Le président de la fédération française nous a reçu en juillet dans son bureau face au central Philippe Chatrier. Comme d’habitude, nous vous proposons l’intégralité de cet entretien qu’il faut replacer dans son contexte, c’est à dire avec par exemple Patrice Dominguez encore aux commandes de la DTN. C’est un vrai doncument pour comprendre la politique de la FFT dans les années à venir. Nous tenons aussi à préciser que la rédaction de Grand Chelem a réalisé cet entretien sans filtre, ni directive de la part du cabinet du président.
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Président, quelle est l’origine de votre passion pour le tennis ?
C’est simple, ce sont mes parents. On suit les parents. Mes parents jouaient au tennis. Ils m’amenaient le soir en semaine à Bannières de Bigorre au club de tennis comme ils m’ont emmené le dimanche au rugby. On est imprégné de ce sport et puis bien sur si on a quelques résultats, si on a quelques qualités physiques ou techniques, eh bien on s’accroche, on continue et quand on a un résultat, on avance. Et c’est comme ça que je suis arrivé au tennis. A 16 ans j’étais un petit espoir régional et même national parce que j’ai fait un stage avec Henri Cochet. C’était à l’INS, l’Institut national des sports. Je faisais du tennis pour m’amuser pour me maintenir en forme. Mais pour faire de la compétition, c’était le rugby. J’étais dans un terroir rugby, il n’y avait que le rugby qui m’intéressait. A ce moment là il n’y avait pas comme maintenant des profs pour faire du judo ou pour faire du golf. C’était le rugby. Le tennis c’était des clubs un petit peu fermé quand même. Ce n’était pas ouvert comme maintenant, c’était moins populaire ! Mes parents jouaient, c’étaient des libéraux. Le tennis ça leur faisait du bien, ça les maintenait en forme et ils s’amusaient.
Vous avez quand même croisé Monsieur Henri Cochet
Oui, je suis sélectionné à 17 ans avec une dizaine de Français. Je pars au rassemblement national, j’étais content, ravi bien sûr, et puis il y a mes parents qui me téléphonent. « Putain Jeannot, on vient de recevoir une lettre de la fédé de rugby. Tu es sélectionné en équipe de France ». Et je vais voir naïvement le père Cochet. « Vous savez, je m’en vais, je suis sélectionné ». Je croyais qu’il allait me féliciter. « Comment ? Tu vas rester au tennis, oui ! Je n’en ai rien à foutre de ton rugby. » Il avait raison, il avait raison. « Oui oui m’sieur, pardon m’sieur ». Parce que Cochet c’était un monstre ! Et puis le soir, je suis parti, j’ai quitté le stage. Il m’en a voulu un certain moment mais après il m’a pardonné quand il était président de l’IMCT. Il m’a mis membre d’honneur. Parce que l’IMCT, c’est l’association des membres des équipes de France de Coupe Davis. Il m’a fait cet honneur. Je crois qu’il y a eu Michel Jazy et moi.
Vous étiez à quel classement ?
J’étais à 4⁄6 à 16 ans. Oui je m’amusais, hein ! Mais vous savez c’est un petit peu bizarre parce qu’un peu plus tard, au tournoi d’Hendaye, quand j’avais 23 ou 24 ans.
Ah mais vous n’avez jamais arrêté alors ?
Ah non non non ! Je jouais ! Si je suis un personnage du rugby, c’est peut‐être à cause du tennis.
D’accord !
Parce que ça me maintenait en forme par rapport aux autres si vous voulez. Moi j’arrivais aux mois de septembre‐octobre avec une bourre terrible en rugby parce que j’avais fait de l’athlétisme – j’étais champion des Pyrénées en junior en 200m, je faisais de la longueur‐ et je continuais par le tennis tout l’été. Et je finis donc avec l’affaire d’Hendaye. Quand on ne jouait pas assez de tournois, on redevenait non classé. Au moment où j’étais marié, je fais un tournoi à Hendaye. J’ai démarré non‐classé et j’ai passé 15 tours ! J’arrive en finale et là je gagne le tournoi contre un 0. C’était pas un négatif. Ma femme en avait marre parce qu’elle se tapait les voyages Biarritz‐Hendaye, il n’y avait pas d’autoroute, mais voilà le tennis, c’était une passion quoi, c’était formidable.
Et aujourd’hui alors, vous pratiquez encore ?
Quand j’ai arrêté le rugby vers 35 ans, je m’y suis remis, j’étais non‐classé et j’ai refait les Interclubs.
Et maintenant vous êtes combien et surtout vous jouez comment ?
