Thiem – Nadal, le dernier combat

    Au lende­main d’une finale fémi­nine plai­sante, Dominic Thiem et Rafael Nadal s’af­frontent pour la dixième fois de leur carrière. L’enjeu : un premier titre du Grand Chelem pour l’Autrichien ou un onzième pour l’Espagnol à Paris. Présentation.

    Pour sa première finale de Grand Chelem, Dominic Thiem est confronté au défi ultime en affron­tant Rafael Nadal à Roland‐Garros. L’affiche est idéale entre le décuple vain­queur du Grand Chelem pari­sien et tenant du titre face au deuxième meilleur joueur du monde sur terre battue depuis trois saisons. Dans la peau de l’outsider, l’Autrichien est loin de partir battu comme il a pu l’expliquer : « Nadal est le favori et il l’est toujours sur terre battue peu importe l’adversaire. Mais je sais comment jouer contre lui. J’ai un plan. Je l’ai déjà battu et dimanche j’essaierai de jouer comme il le faut ici, mais pas forcé­ment comme j’ai pu le faire à Madrid et Rome. » Logique car les condi­tions sont tota­le­ment diffé­rentes entre Madrid et Paris.

    Thiem : « J’ai un plan »

    Son plan devra être parfait car l’Espagnol n’a jamais perdu en dix finales de Roland‐Garros. La ques­tion revient : le protégé de Gunter Bresnik a‑t‐il une chance ? Patrick Mouratoglou déve­loppe à ce sujet : « Il a une chance mais elle est minime. Il n’a pas le droit à l’erreur. On a pu voir face à Del Potro qu’en début de match Rafa pouvait être tendu et que lorsqu’il était agressé, il jouait court. Il s’exposait. Mais quand on laisse passer des occa­sions face à lui et qu’il prend les commandes du match, il devient très vite injouable. Si Dominic a regardé la demi‐finale, il a toutes les infor­ma­tions. » Le scénario de la demi‐finale face à Juan Martin Del Potro a été vu des dizaines de fois : l’Argentin n’a pas su convertir une de ses six occa­sions de break et la sanc­tion a été immé­diate. Alors s’il veut devenir le succes­seur de Thomas Muster (seul joueur autri­chien vain­queur d’un Grand Chelem à Paris en 1995), Dominic Thiem ne pourra pas se permettre de gâcher une seule opportunité.

    Mouratoglou : « C’est à Thiem de prendre le plus souvent possible les initiatives »

    Un constat qui résume parfai­te­ment l’équation quasi inso­luble que repré­sente Rafael Nadal sur ocre et à Roland‐Garros. Si l’actuel numéro 8 mondial est habitué à mettre de l’intensité, il devra faire encore plus. « Dominic devra forcer sa nature en étant encore plus agressif, précise Patrick Mouratoglou. S’il laisse Rafa diriger les échanges, il n’a aucune chance. C’est à lui de prendre le plus souvent possible les initia­tives. Il doit très bien servir et surtout il devra être effi­cace dans les moments clés. Bien qu’il s’agisse de sa première finale en Grand Chelem, il n’a pas le choix. » Presque jamais inquiété au cours de la quin­zaine avec un seul set laissé en route face à Diego Schwartzman en quarts, Rafael Nadal peut, encore, entrer dans l’histoire avec un 11e titre Porte d’Auteuil (Margaret Court a remporté à 11 reprises l’Open d’Australie).

    Le parcours de Rafael Nadal…

    T1 : Simone Bolelli (ITA) 6–4 6–3 7–6

    T2 : Guido Pella (ARG) 6–2 6–2 6–1

    T3 : Richard Gasquet (FRA) 6–3 6–2 6–2

    1⁄8 : Maximilian Marterer (ALL) 6–3 6–2 7–6

    1⁄4 : Diego Schwartzman (ARG) 4–6 6–3 6–2 6–2

    1⁄2 : Juan Martin Del Potro (ARG) 6–4 6–1 6–2

    Le parcours de Dominic Thiem…

    T1 : Ilya Ivashka (BLR) 6–2 6–4 6–1
    T2 : Stefanos Tsitsipas (GRE) 6–2 2–6 6–4 6–4
    T3 : Matteo Berrettini (ITA) 6–3 6–7(5) 6–3 6–2
    1⁄8 : Kei Nishikori (JAP) 6–2 6–0 5–7 6–4
    1⁄4 : Alexander Zverev (ALL) 6–4 6–2 6–1

    1⁄2 : Marco Cecchinato (ITA) 7–5 7–6(10) 6–1

    Bilan du H2H…

    De votre envoyé spécial à Roland‐Garros

    A propos de l’auteur

    Loïc Revol

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.