Tsonga : « Il a été bon, c’est tout… »

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    Jo‐Wilfried Tsonga rela­ti­vise. Le Français, après avoir été battu par David Ferrer en demi‐finale de Roland Garros, ne s’est pas cherché d’ex­cuses. Il n’a pas été bon ; son adver­saire, lui, a été excellent. La décep­tion est palpable, mais on sent que Jo tente de relativiser.

    Question évidente, Jo : la durée du match Djokovic‐Nadal et l’at­tente qui en a résulté, ça a eu un impact ?

    Je ne sais pas si ça a eu un impact. Personne ne peut le dire, personne ne peut le savoir. Là, on se pose la ques­tion parce que j’ai perdu, mais si j’avais gagné, on n’y pense­rait même pas.

    A ton arrivée, ça t’a étonné de voir ce stade à moitié rempli ? Avec cette ambiance‐là ?

    Je n’ai pas été surpris par l’am­biance en arri­vant, non. C’est vrai que c’était marrant parce que les tribunes étaient à moitié vides, ça faisait un peu bizarre. Mais je n’ai pas grand chose à dire là‐dessus, c’est normal.

    Il (David Ferrer) t’a surpris aujourd’hui dans son jeu, par sa qualité ?

    Non, ce qui m’a surpris, c’est qu’il était encore plus rapide que d’ha­bi­tude. Il y a eu pas mal de fois où je pensais qu’il allait être déséqui­libré après que j’ai frappé un bon coup, mais non, il me remet­tait une balle très diffi­cile. Il ne la relan­çait pas simple­ment, il parve­nait à me désta­bi­liser. Il a très bien retourné mon service, aussi, même quand je servais à 210 km/h. Dans l’en­semble, tout a tourné en sa faveur sur ce match. Il a été bon, c’est tout. Je ne pouvais pas vrai­ment faire service‐volée, parce que, face à un gars comme lui, l’un des meilleurs relan­ceurs du monde, c’est un peu compliqué. On le voit chez les meilleurs. Quand Rafa et Djoko montent direc­te­ment au filet, ils ne gagnent pas de points.

    Ce deuxième set, c’est un moment décisif. Si tu l’avais gagné…

    Le deuxième set… On peut toujours refaire la rencontre, mais ça ne veut rien dire du tout. C’est super dur de tirer des conclu­sions de ce genre de matches. C’était une demi‐finale, j’au­rais aimé jouer un meilleur tennis, mais j’avais un super joueur en face de moi. Le problème a été pure­ment tennis­tique, aujourd’hui, clai­re­ment, il a été meilleur que moi. Je n’ai pas grand chose de plus à dire.

    Tu penses avoir été rattrapé par la pres­sion ? Avant le match, tu étais stressé ?

    Non, honnê­te­ment, j’étais bien, je n’étais pas trop stressé, un peu comme aux tous précé­dents. A la limite, j’étais beau­coup plus stressé lors de mon premier tour. Là, à ce niveau de la compé­ti­tion, on est dans notre truc, on joue bien, on surfe sur une bonne dyna­mique. Tout ce qui peut arriver est positif. J’étais très bien avant le match. Et, là, je suis juste déçu de ne pas avoir pris du plaisir.

    Ce public, au début, ces conditions…
    Mais le public était là, j’ai trouvé, quand même. Ca s’est rempli au fur‐et‑à mesure, il n’y a pas de soucis. Il n’y a rien eu d’ex­té­rieur de méga pertur­bant. Evidemment, le fait que je joue tard, ça impli­quait que les condi­tions soient complè­te­ment chan­gées par rapport à ce que j’at­ten­dais, vu que je pensais entrer sur le court vers 16h30, la meilleure heure pour moi. Mais l’at­tente en elle‐même ne m’a pas posé de problèmes. Il y avait aussi beau­coup de vent, il faut le dire. Or, lui, il est très mobile sur ses jambes et, ainsi, forcé­ment beau­coup plus à l’aise que moi dans ces condi­tions, bien meilleur dans le timing et la frappe de balle. Moi, ce n’est pas le cas. Mon jeu de jambes me fait défaut quand je suis gêné. (Rires) Non, vrai­ment, vous essayez de trouver des raisons à cette défaites (rires), mais, aujourd’hui, il n’y a pas 100 000 trucs à dire… Hormis qu’il a été bien meilleur que moi. Et que je n’ai pas fait le match que j’au­rais pu faire.

    Votre envoyé spécial en direct de Roland Garros

    A propos de l’auteur

    Rémi Cap‐Vert

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.