Du boulot pour Novak Djokovic ! Le numéro un mondial a dû, dans un premier temps, prendre le dessus sur Radek Stepanek au troisième tour de l’Open d’Australie, 6–4 6–3 7–5. Puis, dans un deuxième, affronter les journalistes en conférence de presse. Après les aveux de Lance Armstrong, qui a reconnu hier s’être dopé tout au long de sa carrière, l’exercice devait être délicat et les réponses de Djokovic, premier ambassadeur du tennis, scrutées. Voici ses propos sur le sujet. Rien de bien nouveau sous le soleil… Mais on vous laisse vous faire votre opinion !
Ca a été votre match le plus difficile du tournoi, pour le moment…
Oui, sans aucun doute. Je ne m’attendais pas à un match facile, de toute façon. Quand vous êtes au troisième tour d’un Grand Chelem, que vous jouez un joueur tête de série, top 30 au classement, quelqu’un qui a une grosse expérience du circuit… En plus, c’est un gars qui aime les grands courts. Vous avez pu voir comme il prenait du plaisir. Ca a été un match très plaisant. Et, sur le court, il est très habile, il vient au filet, il ne vous donne jamais la même balle deux fois d’affilée. Ca fait de lui un joueur bien différent de la majorité des gars.
C’était un match sérieux, mais assez théâtral…
Comme je l’ai dit, c’est un troisième tour de Grand Chelem, ça veut tout dire. Nous voulions tous les deux gagner le match, même si nous en profitions en même temps. En plus, on se connaît bien depuis longtemps. J’ai beaucoup de respect pour lui, c’est un grand combattant, un compétiteur. Un des rares joueurs à venir encore au filet et à varier son style de jeu. C’est sympa de voir un gros coup droit à plat. Il a un style de jeu vraiment inhabituel dans ce tennis moderne.
Vous avez entendu les aveux de Lance Armstrong (NDLR : Armstrong a reconnu s’être dopé la majeure partie de sa carrière hier). Qu’est‐ce que vous en pensez ?
Je pense que tout le monde s’attendait à ce qu’il dise ce qu’il a dit. Ca aurait été ridicule de sa part de nier encore et de refuser toutes les charges qui pèsent sur lui, lors même que son dopage a été prouvé. Ils avaient un millier de preuves disant qu’il était dopé. C’est une honte pour le sport d’avoir un athlète comme celui‐ci. Il a trahi le sport. Il a trahi énormément de monde partout sur la planète avec sa carrière et l’histoire de sa vie. A mon sens, on devrait lui reprendre tous ses titres, parce que ce n’est pas juste pour les autres sportifs. Ce n’est pas la manière dont il faut conquérir des succès. Il doit souffrir de ses mensonges depuis toutes ces années.
Vous pensez que les contrôles antidopage sont assez rigoureux dans le tennis ?
Dans le tennis, selon moi, la lutte antidopage est vraiment bonne. Les règles sont peut‐être un peu plus strictes, parce que vous avez les documents des « whereabouts », où vous devez préciser tous les endroits où vous allez être chaque jour, tout au long de l’année. D’un autre côté, c’est aussi ce qui donne aux instances l’opportunité de vous contrôler. Et vous savez que tous les joueurs sont dans le même cas que vous. De ce point de vue, c’est juste. Et je n’ai rien contre l’idée de me faire contrôler 10, 20 ou 30 fois par an par les instances de la lutte antidopage.
Qu’en est‐il des tests sanguins ? L’ITF nous a rappelés qu’il n’y avait eu que 18 tests sanguins sur les meilleurs joueurs en 2011. Vous pensez que vous‐même, Andy Murray, Roger Federer et Rafael Nadal devriez être plus souvent testés ?
Oui, je n’ai pas subi de tests sanguins depuis les six ou sept derniers mois. C’était un peu plus régulier ces deux ou trois dernières années. Je ne sais pas pourquoi ils les ont diminués. Tant que les contrôles sont justes, moi, ça ne me dérange pas. On essaie de protéger l’identité de ce sport. Je suis persuadé que les joueurs de tennis sont parmi les athlètes les plus propres, dans l’un des sports les plus concurrentiels au monde. Tant qu’on continue dans cette voie, je n’ai pas à me plaindre de ces tests.
Darren Cahill a dit qu’il trouvait que les règles du programme de lutte antidopage dans les tennis n’étaient pas adaptées. Pis, que la lutte avait reculé ces dernières années. Qu’est‐ce que vous en pensez ?
Pourquoi a‑t‐il dit ça ?
C’est son opinion.
Je ne sais pas. Il doit y avoir une raison pour qu’il dise ça, une histoire qu’on ne connaît pas. Je connais Darren. C’est un super gars, quelqu’un qui connaît très bien le tennis. Mais, à mon sens, la seule chose dont on peut se plaindre, ces dernières années, c’est du système des whereabouts. Pourquoi devons‐nous écrire où nous sommes chaque jour des 365 d’une année, alors que nous passons la plupart de notre temps sur les courts ? C’est quelque chose qui est discutable. Mais, d’un autre côté, plus il y a de tests d’urine, plus il y a de tests sanguins, mieux c’est. Parce que vous savez alors que ce sport est un sport propre et que tout le monde est traité pareil.
Beaucoup de fans de cyclisme n’ont plus la foi dans leur sport. Vous pensez que les fans de tennis doivent être confiant dans le leur ?
J’ai perdu beaucoup de foi dans le cyclisme. J’avais l’habitude de regarder ce sport. Tous les grands champions qui ont couru, Marco Pantani, maintenant Lance Armstrong… Enfin, pas tous. Je ne sais pas vraiment. Mais il y a eu tellement de controverses. Je suis sûr qu’il y a beaucoup de cyclistes de par le monde qui s’entraînent chaque jour sans utiliser quelque drogue que ce soit pour la compétition. Mais je pense aussi que ce n’est pas acceptable qu’ils aient à courir autant de courses dans des périodes de temps aussi réduites. Chaque jour, ils courent 250 bornes… Ils grimpent des montagnes, ils les descendent, au Giro, au Tour de France… C’est un effort inhumain. On le constate : Lance Armstrong et beaucoup d’autres doivent prendre quelque chose pour réussir.
Vous seriez en faveur d’un passeport biologique dans le tennis, comme ils le font dans le cyclisme ?
Nous pouvons discuter longtemps de toutes les options. Mais, d’une manière générale, je pense que les règles antidopage en vigueur dans le tennis sont bonnes. Je ne pense pas qu’il devrait y avoir de gros changements. Tout est déjà bien officiel. Nous devons écrire où nous sommes chaque jour de notre vie, donc ils ont la possibilité de nous tester n’importe où chaque jour des 365 d’une année. A mon sens, ça ne donne aucune chance à un joueur de faire quelque chose qui serait contraire au sport.
Actuellement, les meilleurs Juniors sont classés aux alentours de la 200ème place, chez les garçons. Est‐ce que ça montre à quel point le circuit est physique désormais et toute la maturité qu’il faut avoir pour percer ?
Oui, je trouve que la compétition évolue. Et ça s’est accéléré ces dernières années. C’est de plus en plus difficile pour les plus jeunes d’arriver tôt sur le circuit et de percer au plus haut niveau. Mais, vous savez, si vous êtes un joueur de classe mondiale et de grande qualité, vous finirez par y parvenir. Les joueurs comme Raonic, Tomic ou Dimitrov le montrent. Maintenant, on attend d’eux qu’ils atteignent le top 10 dans un futur proche, donc on verra ce qu’il va se passer.
Publié le vendredi 18 janvier 2013 à 12:36



