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Nicolas Escudé : « Il y a la place »

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Nicolas Escudé a répondu aux ques­tions de la FFT, à propos de sa sélec­tion pour affronter la Slovénie. L’équipe de France de Fed Cup va tenter de sauver sa place dans le Groupe Mondial II les 21 et 22 avril prochains. Pas d’Alizé Cornet, encore moins d’Aravane Rezai, ni de Mathilde Johansson… Mais le sélec­tion­neur y croit.

Nicolas, quelle est votre sélec­tion pour ce match de barrage contre la Slovénie ?

J’ai choisi de sélec­tionner Pauline Parmentier, Virginie Razzano, Stéphanie Foretz‐Gacon et Kristina Mladenovic.

Pouvez‐vous expli­quer votre choix ?

Contrairement à ce que j’avais pu faire par le passé, je vais partir avec seule­ment quatre filles. Lors de la dernière rencontre face à la Slovaquie, j’ai senti que c’était diffi­cile à gérer pour la cinquième joueuse. Au vu de ce que j’ai pu voir à Miami, de leurs résul­tats, de l’avis de leurs entraî­neurs et de la DTN, aujourd’hui, cette sélec­tion me paraît logique. Pauline (Parmentier), « Virg’ » (Razzano), « Steph’ » (Foretz‐Gacon) et « Kiki » (Mladenovic) me donnent suffi­sam­ment de garan­ties pour aller cher­cher cette victoire contre les Slovènes.

Quel bilan dressez‐vous des joueuses sélec­tion­nées depuis le début de la saison ?

Les résul­tats de chaque joueuse depuis le début de la saison ne sont pas excep­tion­nels, loin de là. Elles ont eu un peu de mal à enchaîner les victoires sur les tour­nois. Malheureusement, c’est un mal qui dure depuis un petit moment. Elles ont du mal à avoir des victoires probantes face à des filles rela­ti­ve­ment fortes sur le circuit.

Vous n’avez pas retenu Alizé Cornet pour cette rencontre. Pour quelles raisons ?

Je n’ai pas sélec­tionné Alizé sur cette rencontre car dans mon esprit, je compte m’appuyer en simple sur Pauline (Parmentier) et Virginie (Razzano). Même s’il n’y a pas toujours eu la victoire au bout, elles m’ont toujours donné satis­fac­tion en termes de jeu et d’investissement. Ce qui n’a pas toujours été le cas avec Alizé. Elle a souvent eu des problèmes avec cette compé­ti­tion en simple. A côté de ça, Stéphanie Foretz‐Gacon a fait une très bonne fin de saison 2011. Et elle joue bien depuis le début de la saison. C’est une des filles qui a gagné le plus de matches cette année. Elle se retrouve aujourd’hui aux alen­tours de la 80e place (NDLR : 79e au clas­se­ment WTA). Ce sont les raisons pour lesquelles j’ai décidé d’intégrer « Steph’ », qui a déjà fait partie de cette équipe par le passé. Ce n’est pas une novice.


Cette rencontre vous fait‐elle peur ? Car fina­le­ment, vous n’avez pas vrai­ment le droit à l’erreur…

Cela fait quatre ans que j’ai rare­ment le droit à l’erreur. On s’est retrouvés à chaque fois à jouer des matches de barrage. Sur mes trois premières années, c’était pour se main­tenir dans le Groupe Mondial. Malheureusement l’année dernière, on est descendus en deuxième divi­sion. On se retrouve donc de nouveau à devoir jouer un match de barrage, mais cette fois‐ci, pour se main­tenir dans le Groupe Mondial 2. C’est loin d’être un match évident car en face, il y a une fille comme Polona Hercog qui est classée aux alen­tours de la 30e place mondiale (NDLR : 36e au clas­se­ment WTA). Elle était d’ailleurs en demi‐finale à Charleston tout récem­ment. Mais cette équipe de Slovénie n’a pas un réser­voir impor­tant de filles avec des clas­se­ments probants. La deuxième joueuse doit être classée aux alen­tours de la 150e place (NDLR : Petra Rampre figure au 153e rang mondial). Il y a de la place pour l’emporter. On n’y va pas avec la peur au ventre, mais il va falloir bien préparer cette rencontre pour arriver à main­tenir la France dans le Groupe Mondial 2.

La numéro 1 Slovène Polona Hercog est parti­cu­liè­re­ment en forme actuel­le­ment. Elle a notam­ment battu Marion Bartoli à Charleston…

C’est une jeune joueuse, de grande taille. Elle joue très bien au tennis. Je l’ai vu joué à Miami quand j’étais allé super­viser les filles. Cela va être leur atout numéro 1.

Et en cas de double décisif, la présence de Katarina Srebotnik, 4e mondiale en double, peut être inquiétante…

C’est vrai que cela peut être inquié­tant. Mais avant de jouer le double, il y a des simples à jouer et à gagner. C’est une équipe plus que perfor­mante. Elle tient la route. C’est pour ça qu’elle ne sera pas évidente à battre.


Avez‐vous reparlé à froid avec vos joueuses depuis la défaite à Bratislava, et notam­ment à Aravane Rezai ? Où en êtes‐vous d’ailleurs avec elle ?

