Un grognon à crocs pointus…

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    Il a eu chaud, chaud, chaud ! Andy Murray élimine Viktor Troicki 4–6 4–6 6–3 6–2 7–5, en 3h56 de jeu. L’Ecossais affron­tera Juan Ignacio Chela en quarts de finale.

    Monsieur Grognon fait moins la trogne ! Mister Murray a ramé pendant deux jours, contre Viktor Troicki, passant du ronchon grom­me­lant à la teigne têtue, mais il s’en est sorti à force de volonté, de risques et d’agressivité. D’abord out les deux premiers sets, la tête dans le pâté, faisant n’importe quoi et dominé par un Troicki sédui­sant, malgré son crâne rasé, le pitbull écos­sais a entamé un formi­dable retour­ne­ment de situa­tion, rempor­tant les deux manches suivantes et retrou­vant un allant offensif – 30 points gagnants, contre 15 à son adver­saire, c’est lui l’patron !

    Mais l’Ecossais est dérou­tant. Murray donne le bâton pour se faire battre dès l’entame du cinquième set, aujourd’hui… pour mieux se révolter et défier son vis‐à‐vis, pantois de voir se trans­former un vilain grin­cheux en William Wallace conqué­rant. Rapidement breaké par le Serbe, il le laisse s’envoler et respirer les fragrances enivrantes de la victoire, jusqu’à deux points d’une place en quarts de finale. C’est à ce moment‐là que Troicki sent le boudin : le héros de la dernière Coupe Davis se fait dessus – oui, ce n’est pas très châtié –, tandis qu’Andy Murray retrouve des armes et des coups dignes de son rang. Le sujet de la Reine débreake, puis breake à 5–5 et, malgré un sursaut d’orgueil du suppôt des Balkans, remporte cette drôle de rencontre sur sa mise en jeu.

    « J’ai réalisé un retour incroyable dans ce match », explique Andy Murray à sa sortie du court. Oui, à tel point que certains ont fustigé son atti­tude et ses jets de raquette. « Je ne savais pas comment ma cheville allait tenir au début et j’étais trop hési­tant. D’autant qu’il y avait du vent. Puis, je me suis repris en main et j’ai lâché mes coups en essayant d’attaquer davan­tage. » Je ne sais pas vous, mais, moi, j’en vien­drais presque à le trouver sympa­thique, notre grognon préféré. Avec sa person­na­lité, son carac­tère de chien, ces désa­gréables pinaille­ries – ce type est un sacré bonhomme ! 

    En quarts, c’est du tout bon : il affronte Juan Ignacio Chela, un match qu’on ne lui voit pas perdre, qui pour­rait lui permettre d’accéder à sa première demie, Porte d’Auteuil. Mais méfiance, Chela cache bien son jeu : il n’est pas un novice à ce niveau, quart de fina­liste, déjà, en 2004. Allez, ça devrait le faire, si la cheville n’enfle pas trop…

    A propos de l’auteur

    Rémi Cap‐Vert

    Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.