Attendez je vais vous dire ça.… (Rires) A 40 ans, je suis remonté à 2⁄6. Je faisais tous les tournois l’été sur la Côte basque. Question style de jeu, c’est simple, on m’a donné une raquette je l’ai prise et j’ai joué. J’avais une prise fermée en coup droit mais en revers on ne m’a jamais dit qu’il fallait changer de prise, alors je chopais toutes les balles. Comme j’avais des jambes, je me mettais pratiquement à un mètre de la ligne de couloir côté revers et alors tout le monde disait « Il faut lui jouer le revers ». Mais je ne comprenais pas que tout le monde joue le revers, il fallait au contraire me la mettre sur le coup droit ! A mon niveau, je gagnais des points sans rien faire… Ca sortait, ça sortait, ça sortait. Et bien sur quand j’avais une balle au milieu, je me jetais dessus et badaboum en coup droit ! Par contre j’étais un petit peu limité quand je jouais contre des volleyeurs.
Vous vous veniez au filet ?
Non, je n’y allais pas. Et puis vu ma taille… (Sourires)
Oui mais justement.
Non, moi qui étais pourtant un attaquant sur un terrain de rugby, j’attaquais tout avec le coup droit, je tapais mais je venais pas à la volée, j’étais pas un volleyeur. Quand je venais a la volée, je perdais le match, je ne sais pas pourquoi ! (rires) Et puis j’avais un petit passing… je mettais la balle en revers où je voulais alors certains n’avaient pas de solution. Quand il y avait une montée, c’était une merde derrière le filet, et je m’en sortais comme ça.
Et vous êtes passé de la raquette en bois à la raquette en…
(Il coupe). Non, j’ai toujours joué avec des Gauthiers blanches et puis je suis passé aux métalliques quand j’ai eu une raquette Lafourcade. Un copain avait monté une formule de raquette Lafourcade. C’est lui qui m’a offert les premières raquettes. « Mes raquettes elles sont bien, tu vas voir ». Et je jouais avec un petit tamis, c’était en carbone, le carbone arrivait à ce moment‐là.
Les idoles de votre jeunesse ?
Quand j’étais pitchounet, c’était Rod Laver puis Panatta, Nastase. Si je remonte plus loin, il y avait Pancho Gonzalez un gars qui avait un jeu fantastique. Et enfin Santana, tous les joueurs qui ont un peu de balle quoi. C’est toujours comme ça dans le sport, ce qu’on ne peut pas faire et qu’on voudrait savoir faire, on ne le fait pas et on a des idoles qui jouent comme cela. Et j’ai vu Laver au dernier Wimbledon. Il était là, on m’a présenté en tant que président, je lui ai dit « Mais moi vous étiez mon idole !»
Donc des joueurs de balle.
Oui, c’est‐à‐dire que la force m’impressionne moins. Je me rappelle, ça m’avait marqué, le cas de Roscoe Tanner. Son service, j’ai dit « Ecoutez, je me suis ennuyé là. Tanner le service c’est très bien mais je ne vois pas de jeu ». Federer contre Roddick, le suspense oui, mais je me suis également ennuyé lors de la dernière finale de Wimbledon parce que il n’y a que quatre échanges toutes les 10 minutes. Pour moi le tennis ce n’est pas ça. Je préfère quand on construit son point, quand on essaie de mettre en difficulté tactiquement. Il faut savoir changer de jeu, en fonction de l’adversaire. C’est ça qui me plait dans le tennis.
Question incontournable alors : êtes vous nadalien ou federien ?
Par le physique, la gagne, la combativité, je suis nadalien. Mais par la finesse, le toucher de balle… c’est Federer. Vous savez dans le sport ou même dans la vie professionnelle, ce qui est le plus difficile à réaliser c’est la simplicité. Le chirurgien il est simple, il fait son truc. Dans le sport un geste qui paraît d’une naïveté, d’une simplicité, c’est ce qui est le plus difficile à réaliser. Federer n’a qu’à se tourner, taper, et la balle va où elle veut.… C’est la simplicité, c’est ce qui est pour moi tout le charme et j’adore ça.
Et puis les deux viennent de redonner leurs lettres de noblesse au tennis, et même une trame à l’histoire de Roland Garros depuis 4 ans.
Tout à fait. Nadal quand il bat Federer, il dit « Je bats le meilleur joueur du monde ». Il y a un respect mutuel qui est exceptionnel, et qui met le tennis et ces hommes‐là à un certain niveau.
Est‐ce qu’on n’avait pas un peu perdu ça après les années 80 ?
Moi je regrette de dire qu’il y a eu aussi beaucoup de jeu stéréotypé à cette époque. Borg, Vilas, rappelez vous, on s’ennuyait un petit peu. On allait aux toilettes, on buvait un petit coup de champagne, on revenait, ils étaient toujours au vingtième échange. Je me rappelle Vilas, c’etait Tiriac son coach, il lui tendait la raquette à 30 ou 35 kilos, c’était terrible ! Il mettait du poids en tête de raquette pour que la balle pèse davantage, mais c’était toujours la même chose. Alors moi je reste nostalgique parce que j’ai vu du toucher de balle, les Nastase, Panatta, Pietrangeli, tout ça c’était un autre tennis. Et puis on est tombés sur Borg qui a mis un système de jeu en place. C’était toujours pareil. Et puis on ne s’en est pas sorti jusqu’à Bruguera, Courier… C’était le physique, le physique, et ce lift qui a tout révolutionné. Et puis il y a eu les raquettes, le matériel a révolutionné aussi le tennis. Avant les raquettes, vous ne pouvez pas jouer avec ça ! La Donnay de Borg, c’était pas possible, vous ne pouviez pas centrer la balle ! Aujourd’hui chez les garçons, Federer, Nadal , il y a une diversité, ils préparent leur point.
