Richard Evans : « J’ai vu Murray mettre 6–1 à Nalbandian et j’ai fait Ohhhh »

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    Maintenant que Rafa n’est pas dans le tournoi, notre dossier concer­nant Andy Murray est encore plus brûlant. Après Paul Newman, c’est au tour d’un autre expert Richard Evans de se prononcer sur le talent de l’Ecossais. Un vrai docu­ment concocté à Monte Carlo pour le Grand Chelem 13

    Sir Richard, quand avez‐vous vu jouer Andy Murray pour la première fois ?

    C’est une bonne ques­tion. Je suppose que ça doit être au Queens, mais la première fois que j’ai réalisé que ça allait être un grand joueur, c’est quand il a remporté un set, je crois que ça devrait être 6–1 contre Nalbandian (NDLR : le deuxième set de leur confron­ta­tion à Wimbledon en 2005. Un match perdu en cinq sets par l’Ecossais après avoir mené deux sets à zéro). C’était sa première appa­ri­tion sur le court central de Wimbledon. Nalbandian était un ancien fina­liste à Londres, et Murray n’avait jamais joué à ce stade de la compé­ti­tion, puisqu’il avait 17 ans. Mais lors de ces deux premiers sets, il a ridi­cu­lisé Nalbandian. Je me suis dit « Ohhh…». Et puis il a eu des crampes, et tout le monde a commencé à dire qu’il n’était pas affûté, igno­rant le fait qu’il n’avait que 17 ans, et à cet âge, c’est logique d’avoir des crampes. Et toute la pléiade de critiques a commencé, sans jamais aucune mesure, sans lui donner de crédit sur sa condi­tion physique. Mais la façon de jouer dans ce set alors qu’il a perdu le match donnait une idée très claire de son talent. Alors j’ai pensé « Ok. On en tient un, un vrai, un qui peut gagner ». Bien sûr ça a pris quelques années, mais main­te­nant il joue le meilleur tennis sur le Tour. Depuis août 2008, il est le plus consistent ce qui est la preuve de sa classe et de sa gran­deur. Je ne vais pas passer mon temps à citer Arsène Wenger parce que tout ce qu’il dit est vrai et intel­li­gent – et proba­ble­ment parce que vous décou­vri­riez que je suis un fan d’Arsenal – mais l’autre jour il disait que c’était la consis­tance qui permet­tait de juger de la qualité. N’importe qui peut aller sur un parcours de golf et tirer un bois comme Tiger Woods, ou aller sur un court de tennis et claquer un revers sur la ligne à la Federer, mais il sera très chan­ceux, et il ne saura pas que la gran­deur c’est de le tirer tout le temps. Et depuis août dernier, Andy Murray a été le vain­queur de 3 Masters Series sur 6, en finale d’un autre Masters et de l’US Open. Et aujourd’hui à l’heure où nous parlons (avant la demi‐finale contre Nadal à Monte‐Carlo), il n’a perdu que deux matches. Cela prouve le niveau de son jeu. Il a des statis­tiques de confron­ta­tions directes qui sont incroyables depuis août. Il compte quatre victoires de suite contre Roger Federer plus une en exhi­bi­tion. Il est à 1–2 contre Nadal. Il a battu Djokovic trois fois. Il a battu Del Potro. Il est très inté­res­sant, parce qu’il joue un jeu plutôt défensif à la base. Il est un contre‐acteur de ce que l’adversaire fait, mais il a la capa­cité de tirer des coups gagnants de nulle part. Je veux