Toujours si peu engageant en conférence de presse, Andy Murray est revenu, sans effusion aucune, sur sa victoire folle contre Viktor Troicki (4÷6 4⁄6 6⁄3 6⁄2 7⁄5). L’Ecossais a avoué avoir un tendon déchiré et subir un traitement lourd pour palier ce problème. Extraits.
Andy, vous avez eu beaucoup d’expérience du point de vue émotionnel dans votre carrière. Sur celle‐ci, qu’en est‐il ?
Un jour et demi avant le match, c’était difficile. Donc, c’était beaucoup de stress pour moi. C’était très fatigant, avant que je ne n’entre sur le court. Et puis, bien sûr, aujourd’hui, cela a été encore plus dur qu’hier. J’étais inquiet. Il y avait beaucoup de vent sur le court. J’étais tellement fatigué, mes jambes étaient tellement fatiguées, je n’avais plus de souffle. En fait, on ne courait même plus, on frappait la balle du début à la fin du set, on était nerveux. Les conditions ne nous aidaient pas. Je me suis relâché un peu après. J’ai plus frappé mes coups. J’ai réussi à passer. Du point de vue émotionnel, c’était vraiment un défi.
Cette cheville, elle a eu une incidence sur ton jeu, n’est‐ce pas ?
Oui. Je crois que quand on a un tendon déchiré, quand on a une cheville qui s’est tordue, cela a un impact. On ne se remet pas si rapidement que cela. Je dois dire que le jour avant le match, on m’a donné des béquilles que je n’ai pas utilisées, parce que je n’en ai jamais utilisé de ma vie, avant. C’est vrai, on m’a dit de ne pas me mettre sur mes pieds, de ne pas les tester. Je ne savais pas ce que cela allait donner sur le court. En fait, j’ai commencé le match. J’ai réussi à bouger, en tout cas sur mon côté droit. Au fur et à mesure que le match se déroulait, je me sentais de mieux en mieux. J’arrivais à gérer la douleur, ou plutôt cette sensation de faiblesse dans la cheville. Je me sentais de mieux en mieux.
Andy, étant donné que la cheville n’allait pas très, très bien, est‐ce que tu t’es surpris physiquement et mentalement, la façon dont tu arrives à gérer tout cela ?
Oui, j’ai bien récupéré. J’ai pu jouer. C’est sûrement la meilleure des choses pour moi parce que je n’avais pas été dans ce cas avant, sur les courts. Je dois dire que je pense que j’ai eu des bonnes réussites contre Viktor et contre Chela aussi. Je l’avais déjà joué plusieurs fois ici. Je me suis dit : « J’ai des chances à saisir ici ». Donc, oui, c’est vrai, c’était dur mentalement, parce que je ne savais pas comment j’allais être, comment j’allais me sentir. J’aurais pu avoir plus de malchance, ne pas jouer du tout. J’ai réussi à faire un retour à partir d’une situation qui était difficile. Peut‐être qu’avec un autre tournoi, un autre jour, je n’aurais pas pu faire cela. J’étais fier de cela.
Andy, qu’en est‐il du facteur de risque, avoir une blessure qui s’aggrave ? Est‐ce quelque chose à laquelle tu as pensé pour un tournoi tel que Roland Garros ?
Le problème est que si l’on rejoue sur sa cheville, en effet, il y a un danger. La cheville est affaiblie. C’est pourquoi, en début de match, j’ai couru sur le court. Cela a compté pour mon jeu, c’est vrai. Lorsqu’on s’est tordu la cheville, il faut plus d’un jour pour reprendre sa confiance, glisser sur la terre, rattraper les coûts en extension. C’est cela qui était dur pour moi. Je me suis dit : « Tu as la force de faire cela ». Je ne savais pas si je l’avais. C’est une chose. Il faut que je fasse attention à cela. Quand je cours et que je me déplace, cela peut être un problème. C’est pourquoi j’avais le bandage sur la cheville pour calmer tout cela. Hier, étant donné que je ne connaissais pas la règle, lorsqu’on est arrivé pour me couper le bandage, j’ai servi sur le point suivant. J’ai demandé qu’on me remette un bandage sur la cheville la fois suivante. Étant donné que c’est une blessure qui existe déjà, on ne peut pas refaire un bandage. Je connais maintenant la règle. Je ne ferai pas l’erreur à nouveau.
Lorsqu’on a coupé le bandage, tu voulais qu’il soit remplacé ?
Je voulais que ce soit coupé parce que je voulais voir comment se sentait ma cheville. Ce bandage… Comment dire ? Je ne sais pas si cela vous est arrivé à la cheville, mais c’était très serré. Je ne joue jamais avec les bandages sur mes pieds ou nulle part ailleurs sur mon corps, parce que je n’aime pas les bandages. Lorsque cela enfle à l’articulation, vous vous sentez très serré, vous n’êtes pas à l’aise. Je me sentais restreint dans mes mouvements, même si je savais que ce bandage me protégeait. Je l’ai l’enlevé. J’ai servi. Puis, j’ai demandé que le bandage soit refait de nouveau. En fait, il n’y a pas de temps disponible. On n’a que 3 minutes. Je n’avais pas le droit d’avoir un temps de repos pour que l’on me refasse le bandage.
Aujourd’hui, vous vous sentez plus fort après une telle victoire ?
Oui, Je me sens bien. En tout cas, j’ai réussi à passer encore ce tour. Maintenant, je me dis que le jour est long, que je suis très occupé parce que j’ai beaucoup de choses à faire pour m’améliorer du côté physique. Je ne joue pas un match, je ne m’occupe pas que de ma récupération, je fais d’autres choses. C’est fatigant d’une certaine façon, mais il faut le faire.
Avec cette blessure, qu’en est‐il des mouvements ? Les mouvements et déplacements sont tellement importants sur terre battue, que s’est‐il passé ? Se déplacer en latéral est plus difficile, allez en avant vers le filet ?
Quand c’est un premier service, c’est difficile. Après, j’essayais de tirer en coup droit, parce que c’est là que l’on peut glisser sur la terre. Je me sentais un peu rigide sur ces déplacements‐ là. Cependant, comme vous êtes conscient de ce problème, vous ne vous jetez pas comme un fou sur la balle, ce que l’on peut faire normalement.
Je me suis bien déplacé sur mon revers. J’ai bien avancé en avant dans le court. J’ai bien utilisé le coup droit pendant la plupart du match. J’ai réussi à protéger les coups, parce que je ne lui ai pas donné trop d’angles d’ouverture sur son coup droit. Il n’a pas pu me déplacer ni placer trop de revers. C’est ainsi que je m’en suis sorti.
De votre envoyée spéciale à Roland Garros
Publié le mardi 31 mai 2011 à 16:38



