Richard Gasquet disculpé !

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    Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rendu sa déci­sion finale concer­nant l’af­faire Gasquet. Le joueur fran­çais a été exonéré de toute faute ou négli­gence et le TAS a rejeté les appels déposés par l’ITF et l’AMA.

    Voici l’in­té­gra­lité du commu­niqué de presse diffusé par le Tribunal Arbitral du Sport.


    Le 15 juillet 2009, un tribunal anti‐dopage constitué par l’ITF a suspendu le joueur pour une période de deux mois et demi commen­çant le 1er mai 2009 suite à un contrôle anti‐dopage positif à la substance benzoy­lec­go­nine, un méta­bo­lite de cocaïne, qui se trou­vait dans l’échantillon d’urine fourni par le joueur lors du tournoi ATP de Miami le 28 mars 2009. Le 4 et 10 août
    2009 respec­ti­ve­ment, l’ITF et l’AMA ont chacun déposé un appel auprès du TAS pour
    demander que le joueur soit suspendu pour une période située entre une année et deux ans.

    Cette affaire a été soumise a une forma­tion d’arbitres du TAS composée de Me Luc Argand,
    Suisse (Président), Me David W. Rivkin, Etats Unis, et Me Dirk‐Reiner Martens, Allemagne.
    Une audience s’est déroulée au siège du TAS à Lausanne le 10 novembre 2009 durant laquelle
    les parties, leur repré­sen­tants légaux, et leur témoins et experts ont été entendus.

    La forma­tion du TAS a décidé de rejeter les appels après avoir déter­miné que, dans cette affaire,
    Richard Gasquet n’avait commis aucune faute ou négli­gence au sens du règle­ment anti‐dopage
    de l’ITF. La forma­tion du TAS a relevé qu’un cas de dopage avait été correc­te­ment répertorié
    en raison de la présence d’une quan­tité minime de benzoy­lec­go­nine dans l’urine du joueur mais
    que cela n’était pas dû à une faute ou négli­gence du joueur. La forma­tion a fondé sa déci­sion sur
    les preuves four­nies par les experts cités par le joueur et par l’ITF, qui ont établi que la quantité
    de méta­bo­lites de cocaïne était si faible qu’elle ne pouvait être que le résultat d’une exposition
    fortuite plutôt que d’une consom­ma­tion de cocaïne dans des quan­tités usuelles pour un but
    récréatif. Par ailleurs, il a égale­ment été établi que le joueur n’était clai­re­ment pas un
    consom­ma­teur régu­lier de cocaïne, même pour des quan­tités infimes. En consé­quence, la
    possi­bi­lité d’une conta­mi­na­tion est devenue l’explication la plus plau­sible pour justi­fier la
    présence de méta­bo­lites de cocaïne dans l’urine du joueur.


    Dans l’échelle des proba­bi­lités, la forma­tion du TAS a conclu qu’il était plus probable que la
    conta­mi­na­tion du joueur avec de la cocaïne ait été causée, comme Gasquet lui‐même l’a toujours
    affirmé, par le fait d’embrasser une femme dans une disco­thèque à Miami la veille du contrôle
    anti‐dopage et que le joueur avait apporté des preuves suffi­santes pour établir la méthode
    d’ingestion. Les experts des parties ont admis que la quan­tité infime de cocaïne avait pu être
    trans­mise de cette manière. Les arbitres ont ajouté qu’il était impos­sible pour le joueur, même en
    prenant toutes les précau­tions néces­saires, de savoir qu’en embras­sant une femme qu’il avait
    rencon­trée dans un envi­ron­ne­ment non suspect, il pour­rait être conta­miné avec de la cocaïne.


    Le TAS n’a pas formel­le­ment annulé la déci­sion du tribunal anti‐dopage étant donné que
    Richard Gasquet n’avait pas lui‐même déposé un appel contre sa suspen­sion de deux mois et
    demi. Cependant, le TAS a précisé dans sa sentence que, dans l’hypothèse d’une infrac­tion de
    dopage ulté­rieure, la présente affaire ne devrait pas être comptée comme un premier cas de
    dopage.

    A propos de l’auteur

    Pauline Dahlem

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.