Est‐ce qu’ils n’ont pas obligé tout le monde à rejouer au tennis ?
Voilà. Et si on veut battre Nadal et Federer il faut savoir faire un revers chopé, il faut monter en chop… Regardez, même Roddick à Wimbledon il monte en choppant. Ca devient du tennis et moi j’aime ça. Je n’aime pas les échanges à deux cents a l’heure, taper, taper, taper, à droite, à gauche. Je m’ennuie un petit peu.
Quelle est aujourd’hui votre vision du tennis ? On a la forte impression que le tennis est un sport qui a monté d’un cran son niveau de compétitivité.
Attendez je vais vous dire quelque chose. De mon temps, systématiquement à Roland Garros, à Wimbledon, aux grands tournois, on retrouvait les 8–10 meilleurs en quart en demi. Les premiers tours ils arrivaient avec la cigarette. Il y avait vraiment un écart. Maintenant avec l’évolution du tennis, les jeunes, avec leur entraînement, physique et technique, les premiers tours ce sont les plus difficiles ! Et les autres ont faim, ils n’ont rien à perdre. Là il y a une évolution énorme. Maintenant même Federer il faut qu’il se bagarre dès les premiers tours.
On assiste aussi à une mondialisation réelle de ce sport et un retour de la pratique.
Oui, c’est comme en France on est 1 200 000 licenciés, mais je sais pas combien de joueurs loisir. Dans le monde entier, c’est la même chose. On part en vacances et qu’est‐ce que font le papa, la maman, les petits enfants ? Tiens on va aller courir un petit peu et jouer au tennis. C’est facile il y a des courts partout. Donc mondialement c’est comme le foot, il y a un ballon, on joue dans la rue, on joue sur la plage, on joue n’importe où. Le beach tennis, les raquettes adaptés, avec tout ça on s’amuse. C’est ce que veulent la plupart des gens maintenant, c’est se maintenir en s’amusant. Le mec de 45 ans, il ne veut pas être ridicule. Il veut renvoyer la balle. La chemise mouillée, la douche, il a passé un moment formidable. Il a gagné ou perdu, c’est déjà un match, un petit match. Et ce déclic est venu grâce à Philippe Chatrier quand il s’est battu pour faire rentrer le tennis aux JO. Dès qu’on rentre aux JO, les pays sont obligés de mettre en place une vraie politique pour pratiquer le tennis. Et ça, ça a été un pas en avant grandiose. Il y a des pays qui n’auraient jamais joué. Ils bricolaient, tandis que là des structures sont mises en place pour essayer d’avoir des représentants aux JO d’un certain niveau, donc mondialement connus.
Arrivons justement à cela, il y a des gens, donc vos prédécesseurs qui ont fait beaucoup de choses, est‐ce qu’on peut voir le bilan que vous faites en récupérant la fédération ? Qu’est‐ce qui vous intéresse, et qu’est‐ce que vous allez prolonger ?
Bon bilan financier déjà, c’est important.
Oui, parlons en. Quand on se balade dans les travées des clubs, dans les challengers, on entend « Ouais mais attention la fédé elle est pleine de sous ». Vous répondez quoi à ça ?
Pleine de sous, ça veut dire… Roland Garros. Et sur Roland Garros la communication interne n’est peut être pas assez bien faite. Je pense qu’il faut donner des chiffres : un tiers des revenus vient de Roland Garros. Et ce tiers est reversé aux clubs via les ligues. Les clubs, les ligues mettent en place les entraînements, les bourses, on donne des aides directes aux clubs pour la réfection des courts et tout ça représente une somme d’argent importante. Concernant ce que vous dites, les pratiquants ont l’impression que tout cela fait partie d’une… on va pas dire d’une omerta, mais d’une façon de dire « Tiens c’est un peu comme l’Etat, la Fédération s’enrichit », mais je pense que si elle était plus transparente, le pratiquant moyen y verrait plus clair. Peut être qu’il y a un problème de communication, mais bon il y en aura toujours qui ne sont jamais contents. On a 8500 clubs, c’est sur qu’on ne peut pas donner à 8500 clubs. On a une enveloppe, on essaie de faire le maximum, c’est une volonté fédérale qui a été mise en place depuis de nombreuses années. On va continuer et essayer de l’accentuer. Moi j’étais président il y a 25–30 ans d’un club à Bannières de Bigorre alors je sais ce que c’est. J’ai monté un tournoi Futures, je sais ce que c’est d’aller mendier pour récupérer trois miettes de pain pour faire vivre le club et payer les éducateurs.
