Rafael Nadal : « J’ai eu de grandes chances de gagner chacun des deux set »

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    Contraint à l’abandon alors qu’il était mené 6376 30 par Andy Murray, Rafael Nadal est revenu sur cette décep­tion en confé­rence de presse. L’Espagnol a évoqué son niveau de jeu, sa bles­sure au genou ainsi que les chances de son adver­saire d’aller au bout du tournoi. Interview.


    C’est vrai­ment rare que vous arrê­tiez pendant un match. Pouvez‐vous nous dire ce qui s’est passé ?

    Oui, bon, ce n’est pas une vieille histoire puisque ça m’est arrivé pendant le match. A la fin du deuxième set, j’ai senti une douleur simi­laire à celle que j’ai eue l’an passé. Après ça, je ne pouvais plus revenir. C’était donc impos­sible de gagner le match. Quand j’ai la chance de jouer, je ne déclare jamais forfait. Je me suis excusé auprès d’Andy pour cela.
    J’avais telle­ment mal que je n’avais plus aucune chance de faire quoi que ce soit. Je ne savais pas si ça allait s’empirer si je conti­nuais à jouer. Donc je me suis dit de ne pas répéter la même erreur que l’an passé. J’ai été à la limite mais je ne l’ai pas dépassée.

    C’était votre 10ème affron­te­ment. Est‐ce le match où il a été le plus agressif ?

    Andy a très très bien joué je crois. Je pense qu’il évolue à un niveau incroyable. Je crois que mon niveau était très très haut aussi. J’ai eu de grandes chances de gagner chacun des deux sets. Et je pense que contre le joueur qui joue proba­ble­ment le mieux en ce moment, j’étais très près.
    Donc je quitte ce tournoi très content de mon niveau de jeu parce que la pers­pec­tive est bien meilleure qu’il y a deux ou trois mois, ou quand j’ai perdu à la Masters Cup. Maintenant, je rejoue de nouveau à mon meilleur niveau. Aujourd’hui je crois que que les deux premiers sets étaient fantas­tiques. Nous avons tous les deux très bien joué. Et j’ai eu mes chances.
    Son service main­te­nant. Il a servi incroyable sur mes occa­sion à savoir à 30A, à 0–30 ou sur les balles de break. Je veux juste le féli­citer parce qu’il joue vrai­ment bien, et je crois qu’il a une bonne chance de gagner le tournoi.


    Est‐ce que la douleur au genou est pire que l’an passé ?

    Je ne sais pas. Ça s’est passé il y a quelques minutes !

    Vous parliez de votre niveau de jeu d’aujourd’hui.
    Quand pensez‐vous avoir aussi bien joué pour la dernière fois que lors des deux premiers sets ?

    Je pense ici l’an passé.

    Ici l’an passé ?

    Oui, parce qu’a­près Melbourne, j’avais bien joué lors de quelques matches à Indian Wells. Mais après, la douleur est apparue. Et après cela, avec cette douleur, je n’ai pas mal joué mais j’étais loin de ce niveau. J’ai beau­coup travaillé chez moi. J’ai passé de nombreux mois à travailler pour jouer à ce niveau aujourd’hui. Bien sûr que c’est un petit peu déce­vant pour moi de voir cette douleur au genou réap­pa­raitre parce que je pense que je suis très près de recom­mencer à gagner ces matches impor­tants. Et je crois que je vais y arriver très bientôt.


    Allez‐vous faire des modi­fi­ca­tions dans votre manière de vous entraîner ou de jouer ?

    Ne commencez pas, s’il vous plaît, avec ce genre de ques­tions main­te­nant. Je crois que ce n’est pas le bon moment. Je pense avoir changé mon style de jeu. Si vous regardez mes matches de 2004, 2005 ou 2006, je courais beau­coup comparé à aujourd’hui.
    Ce soir, j’ai joué contre l’un des meilleurs joueurs du monde. Et je crois que je n’ai pas couru plus que lui. J’ai été agressif. J’ai eu le contrôle des points de nombreuses fois avec mon coup droit et mon revers aussi. J’ai relancé de manière agres­sive. Si vous regardez mes matches d’il y a 3 ans, cela ne se passait pas comme ça. Rappelez‐vous que nous jouons sur dur. Sur cette surface, je dois proba­ble­ment jouer mon meilleur tennis, comme aujourd’hui, si je veux vrai­ment avoir des chances de l’emporter. Et puis Andy a été incroyable. Il joue vrai­ment très bien. Et encore une fois, j’étais très près. Je dois juste être un peu plus calme quand j’ai le break d’avance (dans le premier).


    Êtes‐vous confiant sur l’issue de vos problèmes aux genoux ? Croyez‐vous que cela puisse s’ar­rêter soudainement ?

    Bon, j’ai beau­coup travaillé. Je n’ai pas eu beau­coup de soucis ces 6 derniers mois. Et aujourd’hui c’est la première fois que ça me fait cela. J’ai senti quelque chose quand j’ai fait – je pense – un mauvais mouve­ment. Mais ce n’est pas parce que le genou était fatigué ou quoi que ce soit. Non, je pense que ça va aller.

    Vous savez ce que c’est de gagner ce tournoi. Vous l’avez fait l’an passé. Pensez‐vous Andy capable d’aller au bout ?

    Je pense qu’il a de grandes chances. En fait c’est une très belle chance pour lui. D’abord il joue très très bien. Ensuite, il est déjà en demi‐finale. Il n’y plus que deux matches à gagner. Chaque Grand Chelem est parti­cu­lier. Pour ce qui est d’Andy, je crois qu’il mérite de gagner un Grand Chelem et il va le faire .

    Êtes‐vous inquiet sur la durée de repos que va vous imposer votre bles­sure au genou ?

    Non, non. Je le répète. Je crois qu’il est impos­sible pour moi de savoir seule­ment une demi‐heure après le match.


    A part le service, y a‑t‐il quelque chose qu’Andy faisait parti­cu­liè­re­ment bien ce soir que vous n’aviez jamais vu dans vos matches précédents ?

    Je crois qu’il a joué plus agressif que ce qu’il avait fait dans les précé­dents matches. Il a super bien joué, super bien servi dans les moments impor­tants. Il était agressif sur tous ses coups, coup droit et revers. Il est venu au filet quelques fois, a fait des services‐volée. Comme je l’ai dit avant le match, c’est un joueur très complet. Il peut faire plein de choses une fois sur le court et c’est très impor­tant parce que du coup, il a diffé­rentes options quand le match devient compliqué.

    A propos de l’auteur

    Pauline Dahlem

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.