Maria Sharapova : « Je n’ai pas de mots… »

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    Maria Sharapova, vain­queur de Roland Garros 2014.

    Oh oui, Maria, tu peux embrasser ton trophée ! La Russe s’est présentée souriante, soulagée et heureuse, en confé­rence de presse. Elle le dit, elle le répète : ce titre à Roland Garros, le deuxième, après une finale de 3h02 face à Simona Halep, est « émou­vant », l’un des plus « émou­vants » de sa carrière. Le chemin parcouru, le travail, les décep­tions… C’est un peu tout ça qui prend une valeur parti­cu­lière à ses yeux aujourd’hui. 

    Après un tel match, une telle finale, Maria, quelles sont les clefs que tu peux ressortir ?

    Il y a plein de clés dans un match comme celui‐ci, plein de hauts et de bas, de rebon­dis­se­ments, forcé­ment… A la fin, j’étais quand même tout près de gagner et puis, je perds quatre points d’af­filée et la voilà de retour, capable de gagner le titre… Heureusement, j’ai tenu bon et j’ai su réagir sur son enga­ge­ment. Mais c’était un match très physique, une vraie bataille. J’ai essayé de faire les choses comme il fallait, de respecter mon plan de jeu. Et mon coup droit a très bien fonc­tionné, c’est aussi ce qui m’a permis de m’en sortir. 

    Quand on connaît votre diffi­cile rela­tion avec la terre battue, c’est un peu dingue de vous voir gagner deux fois Roland Garros…

    C’est une victoire très émou­vante pour moi, dans ma carrière, c’est clair, vu mon passé sur terre… Honnêtement, si quel­qu’un m’avait dit, dans mes jeunes années, que je gagnerai deux fois Roland Garros, je lui aurait dit : « Mais tu es complè­te­ment bourré ! (rires) » C’est incroyable, j’ai énor­mé­ment travaillé pour être là, pour me tenir ici devant. il n’y a pas de secret. Il faut y aller, travailler à fond, se défoncer… On ne naît pas spécia­liste de la terre battue, à moins de s’ap­peler Nadal. Il faut s’amé­liorer et c’est vrai­ment du boulot, donc j’en suis assez fière. 

    « Si on m’avait dit que je gagne­rais deux fois Roland Garros, j’au­rais répondu : « Mais tu es bourré ! »

    Avec le recul, comment vous allez consi­dérer cette finale, parmi toutes celles que vous avez dispu­tées ?

    De toutes mes finales de Grand Chelem, c’est la plus émou­vante. Trois heures, une telle bataille… Je n’au­rais jamais cru que je serai en mesure d’y parvenir il y a un an. Il y a eu énor­mé­ment d’ad­ver­sité tout au long du tournoi, des matches en trois sets, la météo, le froid, le chaud… et puis mon adver­saire du jour, avec ce gros match, très dur, très exigeant. Au‐delà de ça, c’est dingue d’être assise ici, dix ans après ma toute première finale. Je n’ai pas grande chose d’autre à dire. A Wimbledon, en 2004, j’avais 17 ans… Et j’avais l’im­pres­sion que ce titre était le plus beau de ma carrière. je me deman­dais : pourrais‐je y arriver de nouveau ? le refaire ? Alors être là, aujourd’hui, c’est énorme. Je n’ai pas de mots. 

    Un mot sur votre adver­saire, Simona Halep… Vous avez été surprise de son niveau ?

    Non, elle a produit le tennis que je m’at­ten­dais à la voir produire. Elle en était capable, je le savais. Ce n’est pas pour rien qu’elle était en finale, elle est très constante depuis un an, elle a énor­mé­ment progressé. Ses résul­tats parlent pour elle ! Et, aujourd’hui, elle m’a poussée dans mes toutes dernières limites.

    On vous a vu entourer le trophée des bras, au début de cette confé­rence de presse… C’est un peu votre bébé (rires) !
    (Rires) Il faut dire qu’il est beau, hein ? Mais celui que je vais garder est plus petit, c’est une réplique. J’aimerais bien avoir le gros, mais je pense que c’est trop cher (rires) !

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    A propos de l’auteur

    Rémi Cap‐Vert

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.