Donc vous récupérez un bon bilan financier. Parce qu’on en avait parlé avec Christian Bimes qui disait « Moi j’ai récupéré une ardoise, aujourd’hui je laisse un bon bilan ».
Oui, c’est un bilan positif. Par contre je veux préserver la place des licenciés des clubs dans Roland Garros. On a énormément augmenté nos recettes en supprimant beaucoup de places qu’on a données aux relations publiques. Et vous comprenez bien que si je vends une place 50 euros au licencié qui vient, ravi, sur le Chatrier ou sur le Lenglen, c’est formidable. Mais si j’enlève cette place et que je la vends 500 euros, je vais faire beaucoup de bénéfices. Moi je crois qu’on en est arrivé à un seuil. Il faut trouver un juste équilibre pour ne pas enlever des places supplémentaires aux licenciés.
Cette réflexion est‐elle venue à cause de remarques ?
C’est venu comme ça. Peut‐être que Christian Bimes disait « Il faut des recettes supplémentaires, il faut plus de rentrées » et tant mieux ! Mais moi je dis qu’il y a un juste milieu.
Et là vous vous pensez que par le passé, on n’a pas fait ce qu’il faut…
Attendez, on a supprimé un paquet de places qu’on a données à la BNP, aux relations publiques… Vous allez au village, vous avez compris. Tout ça en contre‐partie des places. Il faut un juste milieu, on a atteint un chiffre qui est raisonnable, grosso modo c’est 120 millions de chiffre d’affaire. Moi je ne veux pas monter à 150 millions au détriment des licenciés. Peut‐être qu’il y aura d’autres solutions, les paris sportifs, les droits télévisés qu’on peut améliorer ; mais dans le système et le stade actuels, on en peut pas monter à 600 000 places
On a justement vu sur votre bureau un rapport officiel sur ces histoires de paris sportifs, quelle est votre vision sur ce sujet ?
Je veux que ça soit régularisé parce que je veux qu’on sache ou on va, que ce soit clair, net et en toute légalité. Ca va apporter un petit peu d’argent en parallèle de la télé. Pas des sommes importantes, je ne pense pas. Ce sera 1 à 1,5%, mais là où on va gagner un petit peu plus c’est s’il y a une société qui est partenaire, une société qui va avoir l’autorisation d’avoir le match en direct. Ca aussi ce sera un revenu supplémentaire important. Nous, on a eu deux procès qu’on a gagnés, on est préparés et toutes les fédérations nous suivent un petit peu parce qu’on est à l’avant garde sur ce dossier.
Sur la télé, il va quand même y avoir un moment important. Des gens comme Canal font une superbe couverture de ce sport…
Oui, et je pense que j’aurais un cas de conscience à donner les droits à Canal+.
Oui, mais vous avez dans le contrat actuel une obligation de diffuseur gratuit et national en tant que fédération sur un événement public. Sauf que quand on voit la couverture de Canal, c’est payant mais on a grosso modo 4 courts en direct, 3 courts sur 3 chaînes.
C’est vrai ils sont forts, mais moi j’aimerais que dans n’importe quel patelin dans la montagne, le maire puisse voir la finale ou d’autres matches. Gratuitement.
Est‐ce que l’idée ça va être de vendre par lots ?
C’est le cahier des charges qu’on est en train de mettre en place. Par lots. Un petit peu comme a fait le foot.
Donc ca serait le Lenglen pour Canal par exemple
Des lots, oui. Il y a Orange aussi.
Ca ne va pas être un peu compliqué de faire des lots selon le programme, les joueurs, les affiches ? C’est Orange qui va décider s’il veut avoir Nadal ?
Oui, ça va être assez terrible, il va falloir qu’ils nous fassent confiance. Celui qui achète le Lenglen, il va nous dire « Nous on veut un grand match, hein ! ». Gros dossier donc. Bien sur France Télévisions veut la totalité, ils ne veulent pas que ça soit partagé. Moi je suis pour le service public, mais je veux aussi que financièrement on s’y retrouve.
Est‐ce que vous ne pensez pas qu’il y a trop d’argent dans le tennis, trop d’argent sur les joueurs, trop d’argent sur les agents ?
Non il n’y a pas trop d’argent, par rapport au foot notamment où je pense que c’est immoral. Les sommes sont… (il ne finit pas sa phrase) Je souhaite que dans le tennis ce ne soit pas le cas non plus. Mais on est un peu plus protégé.
Mais comme vous le dites, c’est difficile de monter un Future et on entend des chiffres sur des tournois qui sont très importants.
Non mais pas en France. Dans les nouveaux sports riches qui mettent le binz’. C’est comme en rugby on a deux, trois fous, ils mettent en péril le rugby. C’est Toulon, le Racing Metro. Ils mettent les salaires à un certain niveau. Alors ces gars du Qatar, Dubai, c’est dommage que…
Mais vous dîtes que vous vous sentez protégé, pour combien de temps ?
