Nadal : « On est toujours comparé à ses résul­tats passé »

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    Plutôt détendu Rafa. Avec un large et beau sourire qui fait plaisir à voir, le nonuple vain­queur des lieux a joué le jeu du media day ce vendredi. L’Espagnol se dévoile, comme toujours, avec sincé­rité. Revenir dans la capi­tale reste évidem­ment un moment chargé d’émotions pour le Majorquin.

    Rafael, quelle est votre réac­tion à la suite du tirage au sort auquel vous étiez présent ce vendredi matin ?

    « J’adorais jouer ce match. Mais ce match est en quarts de finale et je n’ai pas commencé le premier tour non ? Je ne vois pas une manière facile d’atteindre ce duel. Je suis concentré sur ce que je dois faire. Si j’arrive à cette rencontre, alors nous pour­rons en parler, là ce n’est pas vrai­ment le moment. »

    Est‐ce que c’est passé vite depuis votre premier titre ?

    « Cela dépend des moments. Parfois, vous avez l’impression que le temps passe si vite. A d’autres moments, vous avez la sensa­tion que le temps s’écoule très lente­ment. Quand les choses vont bien, on a l’impression que tout va très vite. Et ces dernières années, j’ai surtout eu de bonnes choses qui se sont passées dans ma vie. J’essaie d’apprécier chaque année, de profiter de chaque nouvelle expé­rience. Je pense que c’est ce que je fais. »

    Vous avez des exigences très élevées chaque saison sur terre battue. Vous réalisez une belle année sur cette surface, mais pas à la hauteur de vos exigences. Cela a‑t‐il un impact sur votre confiance ?

    « Ce n’est pas ma meilleure saison sur terre battue, c’est évident. J’ai eu des hauts et des bas. J’ai réussi à faire une demi‐finale et une finale en Masters 1000, des quarts de finale dans d’autres tour­nois. Ce n’est pas terrible si on compare à quelques années en arrière. C’est toujours quelque chose qui va se produire quand vous avez tant réussi aupa­ra­vant. On est toujours comparé à ses résul­tats passés. Évidemment que quand vous perdez plus que les autres années, la confiance en prend un coup. Mais la chose posi­tive est que j’ai pu reprendre depuis janvier après plusieurs mois compli­qués lors de la deuxième partie de saison 2014. Et depuis janvier, jour après jour, je pense que j’ai progressé. Je pense être un peu plus régu­lier. Je vais essayer de faire un bon tournoi ici, et je pense être en mesure de le faire. Est‐ce que je vais réussir ? C’est autre chose. »

    Que pensez‐vous des condi­tions des courts ? Roger disait qu’il y avait des ajus­te­ments à faire notam­ment pour les balles ?

    « Je ne sais pas ce qui se passe avec les courts. C’est un petit peu plus diffi­cile que d’habitude, mais ce ne sont pas de gros ajus­te­ments. Le Central ici est peut‐être un plus diffi­cile à jouer car il est immense. Il y a souvent du vent. Mais ce n’est pas nouveau. »

    Vous êtes toujours très honnête sur votre juge­ment ou concer­nant vos peurs et craintes. On n’a jamais entendu Roger ou Novak en parler. Pensez‐vous que c’est bon de le faire ?

    « Je ne sais pas, en tout cas c’est moi, et je suis comme ça (sourire). Je ne sais pas. Je vous dis ce que je ressens. Je le dis depuis long­temps. Je n’ai pas envie de mentir quand ce n’est pas à 100% néces­saire (rires) ! Alors je ne sais pas si c’est bien ou pas, vous pouvez mentir en salle de presse mais pas sur le court. Si vous dites que vous êtes en bonne forme, et que vous jouez contre un bon joueur, vous ne pouvez pas mentir. Je ne veux pas arriver devant vous et dire : « Ok, j’ai menti (rires) ! » Je ne suis pas un petit nouveau, ça fait 13 ans déjà que je suis sur le circuit. Ce qui compte, c’est que quoi qu’on dise, cela ne doit pas avoir d’impact sur ce que je vais ressentir sur le court. Je suis honnête. Quand je vous dis que je ne sais pas ce qui va arriver, c’est que je ne le sais vrai­ment pas ! J’ai confiance en moi, je vais me préparer. Je dois penser que je suis prêt. Mais je suis égale­ment conscient qu’il peut arriver qu’il soit plus diffi­cile de l’être. Mais ces deux dernières semaines ont été beau­coup plus posi­tives que ce que disent les résul­tats. Ici, c’est un tournoi que j’adore, ce sont des courts que j’adore. Je vais me mettre dans les meilleures condi­tions pour avoir toutes les chances de mon côté. J’ai beau­coup d’expérience ici. »

    Qu’est-ce que vous ressentez lorsque vous entrez sur un court ici, qu’est-ce qui est différent ?

    « C’est le tournoi le plus impor­tant de ma carrière, sans aucun doute. Les émotions sont diffi­ciles à décrire. C’est un tournoi très spécial pour moi. Même l’année où j’ai perdu était une expé­rience. J’essaie de tirer les ensei­gne­ments de tout ce que je vis. J’essaie de vivre inten­sé­ment chaque expé­rience avec autant de passion possible. Quand vous revenez dans un lieu où vous avez eu tant de victoires, c’est très spécial. »

    De votre envoyé spécial à Roland‐Garros

    A propos de l’auteur

    Loïc Revol

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.