Nadal : « Un jour très spécial »

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    Arrivé sous les appa­lu­dis­se­ments nourris des jour­na­listes en salle de presse, Rafael Nadal est apparu ému et soulagé d’avoir recon­quis son titre à Paris. Après avoir avoué avoir été très anxieux pendant la quin­zaine, le Majorquin a révélé qu’il avait fait de ce titre non pas un objectif sportif mais un vrai défi personnel après une année « très diffi­cile ». Voici l’in­ter­view du nouveau numéro 1 mondial dans son intégralité.

    Rafa, compte tenu de tes émotions, on pense que c’est un jour très spécial. Dans quelle mesure était‐ce spécial ?

    Un jour très spécial, une victoire d’im­por­tance, l’une des victoires les plus impor­tantes de ma carrière, je pense. Comme je vous l’ai dit à maintes reprises, l’année a été semée d’embuches. L’année dernière, après Roland Garros, les choses ont été diffi­ciles. J’ai travaillé d’arrache‐pied pour être ici. J’ai été saisi par la fébri­lité, la nervo­sité pendant tout le tournoi, parce que je voulais à tout prix remporter le titre à nouveau. J’ai saisi les occa­sions. L’occasion s’est présentée. Donc, ce qui était positif, aujourd’hui, c’était que j’étais prêt à jouer le match, quelles que soient les condi­tions, à jouer mon meilleur niveau. C’est une journée très spéciale pour moi. 

    Tu t’ad­juges le titre une fois de plus ici. De nouveau, tu es numéro un mondial. Quelle est la chose la plus impor­tante pour toi ?
    Je l’ai déjà dit hier, je l’ai répété à plusieurs reprises, pour moi, c’est le trophée qui est le plus impor­tant. Remporter Roland Garros est ce qui m’im­porte. J’ai été numéro 1 déjà. Bien sûr, après le match, j’ai pleuré. Je ne pensais pas à la place de numéro un mondial. Je voulais remporter ce titre, notam­ment, parce que j’ai beau­coup travaillé pour y parvenir. 

    Rafa, tu as soulevé le trophée à nouveau. La première fois, c’était en 2005. Ce désir de soulever le trophée une fois de plus, après l’avoir concédé l’année dernière, explique‐t‐il la façon dont tu t’es battu, notam­ment sur les balles de break qu’a­vait Söderling ? Est‐ce que tu t’es concentré plus qu’à l’accoutumée ?
    J’essaie de faire de mon mieux sur chaque point. Chaque semaine, il y a des statis­tiques, notam­ment concer­nant les balles de break qui ont été sauvées tout au long de l’année. Moi, je suis numéro 1. 


    Tu as un jeu de défense remar­quable. Aujourd’hui, tu faisais face à un cogneur. Tu as défendu encore mieux que d’habitude.

    Cela a été très diffi­cile de jouer contre Robin. C’est un joueur très fort. Il a un très gros service, des coups du fond du court très à plat. Il frappe bien des deux côtés en coup droit et en revers. Il est très diffi­cile à contrer. C’est très diffi­cile de dicter le jeu, d’avoir le contrôle des points contre Robin. Physiquement, j’étais en pleine posses­sion de mes moyens. J’étais très affûté menta­le­ment. J’étais beau­coup plus véloce. Je me suis très bien déplacé, bien mieux qu’aux précé­dents matches du tournoi. Je suis ravi de la façon dont j’ai joué aujourd’hui parce que ma tactique était bien en place. Mes dépla­ce­ments et mes mouve­ments étaient optimaux. 

    Tu as remporté beau­coup de titres. Pourquoi est‐ce le titre le plus impor­tant ?

    Je n’ai jamais dit que c’était le plus impor­tant. C’est l’un des plus impor­tants. C’est impor­tant de remporter le tournoi cette année parce que, comme je vous l’ai dit, l’année a été diffi­cile. Il était diffi­cile d’ac­cepter les bles­sures et tout ce qui s’en est suivi. Je me suis demandé si j’étais à 100 %, prêt à riva­liser avec les autres sur le court. J’étais frustré. A l’US OPEN, j’avais une déchi­rure abdo­mi­nale. À l’Open d’Australie, j’ai jeté l’éponge parce que j’avais des problèmes. J’ai pu revenir. C’est pour cela que ce jour est spécial pour moi. 