Je vais vous dire, on connaît notre potentiel financier chez les organisateurs. Donc je n’ai pas peur en France. Je ne vais pas avoir un fou qui va dire « Roland Garros m’emmerde, je vais faire un tournoi à deux millions. J’installe Tiriac ». Ca je ne pense pas. En même temps on a monté des statuts « Grand Chelem » depuis deux mois. On peut commercialiser déjà la marque ce qui est une garantie pour les quatre Grands Chelems. C’est une garantie, ça s’est fait difficilement mais ça y est, on a les statuts, on a le nom de Grand Chelem qui est reconnu statutairement parlant. Voilà, on a déposé la marque.
Nous aussi, alors faites attention !
(Rires). Mais il y a une autre marque, « Grand Chelem tennis », une société commerciale qui vend des jeux. Justement on est en train de discuter avec eux.
C’est bien, c’est bien, d’avoir tout ça, c’est l’histoire du tennis.
Ce sont les 4 présidents des Grands Chelems qui sont dans ce statut.
Ca veut dire que vous aviez la crainte que quelqu’un vienne essayer…
Oui, de prendre le nom ! Donc en France on n’est pas inquiets, les autres tournois non plus, on aura toujours dans la vie sportive un fou qui viendra à Chelsea, le gars qui arrive avec son argent. Mais en général je crois qu’on atteint des sommes qui sont raisonnables et qui ne sont pas mal pour certains joueurs. Donc je n’ai pas peur de la folie, économiquement parlant.
C’est pour ça qu’à un moment donné vous rachetez le tournoi de Strasbourg. Nous quand on a vu ça, on n’a pas compris.
Parce qu’on veut garder nos tournois en France. On veut les conserver.
Donc ce sont des mesures de protectionnisme ? C’est pour éviter de délocaliser ?
Il y a Strasbourg et Metz. Sur Strasbourg, Lagardère perdait beaucoup d’argent. Heureusement il m’a dit « Je vends, j’aimerais autant vous le vendre à vous pour que le tournoi reste en France ». Il y a deux tournois, je veux qu’ils restent en France. Lyon n’a pas de problème. Je veux parler des deux qui sont un peu limites. On a racheté et j’ai dit au maire de Strasbourg « Trouvez une société qui va gérer » Nous, nous ne sommes pas organisateurs de spectacles, de tournois, à part Roland Garros. On a mis toutes nos équipes à Strasbourg pour cette fois‐là. Ca s’est très bien passé.
Avant c’était la Ligue qui le faisait !
Ah oui mais moi, ça je ne veux plus. On n’est pas là pour ça, je ne veux pas mettre en péril l’argent qu’on va mettre dans cette Ligue pour le mettre dans un tournoi. Je veux que cet argent aille dans les clubs. Donc à Strasbourg, on achète et on va sous‐louer à une société. Et sinon c’est nous qui vendrons, en France. Metz on le garde également, on a fait des appels d’offre. Il y a des gens d’Orléans qui veulent s’en occuper et Lagardere. On veut racheter, et nous on choisira : Metz ou Orléans.
Finalement parlons du tournoi le plus en danger, Roland Garros, on a vu que vous avez pris une position très tranchée pendant la dernière édition au point de menacer de partir de la Porte d’Auteuil si aucune solution n’était trouvée ?
D’abord il y a la date limite : février 2011, l’Assemblée Générale. Là il faut être capable de présenter à tout le tennis français, c’est à dire les représentants des départements de Ligue, trois projets. Premier projet, l’extension avec le Stade Georges Hébert. Nous serons fixés rapidement afin de savoir si la ville de Paris nous accorde les concessions de ce stade et de celles de Roland Garros qui tombent en 2015. Nous voulons aussi être fixés pour savoir combien on va payer pour Roland Garros. S’ils nous demandent 15 briques, 15 millions d’euros, on va réfléchir. S’ils nous demandent 2 millions pour la location des lieux, on ouvrira les discussions. Nous sommes d’accord sur le prix de la concession, mais il y a un point important qu’il va falloir résoudre avant la fin de l’année, c’est cette concession de Hébert. Si la ville de Paris dit non, ça s’arrête. Si c’est bon, ce n’est pas fini. Il y a 3 ou 4 ans de procès avec les riverains. Ca mène à 2015. On le sait. Pour le Lenglen, le permis de démolir, du stade sera attaqué. Et quand le permis de démolir est attaqué, il y en a encore pour un an et demi, deux ans… Recours, appel, simplement pour démolir ! En tout cas, si la mairie de Paris nous signe la concession, on dépose le permis de construire au mois de janvier‐fevrier, et on part pour 5 ans donc rien avant 2015.
