A l’issue d’un match fabuleux, Roger Federer s’est qualifié pour la finale de Roland Garros en stoppant nette la série d’invincibilité de Novak Djokovic. Le pourquoi de ce succès en 5 points.
Le service
Depuis le début de ce tournoi, Roger sert bien. Très bien même. Premier au classement des aces (59 sur la quinzaine), le Suisse est également sur le podium du pourcentage de points gagnés derrière la première (81% de réussite). Dans cette demi‐finale, le numéro 3 mondial a parfaitement utilisé cette arme. A plat, en slice extérieur côté égalité, au corps ou kické côté avantages, le Suisse a glâné énormément de points gratuits. C’est justement ce service qui lui a permis de se sortir de situations délicates (les deux balles de set sauvées dans la première manche (4−5, 15–40) ou de tout simplement conclure le match dans le tie‐break final. Novak Djokovic a souvent souri de son impuissance au retour. Il l’a même souligné en conférence de presse. « Roger a su très bien servir aux moments importants ». Et mine de rien, ces 18 aces, 65% de premières et 196km/h de vitesse moyenne font la différence au final.
Le physique
Extrêmement rapide, aérien sur le court, Roger Federer était parfaitement affûté aujourd’hui. Alors que Djokovic semblait touché par moments, la bouche grande ouverte et les jambes trainassantes, Federer est resté constant physiquement tout au long de ce match. L’énorme travail physique réalisé lors de la saison sur terre porte a visiblement porté ses fruits côté suisse.
Le public
Timide en début de match – plus ébahi par la qualité de jeu qu’autre chose – le public a par la suite sérieusement donné de la voix. Pour qui ? Roger Federer. Des « Roger, Roger » scandés entre les jeux, des ovations sur les points du Suisse… Plus le match avançait, plus l’ambiance montait ; avant une dernière demi‐heure complètement électrique. C’est simple, on se serait presque cru en Coupe Davis : avec un public français, un Suisse sur le court, mais un Suisse complètement adopté, et ce depuis des années. « Je suis très fier, très content que le public me soutienne comme cela » s’empressera d’expliquer le Suisse en conf’ de presse. « Merci à eux. »
La tactique
Tout au long de ce match, Roger Federer s’est tenu à une tactique extrêmement simple : coller à sa ligne de fond de court. Refusant de reculer, le Suisse a pris du temps au Serbe sur chaque frappe, chaque échange. Sa prise de balle précoce lui aura certes fait commettre des fautes. Mais au final, cette tactique aura fini par faire craquer Djokovic, tant physiquement que mentalement.

Le mental
C’est sans doute la véritable clé de ce match. Et ce pour plusieurs raisons. D’abord, Roger est entré sur le court sans véritable pression. Contrairement à un Novak qui devait gérer une série d’invincibilité, une possible place de numéro 1 mondiale et une éventuelle première finale à Roland Garros. Décontracte, dans la peau du chasseur de têtes, le Suisse a su jouer un tennis agressif, délié, rapide et instinctif. Particulièrement volontaire, Roger avait aussi probablement en tête tous les dires des spécialistes du milieu, anciens joueurs et autres journalistes. Les « Federer est fini », « il ne gagnera plus rien » et plus si affinités ne devraient plus trop résonner ces prochains jours.
Enfin, Federer a une nouvelle fois prouvé qu’il était mentalement, un immense champion. En se sortant de situations délicates grâce à d’excellents points, en remontant un break de retard dans la 4e manche, en concluant magnifiquement un tie break électrique par un ace à 200. On vous l’a dit, on le répète. Ce Roger‐ci est un génie.
Publié le vendredi 3 juin 2011 à 23:23



