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Simon : « Plus solide »

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Décidément, Gilles Simon est en train de devenir la bête noire de Fabio Fognini : il s’im­pose face à l’ita­lien pour la 3e fois en autant de semaines consé­cu­tives (6÷3 ; 62). C’est un Ivan Ljubicic en grande forme qui se dresse sur sa route au prochain tour. L’occasion de venger son pote Tsonga, sorti hier par le géant Croate?…

Gilles, tu as désor­mais récu­péré quelques repères sur terre battue ?
Ce que je fais sur le terrain est plus consi­tant. Sur terre battue, on a toujours l’im­pres­sion de pouvoir faire mieux, on est un peu plus exigeant. Mais c’est vrai que dans l’en­semble, c’était beau­coup plus solide.

Comment fait‐on quand on joue le même mec trois semaines d’affilée ?
Je trouve ça plutôt agréable, surtout quand on a gagné les deux premières fois… Au moins, je savais à quoi m’at­tendre, connais­sais vrai­ment bien son jeu. Ces 3 dernières semaines, je l’ai beau­coup observé. Je pense que ça m’a rendu les choses plus faciles, je savais ce qui allait se passer, et j’ai réussi à plutôt bien poser mon jeu, donc ça s’est bien passé.

Fognini : l’un des joueurs les plus fous du circuit ATP ?
Je ne pense pas qu’il soit fou. C’est aussi l’une de ses parti­cu­la­rités : il est vrai­ment surpre­nant, change souvent de tactique (et, malheu­reu­se­ment pour lui, il change beau­coup trop d’in­ten­sité en même temps). Mais ça le rend diffi­cile à jouer (à certains moments, je sors un peu du match moi aussi): il y a des passages où il est bien dedans, frappe fort, avance. D’autres où il attend, est très solide en défense égale­ment. Mais parfois il se perd dans tout ça… Après, quand tu regardes bien, Fognini fait son tournoi. Il se qualifie, bat des bons joueurs… C’est toujours bien de passer des tours. Un joueur qui est 50e, s’il gagne un match sur deux, reste 50e. Un match sur deux, ce n’est pas beaucoup ! 

Tu avais quitté Rome un peu débous­solé, comment t’es tu préparé pour retrouver ton jeu, tes repères, ta confiance ?
ça passe par les matches. Arriver à accro­cher des victoires. Au premier tour, je gagne, mais ça aurait pu plus mal se passer… Finalement, remporter un match, deux matches, en jouer un troi­sième… Enchaîner sur cette semaine… C’est vrai que je me sens plus à l’aise sur le terrain. Bon, du coup, physi­que­ment, ça devient dur aussi car j’ai des petits bobos un peu partout que je n’ai pas le temps de soigner. Mal au bras, le genou doulou­reux, une grosse ampoule sous le pied droit. A force d’en­chaîner, ça s’ac­cu­mule. Mais aucun problème majeur, rien qui ne m’empêche défi­ni­ti­ve­ment de jouer. Si je suis parfois un peu irri­table sur le terrain, c’est aussi en partie pour ça… En tout cas, à mon avis, l’im­por­tant est de se sentir bien sur le terrain, bien dans ses matches.

Que penses‐tu de ce Masters 1000 de Madrid ?
C’est une première édition, donc c’est toujours diffi­cile. Il faut voir comment cela se passera par la suite. C’est vrai qu’il y a pas mal de choses à améliorer encore sur ce tournoi, mais bon, comme je le disais, c’est la première fois que cela se passe ici. Il y a les infra­struc­tures pour que ce soit bien, ça devrait être mieux les prochaines années.

Comment abordes‐tu ton prochain tour face à Ivan Ljubicic ?
Ce n’est pas évident, car ce n’est pas parti­cu­liè­re­ment un joueur que j’aime jouer. Il joue beau­coup mieux depuis le début de la saison. A retrouvé beau­coup de faci­lité au service, tient du fond de court sans faire de folies, est plutôt solide, donne très peu de points. C’est un joueur diffi­cile à battre. Les jours où il est bien, il est dur à breaker. Du fond, il te fait jouer, jouer, jouer, mais ne fait vrai­ment aucune folie sur terre. Son jeu est certes moins surpre­nant que celui de Fognini, mais effi­cace. Il faudra, dans tous les cas, faire un bon match pour passer, et surtout essayer de le relancer un maximum. 

En direct de Madrid

A propos de l’auteur

Krystel Roche

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.