dire ce petit revers croisé quand il est au bout du monde, c’est juste dévas­ta­teur. Il l’a fait telle­ment de fois à Miami. Le poignet tourne et la balle part court croisé devant le regard effaré de l’adversaire. Mais il ajoute aujourd’hui à son jeu la capa­cité d’avancer dans le terrain. Son premier service est excellent et il sert à plus de 65% aujourd’hui. Il est d’ailleurs venu avec une statis­tique dont je ne suis pas sûr. S’il gagne 80% de ses premiers services, il sera numéro 1 mondial. C’est une statis­tique qu’il a comparée avec les autres stats. Donc c’est un tennisman qui pense et en même temps c’est un adorable garçon. Quand vous lui demandez ce qu’il a fait après Miami, il dit « J’ai fait un dîner tran­quille avec mon groupe, avec mes amis, et c’est tout ce que j’avais envie de faire. Je n’avais pas envie d’aller dans un night club, ça ne m’intéresse pas, je préfère rentrer chez moi et regarder la télé ou jouer à quelque chose ». Il n’aime pas ce genre de vie ce qui veut dire qu’il tient à ne se consa­crer qu’au tennis. Il peut rappeler de ce point de vue là Pete Sampras qui n’aimait pas ce genre de cohue. L’année dernière, Pat Cash a persuadé Pete Sampras de le rejoindre dans une disco­thèque, et c’était bourré. J’ai alors croisé Pete qui m’a dit« Je ne peux pas rester ici, il faut que je m’en aille ». Pete était vrai­ment perturbé quand il se retrou­vait au milieu d’une pléiade de gens. Je ne crois pas qu’Andy pousse le malaise jusque là mais il n’y prend aucun plaisir. Pour son tennis, c’est très bien, et hier je discu­tais avec des gens de la BBC, et je leur disais que je ne voyais pas comment il ne pouvait pas devenir numéro 1 mondial. S’il reste aussi affûté, je ne vois ce qui peut l’arrêter. Car malheu­reu­se­ment je pense que Rafael Nadal va avoir des problèmes de genoux dans les deux, trois années qui viennent. Mais même sans ça, Murray est suffi­sam­ment bon pour battre Nadal sur diffé­rentes surfaces. Il peut le battre sur dur. Sur herbe, ça peut devenir un match fasci­nant parce que je pense aujourd’hui que Nadal est devenu un joueur meilleur sur herbe que sur terre. La façon dont il a changé son jeu pour s’adapter à l’herbe est plus évidente que pour s’adapter au dur. Sur dur, il n’a pas grand‐chose à changer. Sur herbe, il joue diffé­rem­ment. Nadal sera un sacré client à Wimbledon mais Murray peut le battre car il sait comment jouer sur herbe. C’est sa meilleure surface, il la connaît comme peu de joueurs. Peu de joueurs savent jouer sur herbe, et si elle était encore plus rapide, je peux vous dire que vous ne trou­ve­riez peut‐être que cinq gars capables d’y opérer à leur avan­tage. Mais l’herbe est main­te­nant plus dur, et les courts de Wimbledon ressemble plus qu’avant à du tennis sur dur. Sans ça d’ailleurs, Hewitt n’aurait jamais remporté Wimbledon. Là, la balle rebon­dis­sait plus haute au fond du court, c’était plus facile pour lui. Nadal a profité de ça. Il n’en reste pas moins qu’à part son sa série de titres à Roland Garros, le grand exploit de Rafa, c’est son adap­ta­tion à l’herbe et sa victoire en grand cham­pion à Wimbledon. C’est hallucinant. 

