Monfils : « Et là, j’ai vu la lumière… »

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    Il l’a fait ! Gaël Monfils a sorti Tomas Berdych, tête de série numéro cinq, à Roland Garros, 7–6 6–4 6–7 7–5. En confé­rence de presse, la Monf’ a fait étalage d’un calme et d’une séré­nité éton­nants. Pas d’en­flam­made, pas d’emballements, juste la satis­fac­tion d’avoir réalisé une vraie perfor­mance. Voix posée et réflé­chie… Gaël est concentré, mesuré. Et heureux, bien entendu…

    Cette victoire, Gaël, tu l’as sentie venir ?

    Ce matin, j’étais encore inquiet à l’idée de jouer plus de deux sets, pour vous dire… Je ne sais pas. Avec l’adré­na­line, la famille présente, le soutien du public… Ca m’a porté. Mais je ne m’at­ten­dais pas à tenir aussi bien.

    Tu as une expli­ca­tion parti­cu­lière à apporter ?

    Ici, c’est magique, c’est un endroit où je me sens bien. J’arrive à me trans­cender, à sortir des choses que je ne m’ima­gi­nais pas capable de sortir. Il y a de la magie.

    Qu’est‐ce que ça te fait, cette victoire ?

    Ca fait super plaisir. C’est un moment unique, forcé­ment. Ca faisait long­temps que je n’avais pas gagné de grands matches. Ca faisait long­temps que je ne me suis pas dépassé menta­le­ment et physi­que­ment. Ce n’est pas une revanche, c’est une belle victoire surtout. Ca montre que je crois en moi et que ce type de perfor­mances ne tombe pas du ciel, qu’il y a de l’en­traî­ne­ment derrière. 

    « Ici, c’est magique ! »

    Sur la balle de match, tu penses à quoi ?

    Sur la balle de match, il n’y a qu’une envie : la réussir. Un peu de stress aussi… J’avais deux options : tout lâcher à plat sur le T ou rester lucide et slicer. Je suis resté lucide (rires). Après tout ce que j’ai traversé, cette luci­dité à ce moment‐là, c’est impor­tant, ça me rend vrai­ment heureux.

    Tu classes comment ce match par rapport à tes autres grands succès ?

    Cette victoire, elle est diffé­rente des autres, inévi­ta­ble­ment. Mais ça reste un gros match. L’un de mes plus beaux, oui. Honnêtement, j’y ai toujours cru. Mais il y a un moment où je me suis dit que c’était vrai­ment possible : c’est à 5–5, 0–15. Je lâche un gros coup droit long de ligne. Là, j’ai vu une issue. J’ai vu la lumière. J’étais fatigué, ça faisait long­temps que je n’avais pas tenté ma chance, j’y suis allé… J’ai vu sa réac­tion, son body language. Là, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire et qu’il fallait lui mettre la pression.

    Ernests Gulbis au deuxième tour. On pour­rait dire que tu as ouvert le tableau en sortant Berdych, mais, finalement…

    Gulbis, ça va être un très gros match. Le tableau, il est comme il est, ce sont les aléas de la vie et du sport. De toute façon, si on veut faire de grandes choses, il faut se battre, ce n’est jamais facile. J’aurai en face de moi un Ernests en pleine forme. A moi de lui montrer que j’aurai bien récu­pérer, que je serai dur à battre, que je serai dur à déborder, à manoeu­vrer. Je sais aussi qu’il peut péter les plombs… A moi de trouver la brèche !

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    A propos de l’auteur

    Rémi Cap‐Vert

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.