Deuxième possibilité qui intègre un a) et un b). Petit a) on rase le Lenglen et on refait un stade couvert de 15 000 places. La ville de Paris doit nous donner l’autorisation de construire au delà de 18 mètres, parce qu’on ne peut pas aller au‐dessus, donc dérogation de la ville de Paris. On rase y compris le CNE (Centre National d’Entraînement) qui doit disparaître. Il faut lui trouver un endroit, un centre d’entraînement moderne, on pourrait voir avec Lagardere, pourquoi pas. Puis grosses discussions pour les terrains au bout de Roland Garros côté rond point du Bois de Boulogne, terrains qui sont à la ville de Paris pour qu’ils soient nous et refaits en terre battue, puisqu’on va en supprimer quelques uns entre le Central et le Lenglen. Et en complément des deux centraux, pendant le tournoi on construit deux courts, un de 10000 et un de 5000 places dans le Bois de Boulogne vers le Petit Jean Bouin. Comme des nomades, on construit, on monte et après le tournoi on démonte.
Et c’est évidemment cette solution que vous allez choisir !
(Sourires) Nous on est un Grand Chelem. Nous avons besoin d’un genre de Wimbledon. Ici on est ennuyé parce qu’on a toute l’administration, on a 300 personnes, 300 employés CDI.
Ca fait beaucoup ? Par rapport au travail ?
A chaque fois qu’il y a quelqu’un qui s’en va, on voit s’il faut le remplacer ou pas. Tout simplement. A Bannière de Bigorre j’ai une petite affaire, j’ai 8 employés, ici on est 300, tous là pour la partie administrative. Il nous manque des espaces pour bien recevoir les joueurs, bien recevoir les licenciés, les clients, les arbitres. Là, on met des Algecos partout, la télévision on les met dans des espaces… pfff…
Oui, ça fait pas très Grand Chelem ? Quand on arrive au players lounge la première semaine, de les voir tous manger les uns sur les autres, il n’y a pas de place, c’est la folie.
C’est la cafeteria de Champion ! Les journalistes, l’entourage, tout le monde est là, on est en entre professionnels et on dit que c’est amical, mais ça ne va pas. Tout ça mérite une grosse réflexion. Parce qu’actuellement moi j’engage la responsabilité du tennis français pour les 30 prochaines années à cause de ce tournoi. C’est comme ça !
Mais au contraire c’est formidable !
Ah oui, je me régale, c’est extraordinaire mais faut pas que je me trompe. (Rires) Donc voilà, on va faire comme à Wimbledon des grands écrans, quelque chose de bien mais pendant 15 jours. Maintenant la 2ème solution, le point b), ce sont les 8 hectares de Bois de Boulogne en bordure de forêt, mais là personne n’y croit.
A cause de l’écologie ?
Non, non, c’est classé et là à mon avis on part pour 10 ans. Il faut une loi qui autorise à prendre un peu sur le Bois de Boulogne. Alors la c’est le bazooka avec tout le monde.
Dommage parce que là par contre il y a vraiment de l’espace.
C’est la meilleure solution, c’est formidable ! Une passerelle et c’est gagné… enfin bref
voilà les a) et b).
Et la troisième solution ?
On part. On part de Roland Garros. On part dans un endroit grand de 20 hectares.
On ne serait plus à Paris alors ?
A Wimbledon j’étais dans un hôtel au centre ville, il fallait 45 min pour aller au tournoi… Eh bien on y allait ! Alors abandonner Roland Garros, j’espère que non. J’avais mes amis, on allait au restaurant, et 5 minutes après, on était au stade, c’était extraordinaire. Mais si on doit s’éloigner, on s’organisera, et les jeunes qui n’ont pas connu Roland Garros, ils iront là‐bas !
C’est moins coûteux et plus facile à faire ?
C’est moins coûteux. Avec des subventions avec tout ce qu’on va avoir, avec 500 millions on fait un Wimbledon bis. On reconstruit un stade, et on va avoir des accords avec le basket, même si on couvrait, même sur Hebert, avec le judo. On peut faire des manifestations, et c’est vrai que j’ai reçu – je ne les aime pas trop parce qu’ils commencent à nous embêter, les associations des défenseurs – je leur ai dit : « Ecoutez, vous êtes contre tout, c’est votre droit. Peut être que je serais avec vous si j’avais un appartement, si j’étais riverain ». Bon je les comprends. « Mais si vous dites qu’on vous embête, je promets qu’on va vous faire des spectacles ici, reggae tous les mois » (Rires) Parce que c’est beau ça ! « Et puis on va vous organiser quelques bagarres. Vous allez voir, vous ne serez pas tranquilles ! ». J’exagère mais a certains moments il y en a marre.
Vous allez engager trente ans du tennis français, mais le grand dossier de votre premier mandat de cette présidence, c’est cette histoire de Roland Garros, non ?
C’est important, c’est vital pour le tennis. Des que j’étais président, j’ai dit qu’ici il fallait sauver le tournoi pendant 5 ans avec une couverture mobile.
Est‐ce que c’est RG qui a pris du retard ou est‐ce que c’est les autres qui sont allés plus vite que nous ?
Ils sont allés plus vite que nous, ils ont moins de problèmes, ils sont chez eux. S’ils construisent, ils construisent. Le dôme qui a été étudié ici, il faut enlever cinq rangées parce qu’il ne faut pas dépasser les 17 mètres à Paris.
Mais les autres aussi ont sûrement des obligations ?
