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Bartoli, Mauresmo a été « surprise »

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Amélie Mauresmo a tenu à 13h une confé­rence de presse télé­pho­nique pour évoquer le cas Marion Bartoli. La Française, qui a annoncé cette nuit sa retraite du tennis profes­sionnel, a surpris la capi­taine de l’Equipe de France de Fed Cup. Si elle souhaite respecter la déci­sion de sa joueuse, elle attend de Marion qu’elle explique de façon plus précise les raisons qui l’ont poussée à se retirer. Des questions‐réponses relayées par RMC.

Amélie Mauresmo, avez‐vous senti venir cette annonce de Marion Bartoli ?

Je n’avais pas perçu de signes qui pouvaient montrer une lassi­tude. J’ai été surprise. Pour nous, de l’extérieur, il faut en prendre acte et lui souhaiter du bonheur dans sa nouvelle vie. Je pense qu’il faut que Marion s’exprime un peu plus clai­re­ment sur les raisons.

Avez‐vous été en contact avec elle ?

Je l’ai eue au télé­phone. Elle m’a envoyé plusieurs textos au milieu de la nuit pour me prévenir de sa déci­sion. Comme il y avait une série de textos qui arri­vaient, ça m’a réveillée et du coup, je l’ai appelée. Ma première ques­tion, c’est juste de savoir si c’était quelque chose qu’elle avait mûrie. Et si elle ne se préci­pi­tait pas. La chose la plus impor­tante, c’est qu’il n’y ait pas de regrets derrière. Et elle a l’air en accord avec cette déci­sion. Elle avait l’air assez déterminée.

Elle met en avant ses problèmes physiques…

Oui, physi­que­ment, il y avait des bobos. C’est évident. Ça ne va pas en s’améliorant avec l’âge. Plus on avance et plus le corps montre des signes de fatigue. C’est quelque chose qui n’est pas évident à gérer. Apparemment, c’était « too much ». Elle a beau­coup donné physi­que­ment et mentalement.

Sa victoire à Wimbledon a‑t‐elle joué un rôle dans cette décision ?

C’est possible. Elle avait toujours annoncé son objectif de gagner un Grand Chelem. Une fois qu’elle l’a atteint… Je crois que ce n’est pas la moti­va­tion mais plus le corps qui pèche et qui montre des signes de fatigue. Mais le fait d’avoir accompli son rêve a certai­ne­ment joué un rôle. (…) Elle est très fière de ce titre à Wimbledon. L’entrée sur le court, avec le rappel du palmarès… J’aurais pensé qu’elle allait appré­cier ces moments‐là désormais.

Est‐ce aussi un coup dur pour l’équipe de France ?

C’est sûr que ça ne nous faci­lite pas la tâche. Je crois qu’il faut respecter cette déci­sion et, avec le groupe, conti­nuer à avancer. J’ai la chance d’avoir un groupe qui est composé de joueuses en train de se déve­lopper. On garde les mêmes objectifs. 

Pourrait‐elle revenir sur les courts dans quelques mois ou quelques années ?

L’avenir nous le dira. C’est toujours une possi­bi­lité quand quelqu’un annonce l’arrêt de sa carrière, surtout de manière surpre­nante, comme l’a fait Marion, et à cet âge. Il n’y a qu’elle qui pourra le dire.

Allez‐vous essayer de la faire changer d’avis ?

Je pense qu’il faut qu’elle soit en accord total avec cette déci­sion. C’est le seul discours que je peux tenir. Si elle n’est plus heureuse, si c’est une souf­france pour elle d’être joueuse de tennis, il faut arrêter. Je ne me vois pas forcer quelqu’un à conti­nuer. Si elle en a envie, évidem­ment, il y aura beau­coup de monde pour la soutenir. Mais la pousser, non. Je pense qu’elle en saura plus dans quelques mois. Mais tout est possible.

A propos de l’auteur

Simon Alves

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.