Halep : « Je suis fière de moi »

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    Applaudie lors de son entrée dans la salle de presse, Simona Halep a répondu avec plaisir aux nombreuses ques­tions des jour­na­listes. Souriante, la Roumaine a reconnu avoir versé quelques larmes immé­dia­te­ment après sa défaite, mais assure vouloir retenir les très belles émotions qu’elle a vécues tout au long de ce tournoi. Interview de la fina­liste de Roland Garros 2014 !

    Après la balle de match, vous êtes restée de longues minutes la tête sous votre serviette. Que se passe‐t‐il à ce moment‐là dans votre esprit ? Avez‐vous pleuré ?
    (Sourire) Oui, j’ai pleuré. Mais j’ai retrouvé le sourire ensuite. C’était ma première finale de Grand Chelem et je dois sourire parce que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir sur le court. J’ai joué du très bon tennis. Je suis très fière de ce que j’ai accompli dans ce tournoi, ces deux semaines ont été incroyables. Et aujourd’hui, j’ai vrai­ment vécu des sensa­tions extra­or­di­naires sur le court.

    Pouvez‐vous nous dire juste­ment comment on gère une première finale de Grand Chelem ?
    C’était vrai­ment dur avant le match de maîtriser mes émotions. Je savais qu’un gros match m’at­ten­dait. J’ai essayé de me détendre, de me dire que c’était une finale d’un tournoi normal. Au final, j’ai pris un bon départ dans le match, puis j’ai bien joué. J’étais « Okay » sur le terrain. Certes, c’est vrai­ment dur sur le terrain, mais je devais aussi me dire que c’était génial d’être là, génial d’être en mesure de jouer sur le Central avec un titre en jeu. C’était donc un moment vrai­ment super sur le court.

    Parlez‐nous un peu de l’am­biance aujourd’hui…
    L’atmosphère était extra­or­di­naire. Les gens criaient mon nom pendant les jeux, ils me soute­naient… Le public a été incroyable. Je veux d’ailleurs tout parti­cu­liè­re­ment remer­cier les spec­ta­teurs roumains qui sont venus me soutenir. On m’a aussi dit qu’en Roumanie, les gens ont regardé mon match sur des écrans géants dans les villes. Je veux leur dire merci.

    Avez‐vous été gênée par le temps que prend Sharapova pour servir ?
    C’est son style, je ne veux pas commenter ça. Elle fait toujours comme ça de toute manière. Certes parfois, je me sentais un peu nerveuse en atten­dant qu’elle serve, mais bon, ça allait. De toute façon, je ne vais rien dire de négatif sur elle ou sur son style. 

    Qu’a‐t‐elle fait de mieux que vous aujourd’hui ?
    De mon côté, je trouve que j’avais la bonne tactique. J’ai bien ouvert les angles, je l’ai faite bouger et j’ai frappé fort, comme je voulais le faire. Mais Maria a bien réussi ce qu’elle fait d’ailleurs toujours très bien, c’est à dire frapper très fort dans la balle. Elle m’a aussi gênée avec son gros effet lifté au service, j’ai eu du mal à la retourner. Et puis elle a très bien bougé. C’était une grande finale. Je ne m’at­ten­dais pas à ce que ça dure trois heures, avec trois sets comme cela. Mais c’était super. Et puis j’étais contente de pouvoir rester sur le court aussi long­temps parce que l’at­mo­sphère était formi­dable. J’en ai vrai­ment profité. Je suis contente du tennis que j’ai déve­loppé dans cette finale. Maintenant, je vais travailler encore très dur pour essayer d’en jouer beau­coup d’autres.

    Qu’auriez‐vous pu mieux faire dans cette finale ?
    Mon coup droit. Je dois travailler sur mon coup droit parce que j’ai fait de grosses fautes avec ce coup dans des moments impor­tants. Il faut donc que je progresse sur coup pour pouvoir m’ou­vrir le court plus faci­le­ment. Je vais faire un petit break avec le tennis ces prochains jours, mais ensuite je vais me remettre à travailler dur.

    Pouvez‐vous nous parler de la force mentale de Sharapova ?
    Elle a un très fort mental. De manière géné­rale, c’est une fille très forte. Son style le reflète d’ailleurs : elle frappe toujours très fort dans la balle, même dans les moments impor­tants. Mais je trouve que menta­le­ment, j’ai aussi été très forte aujourd’hui parce que j’ai toujours su rester au contact. En tout cas, Maria est une grande joueuse, une grande cham­pionne. Elle a joué beau­coup de finales de Grand Chelem, en a gagné quelques uns. Je dois la féli­citer parce qu’on a très bien joué toutes les deux aujourd’hui, et elle mérite sa victoire.

    Qu’avez‐vous appris sur vous‐même dans ce tournoi ?
    J’ai appris que je peux jouer à très haut niveau, que je peux jouer une finale en maîtri­sant mes émotions. Ces deux semaines ont été vrai­ment incroyables pour moi. Je me suis prouvée que je pouvais bien jouer en Grand Chelem alors qu’a­vant, je ne gérais pas la pres­sion et je n’y arri­vais pas. Je suis très fière de ça.

    Vous adorez le shop­ping. On est à Paris. Vous allez vous faire plaisir !
    (Rires) Oui, je vais acheter un gros truc. Je ne sais pas encore quoi, je n’y ai pas réfléchi. Mais forcé­ment, ce sera quelque chose de spécial !

    A propos de l’auteur

    Paul‐Hugo Bélanger

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.