Wimbledon, par exemple c’est un club privé. Non, non, ils n’ont aucun problème. Regardez Flushing Meadows, ils ont décidé de couvrir, ils ne sont pas emmerdés. Si on était à 4 km, peut être qu’on n’aurait pas les riverains. Ca serait plus facile.
Finalement pendant 5 ans vous allez devoir faire du maquillage sur Roland ?
Tout à fait, je vais essayer d’arranger. Regardez là par exemple je viens d’avoir le feu vert.
Qu’est‐ce que vous faites ?
Des bureaux. Pour redonner de la place aux joueurs et aux accompagnants, on va aménager tout cela pour qu’ils soient plus à l’aise. Parce qu’actuellement, vous avez remarqué, ils arrivent à combien ? Sept ou huit. Avant, il y avait un joueur et c’est tout ! Maintenant il y a le papa, la tati, le tonton, il y a tout le monde ! (Rires.) Donc il faut aménager, récupérer de la place. On fait des bureaux, là et ça nous coûte les yeux de la tête. Parce qu’on va en souterrain. On est obligé parce qu’on n’a pas d’espace. J’ai également dit priorité aux sanitaires. J’ai dit que l’année prochaine je voulais des sanitaires de partout. « Trouvez des solutions ». Mais pour faire des sanitaires sous les courts du CNE, interdiction. J’ai dit « C’est pas possible ! On ne peut pas construire dessous ». Voilà où on en est. On est limités.
Parlons compétition. Première question, il n’y a toujours pas un Français qui a gagné Roland Garros depuis 1983.
On veut gagner Roland Garros, on ne s’est pas donné les moyens.
C’est à dire ? Les moyens techniques ? Les moyens financiers ?
Regardez tous les centres de ligue où les gosses s’entraînent à 5 ans. D’ailleurs où est‐ce que vous étiez, vous ?
Moi j’étais au Stade Français, donc je jouais sur des terres battues.
Sur 30 ligues françaises, on en a 95% qui jouent sur dur. Donc quand on est petit, on commence à jouer sur dur ! Alors on va essayer de mettre 50% de terre dans chaque ligue. Voilà. Et les jeunes vont s’entraîner sur des terres battues ! Et peut‐être que dans 10 ans ces gosses qui auront l’habitude de jouer sur terre battue, ils pourront passer sur dur et ils seront prêts. On va se donner des moyens. Chaque fois qu’il y aura une réfection, on donnera de l’argent et on mettra une terre battue. Pourquoi il y a du dur ? Parce que la terre battue ça coûte cher en entretien ! Alors on va donner les moyens aux ligues d’entretenir ces courts.
Et puis la terre battue permet de jouer sur gazon aujourd’hui. (rires)
Pardon mais il y a un truc, on veut aussi essayer de réfléchir sur le tennis loisir. 60 à 65% des gens dans les clubs jouent au tennis loisir. Et ça moi j’y tiens. On est train de réfléchir à la façon de fidéliser ce tennis loisir. Comme je disais tout à l’heure, c’est un peu « Je veux jouer contre toi, je veux gagner ». Et bien on veut essayer de faire un classement. « Tiens j’ai gagné en 3 heures, en 1 heure, en 5 jeux, en 3 jeux en 9 jeux. Je m’en fiche. On a joué. Et je rentre ma victoire sur Monsieur X. Terminé ». Il faut qu’il y ait un classement pour donner envie aux gens de continuer à faire du tennis. Et ils font de la compétition comme ils veulent. Ils jouent, ils s’amusent, comme ils veulent. C’est eux qui décident.
Mais qu’est‐ce que vous pensez vous de l’évolution du classement. Aujourd’hui il y a des 30⁄5. Moi quand j’etais jeune il y avait des 15–5 et basta.
Il faut s’arrêter à 40. S’il y a un classement à 40, il y en a assez. (rires.) Mais c’est la carotte. C’est la carotte ! Moi je me souviens quand j’étais président à Bannières de Bigorre, les premiers classements à 30⁄1, 30⁄2, c’était sur présentation du président de club.
C’est une bonne politique ça ou pas pour fidéliser ?
On a fidélisé les joueurs, ils ont un petit classement, ils essaient de maintenir leur petit classement, c’est pas mal.
Et sur le club, aujourd’hui, toute la politique a consisté à dire, un village, un club, deux courts, l’image de ces courts abandonnés avec un petit chalet où il n’y a personne, l’image du club qui n’est pas un club. Il y a beaucoup de clubs qui ne sont pas des clubs ! 8500 clubs c’est bien mais.…
Je suis en train avec la ligue de Midi Pyrénées de lancer des regroupements de clubs. Pas une fusion, je préfère parler de regroupement parce que chacun a son truc dans son village.
Donc une sorte de communauté de communes de clubs ?
Voilà. Et je pense que ça c’est surtout pour professionaliser davantage le tennis, et donner davantage de moyens aux Brevet d’éducateur.
Donc un BE bosserait dans plusieurs clubs. Avec un seul contrat.