    Rafa, il y a deux jours, tu as dit que tu préfé­rais un temps enso­leillé parce que le soleil est syno­nyme d’énergie. Aujourd’hui, il ne faisait pas très beau. Il a même plu, ce matin. Quelles étaient les condi­tions d’aujourd’hui ?

    Peut‐être que j’ai fait une erreur en disant que je voulais qu’il y ait du soleil. Peut‐être qu’une journée comme aujourd’hui m’a bien convenu. C’est ce que je pensais en tout cas. Avec un temps enso­leillé, les balles rebon­dissent haut. Je me suis dit que j’au­rais eu du mal à me concen­trer sur sa balle. Le court est beau­coup plus glis­sant qu’à l’ac­cou­tumée. Avec ce temps, je pense que le court est comme un court sur terre battue tradi­tionnel. C’est‐à‐dire que j’étais beau­coup plus stable sur mes appuis. Ce n’est pas le cas quand le court en terre battue est sec. 

    Tu as dit, je crois, que c’était le moment qui a suscité le plus d’émo­tions dans ta carrière ?

    Non, je n’ai jamais dit cela. J’ai dit que c’est l’un des moments les plus impor­tants de ma carrière. Le premier titre ici était remar­quable, le deuxième titre était remar­quable aussi. Ma victoire à Wimbledon était fantastique. 

    Lorsque tu as remporté le match, as‐tu pensé que c’est une victoire sur le mauvais sort qui s’est abattu sur toi au cours de ces dernières années ?
    Vous savez, lorsque vous remportez un match, vous pensez au nombre d’heures que vous avez passées sur le court, aux efforts que vous avez déployés pour parvenir à jouer votre meilleur tennis. On pense aussi au temps qu’il reste pour remporter un tournoi. Moi, il m’a fallu 11 mois pour remporter un tournoi, donc beau­coup de moments diffi­ciles. Je rentre chez moi, pas de victoire. Et puis, parfois, on parti­cipe à un tournoi et il faut jeter l’éponge. Ce sont des moments diffi­ciles à accepter. Je l’ai d’ailleurs déjà dit. Mon objectif personnel était d’être de retour sur le circuit à mon meilleur niveau. C’est ce que j’ai fait. Bien sûr, Roland Garros revêt une impor­tance capi­tale. Mais c’est aussi une satis­fac­tion person­nelle de m’être battu et d’être au meilleur niveau. 

    Rafa, quand vas‐tu fouler le gazon ? Dans quelle mesure ce tournoi va‐t‐il t’aider pour préparer ta saison sur gazon ?

    Ce qui est impor­tant, c’est la confiance. J’ai remporté les 22 matches sur terre battue, c’est une très bonne prépa­ra­tion sur le gazon, c’est vrai. Demain et après‐demain, je vais m’en­traîner un peu, pas beau­coup, sur gazon, pour le Queen’s. J’aimerais jouer le double jeudi. Je crois que je vais jouer en simple mercredi. J’adore le tournoi du Queen’s. J’apprécie beau­coup l’am­biance là‐bas. Bien sûr, c’est complè­te­ment diffé­rent. C’est une ambiance un peu fami­liale, mais j’adore ce tournoi, je me sens très bien au Queen’s. 

    Au cours de l’année écoulée, as‐tu eu peur de ne pas revenir à un tel niveau de tennis ? T’es‐tu dit à toi‐même : « Peut‐être que je ne serai pas là ? »
    Oui, bien évidem­ment. Nous avons tous nos propres doutes, nos propres inter­ro­ga­tions. Je ne suis pas une excep­tion. Lorsque j’ai travaillé dur en décembre, j’avais le senti­ment que je pouvais remporter le tournoi d’Australie, parce que j’avais très bien joué à Abou‐Dabi et à Doha. Lorsque j’ai dû jeter l’éponge à l’open d’Australie, en quarts de finale, cela a été un moment parti­cu­liè­re­ment ardu pour moi. Abandonner lors d’un tournoi du Grand Chelem est très diffi­cile. Ce qui importe, ce n’est pas tant de perdre le match qu’une bles­sure qui vous tient éloigné des courts pendant 3 semaines. 

