Na Li : « Il fallait que mon mari parte des tribune »

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    Na Li atteint pour la première fois de sa carrière les quarts de finale à Roland Garros. Déjà fina­liste à Melbourne, la Chinoise a su s’im­poser dans le haut du circuit féminin. Sans grandes perfor­mances depuis sa finale austra­lienne, la joueuse a récem­ment procédé à quelques ajus­te­ments au niveau de son staff, notam­ment en congé­diant son mari qui offi­ciait jusque‐là en qualité de coach. Elle est revenue sur cette situa­tion parti­cu­lière pendant sa confé­rence de presse. Extraits.

    Il semblait que vous étiez un peu en situa­tion diffi­cile sur le troi­sième set. Que s’est‐il passé, comment êtes‐vous revenue ?
    Quand on est mené 30 dans le dernier set, oui, même moi, je ne croyais pas que je pour­rais revenir. Elle avait un très gros service et je me suis dit « après tout, elle n’a fait qu’un seul break, si je reviens, j’ai encore une chance ». Je ne sais pas ce qui s’est passé, peut‐être qu’il suffit juste que mon mari quitte les gradins pour que je réus­sisse à gagner 6 jeux d’affilée !

    Car il est parti ?
    Oui, à 30.

    Vous avez déjà répondu, mais pouvez‐vous nous parler de votre déci­sion de demander à votre mari de ne plus vous entraîner. Cela a bien réussi ?
    Oui, c’est trop dur, c’est mon mari, mon entraî­neur. Du coup, dans la commu­ni­ca­tion, on ne sait plus si on parle à son mari ou à son entraî­neur, que ce soit dans la vie person­nelle ou sur les courts d’ailleurs. En plus, on passait 24 heures sur 24 ensemble depuis trois ans, donc j’étais fati­guée. Après Melbourne, où je n’ai pas très bien joué, j’ai demandé à Michael (NDLR : Michael Mortenson, capi­taine de l’équipe danoise de Fed Cup) de venir m’en­traîner. Il vient du Danemark. Je lui ai demandé de m’aider. Maintenant, mon mari c’est mon sparing‐partner.

    Votre colla­bo­ra­tion avec Michael ne dure que depuis 3 tour­nois. Or, ces 3 tour­nois sont déjà une réus­site. Je sais que Roland Garros n’est pas encore terminé, mais pensez‐vous que vous pour­sui­vrez l’en­traî­ne­ment avec lui ?
    C’est le troi­sième tournoi et il n’est pas encore terminé, mais j’ai­me­rais travailler avec lui après ce tournoi. Il faut que je lui pose la ques­tion et savoir s’il a le temps de voyager avec moi, car il a une famille. Je ne peux pas lui dire unique­ment « Michael, allez hop, tu viens avec moi ». Il faut que je voie combien de semaines il peut me consa­crer et on en parlera après Roland Garros.

    Comment une épouse dit‐elle à son mari « tu es viré » ?
    Je ne lui ai pas dit comme cela ! Mais c’est dur. C’était mon mari et mon entraî­neur… Cela impli­quait aussi le travail avec le reste de l’équipe. J’ai essayé de ne jamais lui dire « je te vire ».

    A propos de l’auteur

    Audrey Riou

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.