Nadal ne doit pas louper le coche

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    Rafael Nadal n’avait plus foulé un court de tennis en compé­ti­tion depuis le 1er juillet. Eliminé en huitième de finale de Wimbledon par Nick Kyrgios, le Majorquin a ensuite subi une bles­sure au poignet droit, l’éloi­gnant des terrains durant tout l’été. Rafa fait donc son grand retour cette semaine au tournoi de Pékin et beau­coup de ques­tions se posent autour de cette reprise.

    Rafael Nadal le dit lui‐même, il aime les come back : « J’ai toujours plus de punch quand je reviens après une bles­sure. La reprise me donne toujours une moti­va­tion supplé­men­taire, j’ai toujours faim. Je veux être en mesure de faire ce que j’aime et je me battrais pour revenir à mon niveau. » L’Espagnol manque rare­ment la reprise, en témoigne son dernier retour en février 2013. Après une finale perdue à Vina Del Mar, il réalise un parcours presque sans faute avec 72 victoires pour seule­ment six défaites, retrou­vant ainsi la place de numéro un mondial. Difficile, toute­fois, d’éta­blir des compa­rai­sons. Tout d’abord, les fins de saisons sourient rare­ment au Majorquin qui n’a par exemple jamais remporté le Masters de fin d’année. L’an dernier aussi le démontre bien puis­qu’a­près une tournée améri­caine excep­tion­nelle et un titre à l’US Open, il s’est peu à peu éteint au profit d’un Novak Djokovic tout simple­ment invincible. 

    Nadal n’a pas de temps à perdre

    Pourtant, Rafa n’a pas de temps à perdre. Djokovic n’a pas profité de la défaillance du Majorquin pour prendre le large au clas­se­ment, bien au contraire. Le Serbe n’a pas remporté le moindre titre en l’ab­sence de l’Espagnol et reste en ligne de mire pour la place de numéro un mondial. Nole attaque la défense de 4000 points d’ici la fin de saison et doit remporter Pékin, Shanghai, Bercy et Londres pour conserver son capital. Une tâche peu évidente, surtout si Nadal retrouve son jeu sans tarder. Ce dernier n’a pas non plus le droit à l’er­reur, car Roger Federer est à l’affût avec seule­ment 495 points de retard. Et bien que le Suisse foca­lise plus sa fin d’année sur la finale de Coupe Davis, face à la France, il pour­rait inquiéter sérieu­se­ment Rafa si celui‐ci ne se montrait pas à la hauteur. De plus, l’année 2014 marque un certain tour­nant dans le monde du tennis, avec les victoires de Wawrinka et Cilic en Grand Chelem et l’af­fir­ma­tion de la jeune garde incarnée par Raonic, Dimitrov ou Nishikori. Autant de concur­rents qui peuvent contra­rier le retour du taureau de Manacor.

    Un Nadal à 100% ?

    Alors que cette fin de saison s’an­non­çait d’ores et déjà explo­sive en vue de la quali­fi­ca­tion pour le Masters de Londres, le retour du numéro deux mondial s’an­nonce comme le grain de sel au milieu de cette lutte acharnée. Plus de temps à perdre, il faut gagner. Mais gare aux bles­sures pour l’Espagnol. Malgré une bonne prépa­ra­tion, il y a encore deux semaines son oncle et entraî­neur, Toni annon­çait que son joueur n’était pas en totale posses­sion de ses moyens : « Rafa peut actuel­le­ment frapper son revers à 80% de sa puis­sance, mais il parti­ci­pera à la rencontre d’ex­hi­bi­tion à Astana, puis nous irons ensemble à Pékin et à Shanghai. » Alors info ou intox ? Difficile à dire. 

    Malgré une éven­tuelle douleur, le Majorquin devra être à 100%. Demain il affronte Richard Gasquet à Pékin pour un premier test avant de se frotter aux meilleurs, Gulbis, Berdych et peut être Djoko en finale. L’Espagnol a une semaine pour balayer les inter­ro­ga­tions et prouver qu’il est bien de retour à son meilleur niveau.

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    A propos de l’auteur

    Maxime Girard

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.