Voilà. Il serait prof de tennis avec une association spécifique avec les présidents des clubs concernés. Et ces personnes emploient ce Brevet d’Educateur. Moi j’ai un centre de formation, j’ai 58 BE embauchés.
Est‐ce que les présidents sont formés pour tout ça ?
C’est nous. Moi dans les clubs, j’ai des gars qui vont vendre le projet, l’expliquer, communiquer à ces présidents qui ne savent rien.
Alors autre chose également, c’est les 16 ans‐18 ans
Je veux m’occuper des 16 ans‐18 ans, leur donner les moyens, les accompagner dans les tournois parce que c’est là où ils éclatent, c’est là qu’ils ont besoin d’argent, c’est là qu’ils doivent partir à l’étranger pour faire des tournois, même en France pour aller faire des Challengers, des Futures. Ca coûte cher et moi je voudrais leur donner les moyens à ces jeunes, par le club, avec un programme bien sûr et des objectifs et tout ce qui s’en suit. Ca c’est pour les 16–18 ans. Et pour les tout jeunes, je veux qu’ils restent le maximum dans leurs clubs. Je ne veux pas qu’ils partent à 12 ans dans des pôles.
Qu’est ce que vous répondez a ceux qui disent que le budget de la DTN française est équivalent à tous les budgets des autres pays européens pratiquement, et qu’elle ne sorte finalement que très peu de champions ?
Oui c’est vrai, c’est exact, et c’est peut‐être une réflexion qu’on doit avoir. C’est vrai, on a les moyens. Mais même moi j’avais dit : « Ecoutez on va pas s’embêter avec le budget de la DTN on va en acheter 3 ou 4, les meilleurs Ukrainiens… »
Ca veut dire que vous remettez en cause la politique de la DTN ?
Non mais pour moi il y a un autre concept. Moi je veux que les Pôles France existent toujours mais egalement que ce soit un endroit ou il y ait beaucoup de jeunes de tous les coins qui viennent faire des stages de 8 jours, 10 jours, de la ligue des Pyrénées, de Provence, et qui puissent jouer entre eux. Et donner des moyens aux clubs, pour leur donner les moyens de suivre les enfants jusqu’à 13 ans‐14 ans. A 12 ans si vous n’êtes pas au Pôle France, qu’est‐ce qu’on fait de ces jeunes ? Ils sont largués et comme ils peuvent zapper facilement, ils vont faire du karaté, du golf, ils sont tristes.
Pour finir, on voudrait parler de Lagardere, de Mouratoglou. Qu’est‐ce que vous tirez de positif des initiatives de ces gens là ?
Moi je suis content qu’ils s’intéressent au tennis.
Vous allez faire quoi avec eux ?
Alors déjà, se piquer les joueurs, ça ne veut rien dire. Parce que si demain Gasquet, Monfils… (Il réfléchit) un Français gagne, il sera passé par un club à l’âge de 8, 9 ans, 10 ans. Ensuite c’est un problème de financement. C’est un problème de forme qu’on va avoir. Je suis en train de réfléchir mais je vais étudier à l’Assemblée juridique une idée qui m’est venue comme ça de professionnaliser le tennis. C’est important.
C’est un scoop ça. C’est à dire ?
Je vais vous expliquer. Ces jeunes ils vont chez Lagardere ou chez Mouratoglou qui s’est rendu compte du principe « Je viens avec vous parce que mon entraîneur est chez vous ». Et apres qu’est ce qu’on fait ? et surtout qu’est‐ce qu’on fait de l’entraineur s’il n’accroche plus ? Et c’est élémentaire ! Ce sont les affinités entre joueurs et entraîneurs ! Et ça ça existera toujours. Nous ce qui nous intéresse c’est la base. Mais à 16 ans qu’il aille chez Lagardère, c’est formidable ! Nous on n’aura pas cet argent à donner dans le club ou au joueur. C’est un tout. Celui chez qui il va on s’en fout, on s’en fout. Donc ce que je voudrais c’est qu’a 16–17 ans il y ait une structure à part, on puisse dire au gars : « Voilà, tu veux être professionnel ? Voilà ce qu’il te faut, on te met à ta disposition un préparateur physique, un entraîneur ». C’est un coach qu’on va lui faire choisir parmi un panel d’entraîneurs. Et le gosse il va choisir.
C’est une sorte d’académie au sein de la DTN ?
On va bien le payer, l’entraîneur, mais il n’a pas l’assurance de l’emploi. Si demain le gosse ne veut plus de lui, dehors. Et on en prend un autre. Le gosse il est avec nous jusqu’à 20 ans‐25 ans.
C’est la dernière question et vous pouvez répondre ou ne pas répondre. Chaque fois qu’il y a un président qui vient, il met aussi ses hommes en place. Il y a des bruits qui courent, on va changer lui, lui et lui.
Pour l’instant on va changer une personne, il y aura une autre personne qui va être changée, qui n’est pas à la DTN, qui est dans le business
Publié le lundi 28 septembre 2009 à 12:26



