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Pierre Cherret : « C’était le rôle de la FFT de créer une tournée pour les joueurs français »

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Cet entre­tien a été réalisé dans le numéro 75 de notre maga­zine sorti il y a une semaine.

Le direc­teur tech­nique national revient pour We Love Tennis Magazine sur la genèse du Challenge Elite FFT, tournée orga­nisée par la Fédération fran­çaise de tennis dans le cadre d’un plan de soutien de 36 millions d’euros.

Pouvez‐vous nous en dire plus sur la manière dont l’idée du Challenge Elite FFT a vu le jour ?
Très tôt, lors de la crise sani­taire, Thierry Ascione, avec qui nous travaillons, nous a sensi­bi­lisés sur l’idée de préempter la longue période de pause qui s’annonçait. Cela nous a permis de bien préparer le tout, de nous fixer un calen­drier, de commencer à en parler aux joueurs, aux coachs, mais aussi de trouver les clubs qui allaient pouvoir nous accueillir. 

Quel a été l’accueil réservé à cette initia­tive ?
Ultra‐positif, car tout le monde a clai­re­ment envie de jouer, s’entraîner dans de bonnes condi­tions, retrouver l’adrénaline de la compé­ti­tion. Les cham­pions vivent pour cela. Il fallait donc trouver une solu­tion dans la mesure où l’on ne savait pas vrai­ment quand le circuit allait pouvoir redémarrer.

Maintenant, c’est le cas.
C’est vrai et nous atten­dions aussi ce calen­drier pour pouvoir caler de notre côté les dates, mais aussi la surface. Cette tournée est donc aussi une véri­table prépa­ra­tion pour les échéances qui arrivent. Quelque part, c’est un camp d’entraînement itiné­rant pour nos meilleurs joueurs. Nous joue­rons donc sur dur avec en ligne de mire l’US Open. Il devrait logi­que­ment faire beau, nous serons vrai­ment proches des condi­tions de la tournée améri­caine en août.

Ce circuit est donc réservé aux Tricolores ?
Oui, exclu­si­ve­ment, et il n’y aura pas de cas parti­cu­lier. Il doit permettre à notre élite de se sentir soutenue. C’est le rôle de la DTN et donc de la FFT d’être là dans cette période compli­quée. Cette tournée s’inscrit aussi parfai­te­ment dans le plan de soutien et de relance de 36 millions d’euros qui a été voté par le comité exécutif. De plus, elle sera une belle vitrine du tennis de haut niveau. Enfin, le fait d’impliquer les clubs est un vrai signe positif que nous donnons.

C’est-à-dire ?
Le club est le poumon de la pratique du tennis. Au plus haut niveau comme dans la pratique loisir, c’est là que ça se passe. D’ailleurs, paral­lè­le­ment au Challenge Elite FFT, nous avons entre­pris un travail pour relancer le circuit CNGT. Des tour­nois qui avaient été annulés ont été repro­grammés, car il faut aussi penser à tous les joueurs, pas seule­ment ceux qui font partie du Top 250. Les tour­nois du CNGT ont toujours fait partie de l’écosystème. Certains ont été dure­ment touchés par la crise sani­taire. Là encore, il fallait prendre des déci­sions rapides et recons­truire ce qui avait été détruit.

Pourquoi avoir fait le choix d’un format sous forme de poules avec des matchs en deux sets gagnants et super tie‐break ?
Cela répon­dait à deux exigences. D’un côté, le fait de pouvoir matcher et de ne pas rentrer tout de suite dans un format à élimi­na­tion directe ; de l’autre, ne pas prendre le risque d’avoir des duels trop longs. Après une longue période d’inactivité, il faut abso­lu­ment respecter des proto­coles pour ne pas contracter une bles­sure. C’est donc une reprise progres­sive et inten­sive, tout en prenant certaines précautions. 

Avez‐vous l’assurance que les meilleurs seront présents ?
Les inscrip­tions sur chaque étape sont ouvertes à tous, comme pour un tournoi clas­sique. Le cut se fera donc en fonc­tion des places dispo­nibles selon son clas­se­ment. Chez les hommes, nous aurons vingt inscrits et quatre invi­ta­tions. Côté femmes, dix inscrites et deux invi­ta­tions. Ce qui fera huit poules de trois chez les hommes et quatre poules de trois chez les femmes. À l’issue des poules, le tableau démar­rera par les quarts de finale. Chaque étape de la tournée se dérou­lera sur une semaine avec des plages de repos suffi­santes entre les matchs. Nous sommes donc dans un mode tournoi qui induit une dyna­mique et des réflexes que les athlètes connaissent bien.

À notre connais­sance, aucune compé­ti­tion comme celle‐ci n’est orga­nisée par une fédé­ra­tion dans les autres pays.
Il y a de vraies simi­li­tudes avec ce que la Grande‐Bretagne a mis en place, mais par rapport aux autres initia­tives euro­péennes, nous sommes dans le format presque clas­sique d’une exhi­bi­tion avec un soutien plus privé qu’institutionnel.

Et au milieu de tout ça, il y a l’ovni UTS…
L’UTS est inno­vant, les tests qui y sont faits sont inté­res­sants. De plus, les joueurs présents ont pu taper la balle dans de très bonnes condi­tions, et les règles sani­taires sont respec­tées comme il se doit. C’est aussi l’une de nos préoc­cu­pa­tions majeures pour ce Challenge Elite FFT.

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