Non, on ne s’est pas reparlé, mais je sais que cela a été compliqué pour elle de digérer tout ça, après avoir discuté avec son entou­rage et les autres joueuses. Cela a laissé des séquelles. Aujourd’hui, les rapports ne sont pas mauvais. Il n’y a abso­lu­ment pas de tensions entre elle et moi. Mais il va lui falloir encore un peu de temps pour assi­miler et comprendre ce qui s’est passé à Bratislava. C’était une situa­tion très doulou­reuse à vivre, que ce soit pour elle, pour moi ou pour l’équipe. Il faut laisser passer un peu de temps. En revanche, son absence en équipe de France pour cette rencontre n’a rien à voir avec ce qui a pu se passer à Bratislava. Aujourd’hui, si j’ai décidé de ne pas retenir Aravane, c’est pure­ment par rapport à un critère sportif.

Vous n’êtes pas passés si loin de la victoire à Bratislava. Quels ensei­gne­ments avez‐vous tiré de cette défaite ?

Sur toutes les rencontres, on n’est jamais très loin des autres équipes. On n’était pas passés très loin de la défaite contre les Allemandes, il y a deux ans en barrage. On n’était pas passés loin de la victoire contre les Russes en 2011 au premier tour. Toutes les rencontres de Fed Cup se jouent sur de petits détails. A Bratislava, c’était la même chose et il y a eu la défaite au bout. C’était une rencontre diffi­cile à préparer avec les péri­pé­ties que l’on connaît. On va essayer de retrouver un peu de séré­nité pour préparer cette rencontre.

Comment sentez‐vous vos joueuses à quelques jours de la rencontre ?

Pour l’instant, hormis Virginie (Razzano) et « Kiki » (Mladenovic), elles sont en tournoi. Pauline et Stéphanie sont ainsi cette semaine à Copenhague, sur une surface indoor qui se rappro­chera des condi­tions de jeu que l’on retrou­vera à Besançon. Je les avais pous­sées à parti­ciper à ce tournoi en prévi­sion de cette rencontre. Comme elles n’ont pas de résul­tats posi­tifs ces derniers temps, elles travaillent, elles s’entraînent, elles se préparent sur les tour­nois pour arriver à inverser cette tendance, mais ce n’est pas simple…

Croyez‐vous au maintien ?

Oui, bien sûr, sinon j’aurais laissé ma place. On croit à la victoire. On est persuadés que l’on va sortir vain­queurs de ce week‐end. Après, il y a une équipe en face. Tout ne va pas dépendre unique­ment de nous, mais on va faire tout notre possible pour que les filles arrivent au top ce week‐end pour gagner cette rencontre. Il y a la place !

L’enjeu de cette rencontre est crucial. Sur quoi va‐t‐elle se jouer ?

Elle va se jouer sur l’expérience, le mental, l’état de forme, la prépa­ra­tion, l’envie et pleins de petits détails qui font qu’à un moment donné, un match ou une rencontre bascule dans un sens ou dans l’autre. On va juste­ment faire atten­tion à ces petits détails pour que cette rencontre bascule en notre faveur.

Le fait de rejouer en France est‐il un plus ?

C’est toujours impor­tant de jouer à la maison, devant notre public. A chaque fois, ce public est derrière nous, il nous soutient d’autant plus lors de rencontres comme celles‐là, où il y a beau­coup de pres­sion et de tension. C’est forcé­ment une bonne chose d’évoluer devant son public.

Pour quelles raisons avez‐vous choisi de jouer sur dur ?

C’est avant tout le choix des joueuses. J’ai eu aussi mon mot à dire. Les joueuses ont opté pour cette surface par rapport aux Slovènes. C’est une surface qui nous convient bien. C’est aussi la surface où les joueuses slovènes sont peut‐être le moins à l’aise. C’est un choix logique.

N’êtes-vous pas un peu déçu par les résul­tats des jeunes espoirs du tennis féminin fran­çais, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia, qui ont du mal à confirmer les espoirs placés en elles ?

Oui, un peu, mais cela ne s’arrête pas à Caroline et Kristina. Aujourd’hui, les joueuses fran­çaises ont du mal à avoir des résul­tats, un niveau et un clas­se­ment probants. C’est compliqué en ce moment, tout parti­cu­liè­re­ment pour Kristina Mladenovic et Caroline Garcia. Ce sont de jeunes joueuses. Kristina Mladenovic a été embêtée par des pépins physiques. Pourtant, elle joue très bien au tennis. Mais par moment, les choses ont besoin de temps pour se mettre en place. C’est un peu la même chose pour Caroline Garcia, même si elle n’a pas été arrêtée pour cause de bles­sure. Mais elle a eu, à un moment donné, des bons résul­tats et elle a pu montrer de très belles choses sur le court. Il faut assi­miler tout ça, le digérer et conti­nuer à travailler dans la bonne direc­tion pour arriver à gagner. Ce sont deux joueuses encore rela­ti­ve­ment jeunes, mais le ne faut pas perdre trop de temps. »

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.