Sharapova : « J’ai des parents très réaliste »

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    S’il devait rester aujourd’hui une favo­rite claire et nette pour la victoire finale à Roland Garros après les élimi­na­tions de Na Li et Serena Williams, on pense forcé­ment à Maria Sharapova. Même relé­guée au 8e rang mondial, la joueuse russe est la femme la plus en forme en ce moment avec ses titres obtenus à Stuttgart et Madrid et son bilan de 13 victoires pour une défaite sur terre. Tombeuse de Tsvetana Pironkova hier, voici Masha au troi­sième tour. Sa confé­rence de presse ci‐dessous.

    Bonsoir, Maria. Les condi­tions n’étaient pas faciles aujourd’hui. Un premier set très disputé. Puis vous avez trouvé votre rythme petit à petit.

    C’est exac­te­ment ce que j’ai ressenti. C’est toujours diffi­cile de rentrer sur un match en se disant qu’il va y avoir du vent, qu’il va faire froid. Mentalement, il faut être prêt à cela. Quand j’ai commencé, j’avais plutôt froid. Je n’ar­ri­vais pas vrai­ment à trouver mon rythme. Une fois que j’ai débreaké, j’ai réussi à me sentir plus agres­sive, à reprendre le contrôle de mon jeu pour le reste du match.

    Li Na et Serena ont perdu. Ce sont les quelques grosses surprises. Voyez‐vous des consé­quences au niveau du tableau ?

    Il faut suivre son chemin, se concen­trer sur le prochain match, rentrer sur le court sans être obsédé par ce qui se passe dans le tableau. C’est très agréable de remporter, surtout dans une telle atmosphère.

    On vient de parler de la nouvelle géné­ra­tion. On a vu Kristina battre Li Na, Taylor Townsend battre Alizé Cornet. Ces jeunes ne sont que jeunes ou va‐t‐on conti­nuer à les voir pendant longtemps ?

    Elles ont 17 ou 20 ans, elles vont conti­nuer à jouer pendant encore les 10 années à venir. Ce sont ces jeunes filles qui rempor­te­ront les Grands Chelems à l’avenir. C’est une réalité. Moi, je suis à cheval entre les géné­ra­tions. J’ai commencé ma carrière à une époque où certaines joueuses que j’ai rencon­trées ont pris leur retraite. Maintenant, je vois toute cette nouvelle géné­ra­tion qui est en train d’ar­river derrière moi. C’est abso­lu­ment génial. Pour le sport, chacun a son style, son jeu.

    C’est plus un défi ou une moti­va­tion de voir ces jeunes qui montent ?

    C’est simple­ment normal qu’elles soient en train de monter. C’est évident. Moi, je vais avoir 27 ans, cela fait long­temps que je suis sur le circuit. C’est normal qu’il y ait des gens d’une ving­taine d’an­nées qui obtiennent de bons résultats.

    Vous avez dit que vous étiez ni une ancienne joueuse ni une jeune joueuse. Vous êtes sur les courts depuis long­temps. Malgré tout le respect que je vous dois ! Est‐ce que les jeunes qui sont en train de monter viennent vous voir pour vous demander comment vous avez géré ces énormes victoires, alors que vous étiez vous‐même une étoile montante ? Viennent‐elles vous demander : « Maria, comment je fais pour maxi­miser mon potentiel ? »

    Aucune n’est venue me parler person­nel­le­ment pour parler de ce type de situa­tion. Mais je pense que toutes les joueuses sont conscientes de ce qu’a fait la géné­ra­tion qui les précède. Moi, j’ai remporté mes plus beaux succès à 17 ans. C’était très dur, c’était une grande victoire. Je pensais être au sommet du monde et, tout à coup, je me voyais entraînée dans diffé­rentes direc­tions. Vous êtes trans­formé en manne­quin par Vogue, vous avez un contrat d’ha­bille­ment avec Marc Jacobs. Je ne savais même pas qui était Marc Jacobs à l’époque ! Il y a telle­ment de choses que vous êtes en mesure de faire tout à coup. Il faut avoir la tête froide pour revenir à ses racines, à ce qui vous a permis d’être là, c’est‐à‐dire le tennis.

    Wawrinka, quand il a perdu, a dit que la pres­sion était telle­ment forte qu’il n’en pouvait plus. Vous êtes sur les courts depuis long­temps. Comment gérez‐vous vos attentes, la pres­sion qui vient de l’ex­té­rieur ou que vous vous mettez vous‐même ?

    J’ai beau­coup de chance. J’ai des parents très réalistes qui, depuis le début de ma carrière, ont toujours fait preuve d’un grand réalisme, non seule­ment lorsque j’ai gagné à Wimbledon mais lorsque j’ai immigré aux États‐Unis avec ma famille. J’étais très jeune à cette époque. Je savais que je n’au­rais plus une vie normale. Eux aussi le savaient, pour autant ils n’ont pas consi­déré que c’était une tragédie. Ils savaient qu’il fallait que je travaille pour réussir quelque chose de grand. Ensuite, je rentre à la maison. Tout le monde vit sa vie norma­le­ment. J’ai remporté de grandes victoires, mais la terre n’ar­rête pas de tourner. Le matin, ils vont au travail comme tout le monde. Je l’ai compris. En étant blessée une année, j’ai beau­coup appris. Je pensais jouer au tennis tout au long de ma vie. À des moments, votre corps ne vous permet pas de le faire. Il faut réflé­chir à autre chose, à ce que vous aimez, ce que vous voulez faire plus tard. Cela a été une expé­rience. Mais j’ai eu une très belle équipe autour de moi, mon manager, qui travaille avec moi depuis que j’ai 10 ans, mes parents. Cela me permet de savoir dire « non » aux bons moments.

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    A propos de l’auteur

    Simon Alves

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.