans le parcours de chaque joueur, dans chacun des Grands Chelems : le tableau, tant son tirage au sort, que ses aléas, avec les défections des uns ou des autres. Lors de sa première victoire, en 2008, Rafael Nadal n’avait pas affronté un seul top 10 avant de défier Roger Federer en finale. Même chose pour Roger cette même année et celle d’après. Une aide non négligeable pour faire un bon parcours et préserver ses forces. Mais sur gazon, outre les pontes, il y a les spécialistes et les tueurs qu’il vaut mieux éviter : John Isner et Sam Querrey, avec leur grand service, et les Lleyton Hewitt, les Philipp Kohlschreiber, les Nicolas Mahut… Wimbledon a souvent réservé des surprises – on l’a encore constaté la saison dernière – au cours de son histoire. Evidemment, un Rafael Nadal doit être capable de battre tous ces joueurs, mais, dans un mauvais jour au drôle de scénario, tout est toujours possible. Même si sa défaite face à Jo‐Wilfried Tsonga la semaine dernière est assez peu significative – autre format, contexte différent –, elle montre qu’il est possible de lui prendre des sets et de l’énergie sur cette surface.
Les images de la finale 2010, Nadal‐Berdych :
Publié le mardi 14 juin 2011 à 12:42