    Sir Richard, j’ai eu cent ques­tions qui sont venues à chacune de vos phrases, mais je vais revenir sur la première. Votre œil vous permet de voir le talent d’un joueur sur un seul set, mais pendant 4 ans tous vos collègues ont continué de douter sur Murray. Pourquoi avez‐vous main­tenu votre confiance en lui ?

    Parce qu’il avait une tech­nique extra­or­di­naire sur le court et une intel­li­gence peu commune. Une fois qu’il a réglé ce problème physique, il a continué de gagner assez de grands matches pour me rassurer sur son niveau. C’était juste une ques­tion de crois­sance physique, mentale et d’aide exté­rieure. Je crois qu’Alex Corretja a été très impor­tant. J’en ai discuté avec lui l’an dernier et je lui ai dit « Je crois que quelqu’un doit lui faire comprendre qu’il est le quatrième meilleur joueur du monde ». C’était une évidence, même l’an dernier, il était le 4ème sur terre battue, et il fallait le lui dire. Je ne sais pas si Alex lui a dit, mais on en rigo­lait hier et Alex me disait « Tu te souviens que tu m’a dit ça ». Andy avait juste besoin de décoller dans sa tête. 

    Mais est‐ce que vous vous souvenez de sa réac­tion à Roland contre Almagro où ce dernier se met le pouce dans la bouche comme un bébé pour une de ses copines enceinte, et Andy, énervé, lui demande tout de suite des expli­ca­tions. C’était quand même pas très rassu­rant tout ça ?
    Oui, c’est vrai, mais ça remonte à l’influence de Gilbert. Je pense que Brad Gilbert était très bien, quelqu’un de très intel­li­gent, qui connaît le tennis, mais la person­na­lité n’allait pas du tout, et ça ne pouvait aller qu’au clash parce que Brad n’arrête jamais de parler et il a parti­cipé du déve­lop­pe­ment du plus mauvais aspect de Murray. Miles Maclagan est bien plus calme, c’est un ami, il est écos­sais, il parle la même langue et dans tous ses aspects. Murray a un groupe sympa et ce qu’ils ont mis en route cet hiver à l’université de Miami était la touche finale pour finir de sculpter son corps et sa tête. Mais même avant ça, je vais vous dire le moment clef, c’est à l’US Open contre Jurgen Melzer alors qu’il est mené deux sets à zéro. Au milieu du 4ème set, Melzer, 27 ans, superbe athlète, a commencé à avoir des crampes, et en face Murray faisait tourner sa raquette dans la main l’air de dire « C’est quoi le problème ? ». Et je me suis dit « Mon Dieu, il y a un an, tout le monde disait que ce mec avait des problèmes physiques et là, après deux heures et demi de cani­cule new‐yorkaise, il semble étincelant ». 

    Est‐ce que l’autre tour­nant, ce n’est pas son match contre Gasquet à Wimbledon ?

    Oui, c’est un autre tour­nant impor­tant, y compris en ce qui concerne le public britan­nique. Car ils ont vu qu’Andy avait le mental du guer­rier, du vain­queur, et il a gagné beau­coup de fans ce jour‐là. 

    Est‐il popu­laire ?
    Non, pas autant qu’il devrait l’être. Mais quand il gagnera Wimbledon, il le sera, ça je peux vous le dire. (Rires) Les médias ont été stupides, ils ont pris ses petites décla­ra­tions à 17 ans sur l’Ecosse et l’Angleterre, et encore aujourd’hui ils sont là‐dessus. Vous savez comme moi le genre de blagues qu’on fait en confé­rence de presse à 17 ans. C’était juste son sens de l’humour. Il a ce sens de l’humour très sec, typi­que­ment écos­sais que j’aime beau­coup mais que peu de personnes comprennent. 

