Djokovic : « Contre Nadal, je dois y croire, et j’y crois ! »

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    C’est le visage légè­re­ment rougi par le soleil que Novak Djokovic s’est présenté face à la presse. Reconnaissant avoir eu un petit coup de fatigue lors de son match face à Gulbis, la faute notam­ment à la chaleur ressentie sur le court, le Serbe s’est tout de même montré rassu­rant à deux jours de la finale contre Nadal. Interview.

    Novak, comment vous êtes‐vous senti sur le court cet après‐midi ?
    Dans les deux premiers sets, je me sentais vrai­ment bien. Je jouais bien, j’étais solide, je rameais beau­coup de retours dans le court et j’avais un bon pour­cen­tage de premiers services. Par la suite, j’ai ressenti un peu de fatigue physique. Je crois d’ailleurs que cela s’est vu. Ce sont des choses qui arrivent dans un tournoi… L’important sur le moment était de prendre conscience de ce qui se passait, de bien réagir et d’es­sayer de récu­pérer. Je n’ai rien eu de spécial, pas de douleur parti­cu­lière, juste une sensa­tion de fatigue géné­rale, proba­ble­ment engen­drée par les condi­tions très chaudes qu’il y a eu aujourd’hui. Mais je ne vais pas parler de ça plus long­temps. Je suis ravi d’avoir gagné en quatre sets parce qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer dans un cinquième. Je vais main­te­nant me reposer ce soir puis essayer de ne pas dépenser trop d’énergie sur le court demain afin d’être prêt pour la finale dimanche.

    Quel impact les condi­tions chaudes et enso­leillées ont‐elles eu sur votre jeu aujourd’hui ?
    Cela requiert un peu d’ajus­te­ment car on a joué dans des condi­tions humides, lourdes et plutôt fraîches ces quinze dernier jours. La balle ne rebon­dis­sait pas autant. Il a donc fallu s’ajuster. Et puis le soleil qui tape comme aujourd’hui, ça fatigue aussi forcé­ment un peu plus.

    Allez‐vous adopter une approche tactique diffé­rente demain pour battre Nadal ? Qu’allez‐vous mettre en place pour essayer de lui ravir le titre pour la première fois ici ?
    Il n’y aura pas de diffé­rences signi­fi­ca­tives dans la tactique que je vais adopter demain par rapport à celle que j’ai utilisée dans nos matchs précé­dents, comme la finale de Rome il y a 3 semaines. Je veux être agressif, car c’est le seul moyen de le battre. Il n’a perdu qu’une seule fois ici, c’est le tournoi où il joue véri­ta­ble­ment le mieux. En plus, le Central ici est très grand et il s’y sent encore mieux qu’ailleurs parce qu’il a beau­coup d’es­pace pour défendre. Maintenant, on a eu des matchs de grande qualité, et surtout très serrés ici par le passé. L’an dernier, je sers pour mener 5–3 dans le cinquième set. Savoir que j’étais si près me donne la croyance que je peux le battre ici. Je sais ce que j’ai à faire pour y parvenir. C’est diffi­cile, bien sûr, mais Rafa n’est pas imbat­table. Et puis, l’avoir battu lors de nos deux dernières finales (Ndlr, à Miami et Rome), dans deux gros tour­nois, me permet de croire vrai­ment que je peux le faire.

    Vous n’avez jamais gagné ici. Cela ajoutera‐t‐il du stress lors de la finale dimanche ? Comment allez‐vous le gérer ?
    Bien sûr ce sera stres­sant, mais pas tant que cela fina­le­ment. Vous savez, chaque année, j’ac­quiers de l’ex­pé­rience et j’ap­pré­hende ainsi un peu mieux à chaque fois ce genre de situa­tion psycho­lo­gi­que­ment. Bien sûr, il y aura de la pres­sion et des attentes dimanche. C’est normal. Mais je vais essayer de cana­liser cette énergie et même de la trans­former en énergie posi­tive, afin de ne pas me laisser submerger par la pres­sion. Je vais vrai­ment tout faire pour soulever le trophée dans deux jours, sur ce Central de Roland Garros où je n’ai jamais gagné. Je dois y croire, je dois essayer de gagner. J’y crois.

    Rafael Nadal a battu Andy Murray très faci­le­ment aujourd’hui. Cela vous surprend‐il ?
    J’ai un peu regardé le match tout à l’heure. Je ne suis pas si surpris que cela du résultat. On sait tous à quel point Rafa peut être bon sur ce court. Il a élevé son niveau de jeu au fil du tournoi et il commence à se sentir très, très fort. Comme cela lui arrive souvent ici, il monte en puis­sance au fil des matchs et retrouve son meilleur niveau pour la fin du tournoi. Dimanche, il sera favori, c’est certain. Mais j’ai bien joué derniè­re­ment et ma victoire en finale à Rome contre lui me donne beau­coup de confiance et me permet de vrai­ment croire en mes chances.

    La météo annonce 32°C dimanche… A quelles condi­tions vous attendez‐vous ?
    Je m’at­tends à une journée enso­leillée (sourire) ! Je vais me préparer pour ce match du mieux que je peux, mais je ne peux pas prédire le résultat. La seule chose que je peux contrôler, c’est ma prépa­ra­tion et mon jeu. Je vais donc me concen­trer là‐dessus.

    Pouvez‐vous nous parler du chal­lenge physique que repré­sente une finale face à Nadal ?
    Il est vrai que le physique est un facteur très impor­tant dans nos matchs. Dimanche, je sais que je vais affronter un grand combat­tant qui joue chaque point comme une balle de match. Ce sera très exigeant physi­que­ment, mais je suis prêt pour ça. J’ai certes eu un match compliqué aujourd’hui, mais j’ai un jour‐off demain pour bien récu­pérer et me préparer. Ce n’est pas la première fois que j’ai à gérer ce genre de situa­tions. Je sais donc comment m’y prendre. Je vais me préparer avec toute mon équipe tant sur les plans tactique que physique et tennis­tique. Le but étant de pouvoir donner le meilleur de moi‐même dans deux jours.

    A propos de l’auteur

    Paul‐Hugo Bélanger

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.