Tsonga, meurs un autre jour

    C’est le grand jour pour Jo‐Wilfried Tsonga ! Le Manceau est aux portes de la finale de Roland Garros. Le tournoi que tout joueur de tennis rêve de gagner. Pour sa sixième parti­ci­pa­tion, après avoir échoué de peu en quart de finale l’an passé, Jo semble plus prêt que jamais à rejoindre l’ultime stade de la compé­ti­tion. Ce n’est pas Aljaz Bedene, Jarkko Nieminen, Jeremy Chardy, Viktor Troicki, et surtout Roger Federer qui diront le contraire. S’il est vrai qu’il est toujours compliqué de confirmer un exploit, tout laisse à croire que le Manceau parviendra à le faire aujourd’hui. En tout cas, nous, on y croit fort !

    Sans être super­sti­tieux, des signes peuvent nourrir notre opti­misme. Commençons par son niveau de jeu. C’est bien simple, comme son adver­saire ibérique, Jo n’a pas concédé le moindre set depuis le début du tournoi. Il écrase litté­ra­le­ment ses adver­saires par sa puis­sance, grâce, en grande partie, à une mise en jeu solide. 78% de points gagnés derrière sa première balle. Qui dit mieux ? Parlons aussi de son dépla­ce­ment sur terre battue. Ce qui lui faisait aupa­ra­vant défaut est aujourd’hui l’un de ses points forts. Le Mançeau peut remer­cier son mentor Roger Rasheed grâce à qui il est aujourd’hui aussi affuté et perfor­mant sur l’ocre. Enfin, le nouveau Tsonga étonne par‐dessus tout par sa séré­nité et son sérieux. L’attitude d’un cham­pion, en somme. Lorsqu’il vient de battre la légende Federer en trois sets, devant un public en délire, et qu’on lui demande s’il est conscient de l’exploit qu’il vient de réaliser, il répond avec séré­nité :  » C’est très bien d’être en demie, je suis super content, mais le tournoi continue. Le plus impor­tant à l’heure qu’il est, c’est de rester dans ma routine et d’aborder mon prochain match le mieux possible « .

    Sans oublier les statis­tiques… Ces fameux chiffres que l’on arrange à notre sauce et qui nous rassurent… parfois. Si Ferrer mène deux victoires à une dans leurs précé­dents duels, leur seule confron­ta­tion en tournoi du Grand Chelem s’était soldée par une victoire du Français, 6–3 6–4 7–6(1) ‑à Wimbledon en 2011‐. Et puis, Ferrer reste sur cinq défaites consé­cu­tives face à des membres du top 10 et a toujours buté au stade des demi‐finales en Grand Chelem ‑contrai­re­ment au Français, fina­liste de l’Open d’Australie 2008‐. Quant à Tsonga, il est le quatrième Français de l’histoire en termes de pour­cen­tage de victoires en Grand Chelem (avec 76,3%), derrière René Lacoste (88,5%), Henri Cochet (88,3%) et Jean Borotra (82,4%), mais devant un certain Yannick Noah qui a soulevé la Coupe des Mousquetaires il y a tout juste 30 ans. Encore un signe ? On voudrait répondre par la positive !

    Quoi qu’il en soit, Jo pourra compter sur l’appui du public qui aura eu le temps de monter en tempé­ra­ture pendant l’apéritif Nadal‐Djokovic ‑et quel apéritif!-. A lui d’enflammer le match, comme il sait si bien le faire, et d’imposer sa cadence à la moby­lette espa­gnole, qui aura l’expérience de ses 13 années sur le circuit et des cinq autres demies qu’il a déjà jouées en Grand Chelem avec lui.  » Je sens que je suis capable de le battre, parce que j’ai toutes les armes qu’il faut  » a déclaré Tsonga. Il lui fraudra passer des mots aux actes pour s’of­frir une finale face à Djoko ou Rafa. Allez Jo’ !


    Pour suivre la quin­zaine de Roland Garros sur TWITTER avec WELOVETENNIS :

    Pour suivre Rémi Cap‐Vert : c’est ici

    Pour suivre Pauline Dahlem : c’est ici

    A propos de l’auteur

    Alexandre Dinkespiler

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.