Avant l’issue malheureuse de la rencontre, comment auriez‐vous jugé votre niveau de performance ?
« Je pense que c’était un très bon niveau. Dans les moments importants du match, c’était moi qui dictait l’échange et qui prenait l’initiative. Je n’ai pas vu à quel moment il s’est blessé au genou, quand il a ressenti la douleur. Mais, de mon côté, j’ai vraiment bien joué et j’étais proche de l’emporter quand le match s’est arrêté. »
Etes‐vous simplement heureux d’avoir gagné ou déçu de la manière dont s’est finie la rencontre ?
« Je suis évidemment déçu de n’avoir pas pu conclure le match comme je l’aurais souhaité. Mais, dans la position où j’étais, je pene que j’avais une bonne chance de terminer le match de manière positive. Malheureusement, ce genre de choses [la blessure de Nadal] arrive dans le sport. Mais une victoire est une victoire. Même si j’aurais évidemment préféré terminer la rencontre d’une autre manière. »
Quand il est venu pour vous serrer la main, vous étiez en train de rejoindre votre chaise, vous ne le regardiez pas. Vous n’aviez pas compris qu’il abandonnait ?
« C’est arrivé si soudainement. Il y a eu un revers dans le jeu d’avant sur lequel il n’avait pas couru. Je n’ai pas réalisé qu’il avait un tel problème. J’ai été surpris parce que j’ai déjà vu Rafa jouer des matches dans des conditions difficiles, où il souffrait beaucoup, où il était mal, mais où il continuait à jouer. L’année dernière, il avait gagné deux matches en 5 sets à la suite, en demi et en finale. Son genou semble aussi douloureux que l’année dernière et ça l’avait fait rater Wimbledon. Mais là, je ne savais pas qu’ils allaient si mal. Ce n’est pas la meilleure manière de débuter l’année pour lui. »
Il y a eu une pause de 9 minutes pour le feu d’artifice du Labour Day. Aviez‐vous été prévenu que ce serait aussi long ?
« Oui, ils nous avaient prévenus que l’on devrait s’arrêter un temps durant le match 15 minutes avant que l’on entre sur le court. On nous a précisé que cela durerait quelque chose comme 8 ou 9 minutes. A cause des télés ou des trucs de ce genre, ils ont pu d’arranger pour que cette pause n’intervienne pas en plein milieu d’un jeu ou d’un échange. Mais c’est assez étrange. On n’imagine pas, par exemple, qu’un quart de finale d’une Coupe du Monde de football soit stoppé à la 60ème minute pour un feu d’artifice. C’est un peu étrange. Probablement la seule fois de ma carrière que je suis confronté à une telle situation. »
Vous avez été breaké juste après cette interruption. Est‐ce difficile de vous arrêter en plein quart de finale de Grand Chelem, de vous asseoir 10 minutes avant de devoir repartir et jouer ?
« C’est le problème. Votre corps s’est habitué à l’effort. Il est habitué à ne s’arrêter vraiment qu’à la fin du match, d’autant que nous sommes conditionnés pour jouer durant des heures. Dans notre situation, si l’on s’arrête 10 minutes, nos corps se raidissent. Surtout que jouer 1h45 contre Rafa n’est pas la chose la plus facile… Ce n’était donc pas idéal. Mais j’ai dû faire avec. C’est tout. »
Rafa a dit que, vu la manière dont vous jouez, vous mériteriez de gagner le titre. Vous rendez‐vous compte que vous jouez à un niveau qui nécessitera une opposition vraiment spéciale pour vous battre ?
»
Je pense que, même l’année dernière, en Grand Chelem, il a fallu de grosses performances pour me battre. J’espère ne pas perdre cette année, évidemment, mais je vais essayer et continuer à jouer comme je l’ai fait. Si j’y arrive, je me serais donné la possibilité de gagner des Grands Chelems. C’est ce que je vais faire. C’est pour cela que je travaille dur et que je joue au tennis : essayer de gagner ces tournois. Et je pense avoir une chance d’y parvenir. »
Ce matin, à l’entraînement, vous sembliez très détendu. Vous avez pris 3 ou 4 minutes pour signer des autographes. Comment parvenez‐vous à rester si tranquille malgré toute la pression ?
« Je ne sais pas. A mon avis, je suis habitué à jouer de gros matches. J’étais vraiment impatient de jouer contre Rafa aujourd’hui. C’est le genre de match dont vous vous rappelez à la fin de votre carrière. Jouer contre lui sur le Court Central à l’Open d’Australie, c’est quelque chose que j’aurais rêvé de faire étant enfant. Quand vous commencez à jouer surle circuit, il faut vous rappeler ce que vous ressentiez et ce dont vous rêviez enfant. Ces matches n’arrivent pas si souvent. Quand c’est le cas, vous devez être sûr de pouvoir en profiter un maximum. J’étais très concentré cette nuit, mais j’ai aussi vraiment profité du moment. […] Après avoir atteint la finale de l’US Open 2008, où j’avais gagné contre Rafa et Del Potro, j’ai commencé à comprendre que je pouvais vraiment jouer des matches à un très haut niveau de jeu. J’ai travaillé très dur physiquement après avoir perdu contre Rafa à Wimbledon cette même année, j’ai réalisé que c’était quelque chose de nécessaire. Mais je pense être, aujourd’hui, définitivement prêt à gagner un Grand Chelem et je peux le faire ici. »
Le service‐volée, une tactique particulière contre Rafa ?
« Quand j’ai joué contre lui dans le passé, j’ai souvent utilisé le service‐volée. Ca fonctionne bien contre lui et ça a bien fonctionné aujourd’hui. Mais il est important d’utiliser cette tactique comme surprise, quand l’adversaire ne s’y attend pas. » […]
« Chaque jour est différent dans le tennis. Je savais que je pouvais gagner le match aujourd’hui. Au regard de ce qui s’était passé à l’US Open, si je jouais bien et que je me concentrais à fond, il n’y avait pas de raison que je ne puisse pas le battre à nouveau. »
Publié le mardi 26 janvier 2010 à 15:55



