Amer, Nicolas Escudé revient sur cette défaite 3–2 face à la Russie. Le capitaine de l’équipe de France se montre notamment assez sévère à l’égard de sa numéro 1, Alizé Cornet.
Vous avez touché du doigt un beau rêve hier, en menant 2–0. Mais aujourd’hui, c’est la déception.
Quelque part, la logique est respectée. Oui, forcément, il y a beaucoup de déception comme lors de toutes les défaites. C’est vrai que là, on est passé près, comme très loin. Le fait de mener 2–0 samedi soir nous a peut‐être coûté très cher.
Vous disiez hier que le plus dur était de décrocher le troisième point. Dans quel match avez‐vous été le plus proche de ce troisième point aujourd’hui ?
Peut‐être sur le simple d’Alizé (Cornet), avec un set et un break d’avance au deuxième. Mais entre jouer en n’ayant rien à perdre et jouer pour la gagne, ce n’est pas pareil. On a vu qu’Alizé n’était pas au niveau, tout simplement. Elle est un peu retombée dans ses travers, malheureusement pour nous.
Pensez‐vous qu’elle s’est vue trop belle après sa victoire d’hier ?
Sûrement. Comme nous tous peut‐être à un moment donné. C’est vrai que mener 2–0 face à la Russie, voir le troisième point tout proche avec un set et un break… On a peut‐être cru qu’on pouvait mettre 3–0 à la Russie chez elle. Mais non. Car pour réussir à faire ça, et pour battre ce genre de filles, il faut être très fort. Et ça n’a pas été le cas.
On a vu ensuite un double français assez léger…
Non, je ne dirais pas ça. Sur le début de match jusqu’à 4–1, on les « atomise » pratiquement. Et petit à petit, les choses tournent. C’est dans ces moments‐là qu’il faut tenir, tenir, tenir. Cela n’a pas été le cas. Dans le deuxième set, on ne marque que 4 points. A la fin, les filles me l’ont dit : « On ne sait plus quoi faire, on est là à attendre de gagner un point. » Mais le truc, ce n’était pas d’attendre que les Russes nous donnent un point. Le point, il faut aller le gagner. Peut‐être que la fatigue a joué aussi. Alizé était vraiment un ton en‐dessous sur ce double. Et une nouvelle fois, elle a totalement perdu pied, à ne plus savoir comment mettre une balle dans le court. Forcément, pour la joueuse qui est à côté, ça devient alors très compliqué.
Sachant qu’elle était fatiguée à l’issue de son simple, avez‐vous pensé à ne pas la faire jouer ce double ?
Non, parce qu’elle n’a pas perdu son simple uniquement parce qu’elle était fatiguée. Elle perd en simple parce qu’il y a face à elle une Pavlyuchenkova qui lui donne du répondant. […] Alizé n’a pas perdu ce match là que parce qu’elle était fatiguée. Ca, c’est une fausse excuse.
Vous pensez plutôt que son mental n’a pas suivi ?
Oui. Le mental d’Alizé aujourd’hui n’a pas suivi. Elle s’est fait complètement prendre par les émotions, chose qu’elle avait réussie à gérer le premier jour. Mais comme je le disais tout à l’heure, c’est forcément plus facile de jouer à 0–0 quand on n’a strictement rien à perdre face à une équipe qu’on sait beaucoup plus forte que nous. C’est plus dur de conclure un match et de se retrouver, peut‐être, dans la peau de la favorite en se disant qu’on est là pour plier la rencontre. Je dis bien peut‐être, parce que je n’en ai pas encore parlé avec Alizé.
Le redoutiez‐vous avant son match aujourd’hui ?
Non, parce qu’Alizé était très bien. Hier soir, après sa victoire, elle était euphorique, à sauter dans tous les sens. Je l’ai donc vite recadrée et j’ai remis un peu les choses en place. Mais aujourd’hui, elle avait fait un très bon échauffement ce matin, elle tapait très bien la balle. Ensuite, elle a fait un très bon début de match. Elle était devant au score, elle dominait son adversaire. Puis, elle la breake dans le deuxième set. Elle maîtrisait les choses. Jusqu’au moment où voilà, c’était reparti…
Publié le dimanche 6 février 2011 à 22:14



