Natalie Piquion, ex‐top 200, sélectionnée avec la France pour le Master’U BNP Paribas 2012
Le Master’U BNP Paribas débute vendredi, à Aix‐en‐Provence. Cette compétition n’est autre qu’une mini‐coupe du monde universitaire, regroupant huit nations. Créée en 2006 par la FFSU (Fédération Française du Sport Universitaire), la FFT et BNP Paribas pour valoriser le tennis universitaire, cette compétition semble avoir trouvé son rythme de croisière. Petit point avec Damien Bardot, Directeur de la Communication de la FFSU, à l’approche de cette septième édition.
Le Master’U BNP Paribas se déroule du vendredi 7 décembre au dimanche 9 décembre au Country Club Aixois, à Aix‐en‐Provence. Le tirage au sort aura lieu le jeudi 6 décembre, ainsi qu’un défilé dans la ville d’Aix ce même jour. Plus d’infos sur le site officiel : https://web.archive.org/web/20160305232131/http://www.master-u-bnpparibas.com/cmsms/
Pour nos lecteurs qui ne connaissent pas forcément cette compétition, le Master’U, c’est quoi ?
En fait, c’est une compétition internationale universitaire qui propose un mélange entre Fed Cup et Coupe Davis. Huit nations s’affrontent à partir des quarts de finale. Cette année, par exemple, on retrouve la France, l’Allemagne, la Chine, la Grande‐Bretagne ou les Etats‐Unis, les tenants du titre. C’est un événement mondial unique, il n’en existe pas de similaire en‐dehors des Jeux Olympiques Universitaires. On a donc une mission importante ! (Rires)
Vous parlez de mission… Il s’agit de valoriser le sport universitaire ?
Exactement ! On veut montrer l’excellence du tennis universitaire. Montrer qu’il est possible de mêler les études et le sport. Montrer ce qu’on appelle la double excellence : la possibilité de mener une carrière de haut niveau en n’ayant pas négligé ses études. Et puis, il y a aussi la dimension internationale. Echanger avec des personnes de cultures différentes et apprendre de leurs modèles. C’est un laboratoire formidable.
Concrètement, comment se passent les rencontres ?
C’est plutôt simple. Chaque nation engagée a sélectionné trois joueurs et trois joueuses. Les rencontres se déroulent au meilleur de sept matches : deux simples Messieurs, deux simples Dames, un double Messieurs, un double Dames et, en cas d’égalité, un double mixte décisif. C’est une vraie particularité et c’est généralement apprécié. Lors des deux dernières éditions, les finales se sont conclues avec les doubles mixtes. Autant dire que c’était serré… Cette année, les matches débutent le vendredi 7 décembre et la finale se joue le dimanche 9.
Quel type de joueurs qui disputent le Master’U ?
Oh, des profils très variés ! On a eu Julie Coin, par exemple, qui a été 60ème mondiale et qui a battu Ana Ivanovic, numéro un mondiale, en 2008. Mais il y a eu aussi Beatrice Capra, l’une des grandes espoirs du tennis américain. Elle avait atteint le troisième tour à l’US Open. Chez les Russes, Ekaterina Bychkova était présente en 2008. Elle a été 66ème au classement WTA. Mieux, la même année, il y avait un jeune de 18 ans… Evgeny Donskoy. Aujourd’hui, il est dans le top 100 et demeure un vrai espoir pour le circuit pro. On suit d’ailleurs avec bonheur l’évolution des joueurs qui ont joué notre tournoi. Chez les Français, j’ai oublié Charles Antoine Brézac qui a joué deux trois éditions. C’est quand même un garçon qui a été médaillé de bronze aux Universiades, ex‐240ème mondial et vainqueur de plusieurs titres sur le circuit ITF. Mais, surtout, il a poursuivi en parallèle des études de droit et réussi son concours d’avocat. Il résume bien les profils qu’on trouve au Master’U : ce sont des joueurs et des joueuses qui parviennent à gérer l’aspect du sport et des études. Comme on dit, des jeunes qui ont à la fois la tête et les jambes, un esprit sain dans un corps sain.
Julie Coin, Evgeny Donskoy ou Beatrice Capra, anciens participants
Et cette année, quels sont les participants ?
Pour être exact : la France, les Etats‐Unis, la Grande‐Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande, la Chine et la Russie. Quant aux joueurs et joueuses… Natalie Piquion, par exemple, qui a été dans le top 200. Amy Bowtell, numéro un irlandaise. De jeunes joueuses américaines, ainsi que de nombreux joueurs qui ont été classés dans les 600 meilleurs mondiaux. Le tout sous l’égide de Pascal Maria, notre arbitre, que vous connaissez forcément et qui est très attaché à l’événement. Il a dirigé plusieurs finales de Grand Chelem, ça place un personnage ! Enfin, Sébastien de Chaunac est notre parrain. C’est un local de l’étape qui symbolise parfaitement notre démarche. Il fait des études universitaires aux Etats‐Unis, avant d’être pris à HEC. Tout en travaillant sa carrière personnelle.
Comment se passe l’organisation ?
C’est une compétition organisée par des étudiants pour des étudiants. On en fait un laboratoire de formation, puisqu’on travaille, à chaque fois, avec une école ou une université qui mobilise des jeunes pour travailler en amont sur l’organisation et la communication. On veut que ce soit aussi une expérience de formation. Le tout en faisant en sorte que l’événement soit parfaitement professionnel.
Et la sélection des nations ?
Ce sont les meilleures qui sont sélectionnées sur la base d’un classement et des leurs résultats lors des éditions précédentes. Le ranking de leurs joueurs est pris en compte. Au début, on avait six nations engagées. On est passés à huit, mais je ne pense pas qu’on ira au‐delà, ça imposerait un nouveau format, d’autres infrastructures… Il y a un certain turnover au niveau des pays. D’ailleurs, on aimerait bien qu’un pays d’Amérique du Sud nous rejoigne, pour encore mieux représenter les continents.
Vous sentez un engouement du public ?
Et comment ! L’année dernière, 1500 personnes sont venues le week‐end, pour les demi‐finales et la finale. Au passage, je rappelle que l’entrée est gratuite. A Aix‐en‐Provence, on bénéficie d’un cadre assez magnifique… Profitez‐en !
Les Etats‐Unis, ça reste une référence pour le sport universitaire ?
Non, on ne peut pas dire que ce soit une référence. C’est plutôt un OVNI, un peu à part et unique au monde. C’est un fonctionnement qui n’a rien à voir avec le nôtre, c’est comme s’ils n’avaient pas de maillage fédéral. On est très loin de tout ça, nous, on travaille beaucoup avec l’ensemble associatif. Mon vrai regret, c’est que le sport ne soit pas assez considéré dans le monde scolaire. Il faut continuer à se battre pour démontrer l’intérêt la richesse du sport universitaire. Des événements comme le Master’U y contribuent…

Publié le lundi 3 décembre 2012 à 19:00