    Quand tu étais sous ta serviette, après le match, sur ta chaise…

    J’ai pleuré à chaudes larmes. Bien sûr, c’est un moment plein d’émo­tions. Mais je n’ai pas pensé à beau­coup de choses, en fait. J’ai pensé au moment, parce qu’il y avait beau­coup de pres­sion. Cela a été une année diffi­cile. J’étais nerveux. Lorsqu’on remporte ce tournoi, la tension d’un seul coup diminue. 

    Avez‐vous appris quelque chose sur la quan­tité de matches que vous devez jouer avant Roland Garros ? Comment te sens‐tu physi­que­ment ? Comment t’es‐tu senti physi­que­ment avant ce tournoi par rapport aux autres tour­nois ?

    Non, non, j’ai joué trois tour­nois avant Roland Garros. C’est ce que je fais d’ha­bi­tude. En 2005, j’ai joué 3 tour­nois, je pense. J’ai joué Monte‐Carlo, Barcelone, Valence. En 2006, j’ai joué Monte‐Carlo, Barcelone et Rome, je n’ai pas joué Hambourg. En 2007, j’ai joué les 4 tour­nois sur terre battue. Je ne sais pas, cela dépend du moment. L’année dernière, j’ai rencontré des problèmes au genou. Je n’ai joué que 3 semaines. A l’avenir, on ne sait pas ce qui va se passer. Trois tour­nois sur terre battue ? Pourquoi pas ? Bien sûr, au tennis, on ne peut pas dire qu’on va jouer 3 tour­nois. Si vous perdez très tôt dans le tournoi, vous ne jouez pas beau­coup de matches. Si vous remportez 3 matches, cela suffit. Si vous perdez au premier tour, au deuxième tour, au troi­sième tour, 3 tour­nois peuvent suffire. Cela dépend des victoires que l’on arrive à engranger. 

    Comment te sens‐tu physiquement ?
    Physiquement, je me sens bien. Je n’ai pas de problème. C’est la chose la plus impor­tante pour moi. Si je suis en bonne santé, je vais appré­cier de jouer au tennis. C’est la même chose, lors­qu’on a des problèmes, on ne peut pas appré­cier le moment. Lorsque vous avez des pépins physiques, vous ne pouvez pas penser au tennis. Si vous pensez à vos genoux, vous ne pensez plus au tennis. Bien sûr, on peut jouer avec la douleur, mais on peut jouer avec une douleur limitée. Si vous avez une douleur intense, qui vous empêche de bouger, ce n’est pas possible de jouer au plus haut niveau. 

    Tu n’as pas été en mesure de défendre ton titre à Wimbledon. Vas‐tu te dire que tu es tenant en titre ? Quelle est ta menta­lité main­te­nant que tu as remporté le titre à Roland Garros ?

    Non, je ne vais pas penser à cela. Deux ans se sont écoulés depuis ma victoire à Wimbledon. Beaucoup de choses ont changé dans l’in­ter­valle. Je vais essayer de faire de mon mieux, comme je le fais chaque année, pour arriver en pleine posses­sion de mes moyens. L’année dernière, je n’ai pas pu parti­ciper à Wimbledon. Cette année, je vais jouer le Queen’s. Je vais passer quelques jours à la maison, et puis, avant Wimbledon, je vais m’en­traîner. Je pense que je vais arriver mercredi en Grande Bretagne et voilà. Je vais essayer de faire de mon mieux pour peau­finer mes réglages sur le gazon, aussi rapi­de­ment que possible. 

    Penses‐tu être le meilleur joueur sur terre battue qu’on n’ait jamais vu ?