    A Bercy l’an dernier, vous me disiez qu’Andy Murray ne vient pas d’un programme et que de toute façon les grands cham­pions ne venaient pas d’un programme.
    Oui c’est presque un axiome. Boris Becker et Steffi Graf sortent de nulle part et pour­tant viennent de deux endroits à 50 kilo­mètres l’un de l’autre, tout ça à l’intérieur d’un pays qui avait une culture du tennis dans les clubs et des programmes, mais bon…. Tout à coup ils ont Becker, Graf et Stich. Stich qui n’avait jamais joué sérieu­se­ment avant 19 ans, parce qu’il était à l’université, mais qui des trois était sûre­ment le talent le plus naturel. Eh bien tout ça, c’est juste de la chance. Il n’y a aucun programme qui peut produire ces joueurs‐là, pas plus que la Suisse ne peut produire Federer. Sa mère travaillait au stade, et il jouait pendant qu’elle travaillait. Federer n’est pas un programme, c’est juste un génie du tennis. Même chose pour Murray dont la mère était coach et l’a mis dans la bonne direc­tion. Elle a fait deux garçons, Andy et Jamie, qui est un excellent joueur de double. Si vous remontez dans les tablettes, vous verrez que les grands cham­pions viennent tous d’une famille qui faisait du tennis, et dont le père ou la mère était coach ou entraî­neur physique. Ce sont les familles qui font les cham­pions. Ce qui m’amène d’ailleurs à une autre réflexion. Quand j’ai emmené mon fils en Jamaïque pour Noël, j’ai rencontré Richard Russel qui est le meilleur joueur jamaï­cain. Il a reçu mon petit qui a 11 ans et qui est plus foot­bal­leur que tennisman. J’ai dit à Richard : « Est‐ce que tu peux jouer avec lui ? », et il a utilisé ce maté­riel adapté pour les enfants, avec les balles jaunes et rouges, un peu plus creuses que les vraies balles. J’ai vu mon fils monter de trois niveaux en une demi‐heure ! C’était abso­lu­ment hallu­ci­nant. Avant, il tapait deux, trois balles et ça partait partout. Là il contrô­lait la balle pour la mettre dans une zone précise. Tout ça pour dire que nous avons aujourd’hui tout ce qu’il faut pour mettre en place des programmes, mais il manque une vaste campagne de sensi­bi­li­sa­tion des familles pour les amener à utiliser ses équi­pe­ments. Combien de fois vous passez dans un parc public où vous voyez deux personnes jouer ensemble, vous vous asseyez en espé­rant voir un échange, mais vous voyez juste des gens rattraper des balles. Ils ne savent pas jouer, ils ont juste vu Roger Federer à la télé­vi­sion, et ils se sont dit : « C’est fantas­tique, on va aller faire la même chose. Sans entraî­neur, ils vont passer une heure de frus­tra­tion absolue sans parvenir à contrôler la balle ». Et ça les conduit à arrêter de jouer et à ne jamais revenir. On vient simple­ment de les sortir du monde du tennis, au lieu de les faire rentrer dedans. 

    Je suis étonné de ce que vous dites car Patrice Dominguez, le DTN fran­çais, prétend que la prochaine grande puis­sance du tennis est l’Angleterre et on sait que vous êtes en train de vous équiper avec ces courts de mini‐tennis et ce maté­riel adapté.
    Je ne savais pas que Patrice avait dit ça. Oui il y a des progrès et des équi­pe­ments. La LTA (Lawn Tennis Association, la fédé­ra­tion anglaise) a construit un centre très moderne, magni­fique, impres­sion­nant, il faut aller le visiter. Mais ça, ça ne produit pas des joueurs. Je crois que l’autre Patrice (Hagelauer) avait été très choqué quand il était venu en Angleterre pour lancer des programmes. Mais je pense désor­mais que Murray va avoir une grosse influence. Je pense qu’on va voir beau­coup de petits Ecossais jouer au tennis parce qu’ils auront trouvé leur héros. Le premier sport en Grande‐Bretagne, ça reste le cricket, mais avec Murray, le tennis peut rede­venir un sport central. 

    Alors une prophétie, est‐ce qu’Andy sera le succes­seur de Fred Perry à Wimbledon ?

    Oui, je le pense. Peut‐être pas cette année, mais dans les deux, trois ans, il gagnera Wimbledon. 


    Peut‐on imaginer ce que ça va repré­senter ?

    Le stade va devenir fou, tout le monde va devenir dingue. 

    Un petit mot sur McEnroe qui va avoir 50 ans

    Oui, John est incroyable. Il l’est encore plus depuis qu’il a arrêté. C’était déjà un joueur extra­or­di­naire du temps de sa gran­deur. Un joueur comme on n’en reverra plus. Car personne n’avait joué et ne jouera comme McEnroe. Mais ce qui a surpris tout le monde – en dehors de ses commen­taires à la télé­vi­sion améri­caine qui moi ne m’ont jamais surpris – c’est à quel point il est resté affûté, à quel point il s’entraîne dur, à quel point il reste compé­titif sur un court, et comment il accroche des joueurs qui ont 20 ans de moins que lui. Cela démontre une vraie passion pour ce sport, ce désir de montrer qu’il reste un winner. Et puis dans la vie courante, il continue de rester une person­na­lité fascinante. 

