Comme à son habitude, Roger Federer ne s’est pas attardé sur le tirage au sort. Néanmoins, le Suisse ne semble pas inquiet pour son meilleur ennemi Rafael Nadal. Le maestro pense même que ce sera plus compliqué pour Novak Djokovic. Le Bâlois, qui se sent bien après sa belle semaine dans la ville éternelle, estime que les conditions de jeu sont différentes et qu’elles nécessitent un temps d’adaptation. En tout cas, le numéro 2 mondial était détendu et a plutôt fait rire son public lors du media day.
Roger, qu’avez-vous fait depuis votre finale à Rome ?
« Je suis rentré pour voir ma famille. J’ai passé un peu de temps avec eux. Deux jours sans jouer, puis je suis arrivé ici ce mercredi et depuis je m’entraîne. Et ça se passe plutôt bien. »
Que pensez‐vous du tableau ?
« Ils (Rafael Nadal et Novak Djokovic) ne sont pas dans ma partie tableau, mais ils sont quand même dans le tableau. A la fin on joue tous le même tournoi. Si tu perds en quarts, demies ou en finale, ce n’est jamais marrant (sourire). Mon objectif est de ne pas perdre. Tu dois affronter les joueurs qui sont de ton côté. Ce serait intéressant de voir Rafa contre Novak. Je pense que rien ne change pour lui parce qu’il est entre 5 et 8. On savait qu’on pouvait l’affronter en quarts ou demies. Il est très difficile à battre. Personne ne peut me dire le contraire, sauf Soderling. J’attends toujours de voir qui sera le prochain. Les conditions de jeu sont différentes. Le tirage au sort est intéressant pour les médias et pour certains joueurs, mais à la fin je suis concentré sur ce que je dois faire. C’est intéressant de savoir, mais ce n’est pas quelque chose que je surveille de près. »
Suite au tirage au sort, pensez‐vous que les choses auraient dû être différentes pour Rafa ?
« Je pense que le classement reflète ce qui s’est passé lors des douze derniers mois. Si Rafa n’avait pas été blessé depuis Wimbledon, il aurait été très proche du top 4. Il serait même dans les quatre. Je ne pense pas que ce soit mauvais pour lui. Il est là pour défendre son titre et peu importe la personne en face de lui. Ce sera peut‐être même plus difficile pour Novak que pour Rafa. »
Vous êtes de retour avec Stefan Edberg. Est‐il précieux à vos côtés sur cette surface ?
« Nous nous sommes retrouvés à Monaco pendant une semaine. Je l’ai vu récemment sur terre battue et c’est important d’avoir son avis sur cette surface. Ensuite, j’ai joué à Istanbul avec Severin Lüthi, puis également à Madrid et Rome où les choses se sont bien passées pour moi. Je suis en bonne forme. Il est important pour moi qu’on puisse se voir (avec Stefan Edberg) de temps en temps. C’est agréable de passer des moments avec lui, qu’il me dise ce que je peux améliorer. Tous les joueurs, pas seulement moi, ont besoin de s’ajuster selon les conditions de jeu. C’est étrange, mais elles sont très différentes de ce que l’on a pu connaître ces dernières semaines. Les balles ne sont pas très énergiques. C’est un jeu très différent. Evidemment que les résultats du passé ont une influence sur la confiance, mais le tennis d’aujourd’hui n’est pas celui de ces six dernières semaines. »
Vous dites que le court est lent. Que pensez‐vous de vos chances ?
« Je vais prendre match par match. Depuis un an, les choses se passent bien pour moi. J’ai eu un bon début de saison. Je suis plutôt satisfait de mon niveau de jeu. Je suis vraiment concentré. Il y a beaucoup de bons joueurs qui peuvent gagner le tournoi. Maintenant, je vais ajuster mon jeu par rapport aux conditions. On verra où cela nous mène, mais je pense, que j’ai la possibilité d’aller loin, mais ça dépendra du niveau de jeu. »
Comment décrivez‐vous la terre battue de Roland‐Garros ?
« Je pense que toutes les terres battues sont un peut différentes en fonction du sable qui est utilisé. Je pense que la fondation, la base, est importante en fonction du vent, de l’humidité, de la pluie ou de la sécheresse. La terre ne réagit pas de la même manière. Il faut donc s’adapter à la surface. Le sable utilisé ici est sans doute plus fin que ce que l’on peut trouver à Rome. C’est un peu différent de ce que l’on a en Suisse par exemple. Ce sont de très beaux courts ici. On sent qu’ils sont travaillés. L’équipe fait énormément d’efforts pour les réaliser. »
- « Ce sera peut‐être même plus difficile pour Novak que pour Rafa »
La tension se focalise vraiment sur Nadal et Djokovic. Vous avez aussi été habitué à être au cœur des attentions. Est‐ce que c’est agréable d’arriver en étant moins sous les projecteurs ?
« Ça ne change pas grand chose. Je joue le tournoi quand même, je m’entraîne, je passe devant la presse aussi (rires). À la fin, 99% des choses sont identiques. Vous mettez le focus sur Novak par exemple. C’est normal car il essaie de gagner son premier Roland‐Garros. Il joue incroyable bien depuis la fin d’année dernière. Il mérite les attentions. Rafa aussi, car il est en quête de son dixième titre, c’est énorme. Je crois que je suis le seul dans le tableau à avoir un titre à Roland‐Garros car Rafa a tout pris pour lui (rires). »
Comment vous sentez‐vous par rapport à la saison dernière à la même époque ?
« L’année dernière, je pense que j’étais sur la pente ascendante. Je jouais de mieux en mieux après un bon début d’année. La préparation pour Roland‐Garros avait été bonne. Je n’avais plus de douleurs au dos, j’avais bien joué à Monte‐Carlo (finale contre Stan Wawrinka). Mais j’ai l’impression que je ne lâchais pas mes frappes. Derrière, je suis devenu plus agressif, je me suis habitué à ma nouvelle raquette également, à l’équipe… Je trouve que cette année ça va encore mieux, mais ce n’est pas une surprise pour moi. 2013 m’a coûté beaucoup d’énergie. Maintenant je me sens mieux, mais ça ne veut rien dire. J’ai de bonnes sensations et j’espère que cela va se concrétiser sur le terrain. »
Vous ne semblez pas inquiet pour Rafael Nadal. Les conditions de jeu lui conviennent mieux ?
« Je pense que quand c’est un peu plus lent c’est mieux pour lui. Les grands serveurs lui font moins peur, à moi aussi, à tous les autres joueurs. Après ça joue plus du fond du court, des longs rallyes, et dans ce registre, il est incroyablement fort. L’aspect physique, mental, la cadence ou les des cinq sets lui permettent d’avoir plus de marge. Et puis la confiance. Les joueurs le savent. Il a une confiance à Paris que personne d’autre ne possède. Je pense que c’est un avantage pour Rafa, comme le sont les conditions de jeu. Chaque fois il faut prouver. C’est pour ça que son record est absolument incroyable. »
De votre envoyé spécial à Roland‐Garros
Publié le samedi 23 mai 2015 à 09:36