    Non, non. J’ai un bon bilan ici. Je n’au­rais jamais pensé pouvoir remporter ce tournoi 5 fois. Barcelone 5 fois, Rome 5 fois, Monte‐Carlo 6 fois. C’est bien plus qu’un rêve lorsque je vois ces chiffres, ces statis­tiques. Elles sont incroyables. Je ne sais pas comment j’y suis parvenu moi‐même. Je serais très arro­gant si je disais que j’étais le meilleur joueur de tennis sur terre battue de l’his­toire. Je n’y crois pas. Je ne pense pas être le meilleur joueur de tennis de terre battue. On verra quand j’aurai fini ma carrière. Ce n’est pas moi qui vais décider de savoir si je suis le meilleur joueur sur terre battue ? C’est à vous de décider. 

    Que vas‐tu faire ? Vas‐tu fêter la victoire ?

    Cela va être diffi­cile de faire la fête si je dois m’en­traîner demain. Mais j’aurai le temps, de toute façon, en été, après Wimbledon, à Majorque, il y aura des célé­bra­tions incroyables. 

    Rafael, tu as parlé en fran­çais au public. Tu vas finir avec une carrière de diplomate !

    Non, je n’ai pas beau­coup de faci­lités pour les langues. Mais je n’ai pas honte de m’ex­primer dans une langue qui n’est pas la mienne. J’étais très timide, je le suis de moins en moins. Je n’ai pas de grands problèmes avec cela. Au début, je parlais mal anglais, je ne compre­nais rien. Je le parle. Le fran­çais, je comprends assez bien, si on me parle douce­ment, je comprends presque tout. Il ressemble assez au major­quin et au catalan. Et puis, le parler, je pour­rais parfois oser le parler, même si je le parle mal. 

    Rafa, pour­quoi tu mors toujours le trophée ? Il y a une histoire derrière ?
    Non, je l’ai fait à Monte‐Carlo, lors des premiers masters. Après, les jour­na­listes ont pris l’ha­bi­tude de me le demander, les photo­graphes. Je le fais pour leur faire plaisir. C’est toute l’histoire. 

    Toutes mes féli­ci­ta­tions. Le petit ruban avec le drapeau espa­gnol, c’était pour aujourd’hui ?

    Non, non. Je le porte tous les jours. C’était un fan qui me l’avait donné à Madrid. Il m’a dit : « Je te donne cela, cela va te porter bonne chance. » 

    Quels sont tes objec­tifs à Wimbledon ? Tu vas être numéro 1.

    Je pense que c’est compliqué que je ne sois pas là‐bas, parce que c’est un tournoi auquel je suis très habitué. Mais laissez‐moi au moins profiter de cette journée, parce que c’est très impor­tant pour moi. Avant de parler de Wimbledon, laissez‐moi profiter de ma victoire ici. C’est vrai­ment la réali­sa­tion d’un rêve. C’est très spécial. Demain après‐midi, quand je commen­cerai à m’en­traîner à Queen’s, je tour­nerai la page. On parlera de Queen’s et de Wimbledon. D’abord, je profite de la journée. J’ai beau­coup de chance. Mon cama­rade Marc a bien voulu jouer en double avec moi. Je vais me préparer un peu pour le tournoi, pour être en forme. Il m’a fait une grande faveur, parce que je ne pense pas être son meilleur parte­naire. Je suis très heureux, je vais essayer de m’en­traîner et de passer le plus de temps possible sur le court cette semaine pour reprendre le rythme sur pelouse. Et puis voilà, ce sont mes objec­tifs. Comme toujours, je vais essayer d’ar­river le mieux préparé possible pour jouer le mieux possible à Wimbledon. 

    On te laisse vrai­ment profiter alors. Un de tes prin­ci­paux objec­tifs était Roland Garros. Tu l’as gagné. Qu’est‐ce qui te ferait le plus plaisir ? Être numéro 1 ? Gagner Wimbledon ?
    N’importe quel autre tournoi me ferait plus plaisir que d’être numéro 1 à la fin de l’année. Bien entendu, ce serait une excel­lente nouvelle, je ne vais pas le nier. Gagner Wimbledon ou l’US OPEN serait incroyable pour moi. 