    Ne pourrait‐on pas aller jusqu’à dire que c’est en ce moment qu’il est en train de devenir le plus grand joueur de tous les temps ?

    Oui, le problème c’est qu’il n’a pas le record de grands chelems pour « assurer ». Il aurait dû gagner à Paris. Il était en train de se balader les yeux fermés avec deux sets en poche. Il aurait du gagner en Australie ce qu’il n’a jamais fait, ce qui est ridi­cule quand on sait le jeu qu’il avait pour gagner là‐bas. Je sais qu’il a le senti­ment de ne pas avoir empoché tous les grands chelems qu’il aurait du prendre. Je crois qu’il en a sept. 

    Oui

    C’est ridi­cule. Il était bien au‐dessus de ce chiffre. Il aurait du en être à 11, 12, mais il a été détourné de sa voie par des problèmes…. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. En 1984, il était invin­cible, personne ne pouvait le battre. 

    Mais est‐ce qu’on peut parler un peu des raquettes. En 1985, Curren sort son grand tamis à Wimbledon et on a l’impression que McEnroe a une raquette pour aller faire un pique‐nique.

    Oui, vous avez raison. Et en plus de ça, il était en train de laisser tous ses problèmes en dehors du court s’introduire sur le court. Il n’avait plus la main sur son programme. Il ne savait plus s’il fallait qu’il vienne tôt en Europe ou pas. Et ça l’étouffait car il passait sa journée à ressasser ça. Je lui disais « Rends les choses simples, décide quand tu veux venir et viens ». Mais tous ces petits détails l’entraînaient jusqu’à l’implosion et quand il a perdu contre Brad Gilbert aux Masters 1985, il voulait se tirer une balle dans la tête, parce qu’il haïs­sait Brad Gilbert et qu’il était cinq fois meilleur que lui. Donc il a du quitter le circuit, et il a perdu deux ans. Il n’est jamais rede­venu le joueur qu’il était.

    Pour finir, sir Richard, chaque année, je vous demande si à l’opposé de votre ami Pierre Barthes, vous croyez encore que Roger Federer peut gagner Roland Garros.

    Je crois désor­mais qu’il faut qu’il arrive quelque chose à Nadal. Vous savez, c’est une vraie cala­mité que certains athlètes arrivent à une période où il y a un adver­saire qui les barre. De l’autre côté, prenez un joueur comme Borg, il a gagné Wimbledon tant de fois parce qu’il est arrivé entre John Newcombe et John McEnroe. S’il y avait eu un vrai serveur volleyeur lors de sa période, Borg n’aurait gagné qu’un Wimbledon. Il n’y avait que Roscoe Tanner, Vijay Amritraj ou Vitas Gerulatis. Il s’est juste glissé dans cette petite fenêtre d’opportunités et il a tout raflé parce que c’était un grand cham­pion – je ne lui enlève aucun de ces titres, il les mérite tous. Mais Federer récu­père la situa­tion inverse. S’il n’avait pas Nadal en face de lui, il serait le meilleur joueur de terre battue des cinq dernières années, et il aurait cassé le record de Sampras depuis long­temps. Il a battu tout le monde sur terre et très faci­le­ment. C’est un formi­dable joueur de terre battue. Mais il y a Nadal et il n’arrive pas à battre Nadal. 

    Sir Richard, est‐ce que toute la morale de cette histoire c’est que ce jeu est fou
    Oui, il est fou, mais il est fantas­tique. C’est un jeu où on ne peut pas se plan­quer comme le font certains joueurs de foot­ball. C’est impos­sible en tennis. Il faut toujours produire du bon jeu et les cham­pions de tennis sont des gens très spéciaux. Les gens voudraient qu’ils soient normaux, mais ils ne le sont pas. Vous ne pouvez pas être normal et gagner comme le font les Nadal, Nastase ou McEnroe. Ce sont des gens spéciaux.

    A propos de l’auteur

    Jérémy Alen

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.