    Rafa, tu as récu­péré ton niveau 2008. Tu l’as même dépassé. Jusqu’où vas‐tu aller ? Te considères‐tu au même niveau qu’en 2008, mieux ?
    Vous savez, je n’aime pas trop comparer. Je n’ai jamais aimé cela. Je ne compare pas avec 2008. Tout va très bien. Jour après jour, je suis très heureux de la manière dont je joue, je suis très heureux de jouer. Federer aussi a très bien joué. Il était très content de jouer en Australie, à Miami. Moi, c’est pareil. Jour après jour, j’es­saie de main­tenir ce niveau le plus long­temps possible. Pour cela, il faut vrai­ment être en très bonne santé. Je fais mon possible pour faire très atten­tion, ne pas avoir de bles­sures. Ainsi, je pourrai passer des moments diffi­ciles. Il faut toujours apprendre des moments diffi­ciles pour affronter le futur. 

    J’aimerais que tu nous expliques tes larmes. Etaient‐elles de joie ?

    C’était de joie, certai­ne­ment. C’était une grande satis­fac­tion person­nelle, parce que toute ma famille, toute mon équipe, moi‐même, tout ceux qui m’ont aidé, qui font que je suis là aujourd’hui… J’ai joué ce tournoi avec beau­coup plus d’an­xiété. J’étais plus nerveux que d’ha­bi­tude. J’ai traversé des moments diffi­ciles parce que je n’ar­ri­vais pas à trouver ma place sur le court. Et puis, après, bien entendu, c’est un moment très émou­vant de gagner. Et puis, la semaine dernière, Asuncion Estruch (une amie de la famille) est décédée. Cela m’a beau­coup marqué. Je n’ai pas pu assister à ses obsèques. C’était une personne extra­or­di­naire, gentille, elle nous manque énor­mé­ment. Cela m’a beau­coup affecté, je dois le dire. 

    Rafa, tu peux nous raconter de nouveau la rela­tion qui est la tienne, le lien avec cette terre battue ici ?
    Comment dire ? Étant petit, je ne me consi­dé­rais pas comme un spécia­liste de la terre battue. Il semble­rait que, depuis 2005, la terre battue a été la surface où j’ai le mieux joué, où j’ai pu adapter ma façon de jouer, de courir Apparemment, mon jeu s’adapte très bien à cette super­ficie. Je l’aime, je l’aime de tout mon cœur, parce qu’elle m’a donné tant de joie. Gagner ici, à Paris, c’est quelque chose de telle­ment spécial. Tous les tour­nois que je gagne sont une satis­fac­tion énorme. Mais gagner le Grand Chelem de nouveau, à Paris, malgré que je l’aie perdu l’année dernière parce que j’étais arrivé mal préparé… J’étais parti avec le moral dans les chaus­settes, l’année dernière. Aujourd’hui, je reviens et je gagne. C’est peut‐être le tournoi que j’avais le plus envie de gagner. 

    Maintenant, tu te trouves au niveau de Mc Enroe et Wilander. Te considères‐tu comme un grand ou pas ?
    Je n’aime pas ce genre de ques­tion parce que, après, on va dire que je suis arro­gant, que j’ai la grosse tête. Qu’est‐ce que cela veut dire, un grand ? Comme je l’ai dit, j’es­saie de jouer mon meilleur tennis, de faire le maximum. Si les chiffres disent que j’ai été un très bon joueur ces dernières années, eh bien, je vais conti­nuer à jouer très bien pour main­tenir ces chiffres le plus long­temps possible. C’est toujours un grand bonheur pour moi d’être ici, à Paris. J’ai réussi, j’y suis, j’ai gagné. Je pense avoir énor­mé­ment de chance dans la vie pour avoir vécu tout ce que j’ai vécu à 24 ans. Jamais, dans mes meilleurs rêves, je n’au­rais rêvé de vivre tout ce que la vie m’a donné, la joie de vivre. Merci, merci à la vie pour m’avoir gâté jusqu’ici !

    De votre envoyée spéciale à Roland Garros


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    A propos de l’auteur

    Audrey Riou

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.