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Rafael Nadal part en reconquête

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Indian Wells. Son désert. Ses chaleurs harassantes. Sa verdure improbable au milieu de nulle part. Et ses vainqueurs, tous différents depuis 2010. L’année dernière, Rafael Nadal avait succédé à Ivan Ljubicic, Novak Djokovic et Roger Federer au palmarès. Ce tournoi avait marqué son retour au premier plan, après quelques titres glanés sur terre battue, en février. Mieux, il avait prouvé que le Majorquin pouvait encore s’imposer sur dur, malgré les problèmes de ce dernier au genou gauche l’ayant éloigné des courts sept mois durant en 2012. Mais parviendra‐t‐il à défendre son titre en 2014 ? La question ne semble pas avoir de réponse ferme, tant il y a d’incertitudes après ce début de saison surprenant. Les journalistes de la Rédaction ont quand même tenté d’y voir plus clair…

Rafael Nadal candidat à sa propre succession ? Evidemment oui !

Nombre d’arguments plaident en faveur du Majorquin. Le numéro un mondial a déjà remporté le tournoi à trois reprises : l’an dernier dispo­sant de Juan Martin Del Potro en finale, en 2009 contre Murray et en 2007 face à Djokovic. Il apprécie donc parti­cu­liè­re­ment ce tournoi. Cette année, le parcours qui lui est proposé n’a rien d’aussi alar­mant que ce que l’on veut faire croire. Il pour­rait affronter Radek Stepanek qu’il a battu lors de leurs six confron­ta­tions. Puis, il pour­rait défier Alexandr Dolgopolov qui a perdu ses cinq matches face à Nadal. Autre joueur qui pour­rait se mettre en travers de sa route : Fabio Fognini, qui ne l’a jamais battu en trois rencontres. Ou encore Gaël Monfils – mais ses statis­tiques ne sont pas très encou­ra­geants. Il a perdu dix de ses douze matches contre l’ogre espa­gnol. Autrement dit, Rafael Nadal semble avoir les armes pour s’octroyer une place quart de finale, sans trop de diffi­cultés, avant que les choses sérieuses ne commencent réellement. .

L’Espagnol, diminué physi­que­ment selon certains, a tout de même atteint la finale de l’Open d’Australie et gagné les tour­nois de Doha et Rio cette année. Il est en grande forme, quoi qu’il puisse en dire, quoi que l’on puisse entendre. Mieux, s’il n’est pas à 100% en ce moment comme on veut bien l’en­tendre, on ne peut que s’ef­frayer de ce que serait son parcours ou sa qualité de jeu dans les moments où il serait en pleine confiance… Son coup droit de gaucher dévas­ta­teur constitue toujours une arme que personne n’arrive réel­le­ment à contrer. Son mental et son endu­rance sont autant d’atouts qui font de lui, un joueur à part. Enfin, ses prin­ci­paux rivaux ne sont pas au meilleur d’eux-mêmes non plus. Novak Djokovic n’a pas encore obtenu de titre cette saison. Roger Federer a, quant à lui, gagné à Dubaï, mais tout le monde sait que Nadal est sa bête noire…

Au final, Rafael Nadal reste Rafael Nadal, soit le numéro un mondial et donc le grand favori à Indian Wells.

Arthur Vernassière

La victoire pour Nadal ? Pourquoi pas, mais ce sera compliqué

Après ses quelques pépins physiques de l’Open d’Australie, Nadal avait fait le choix de faire une petite coupure pour mieux récu­pérer, choi­sis­sant l’ATP 500 de Rio, sur terre battue, pour faire son retour. Retour réussi, puis­qu’il remporta le tournoi. Il n’a cepen­dant pas battu meilleur joueur qu’Andujar, 40ème à l’ATP : diffi­cile, donc, de le situer par rapport aux autres cadors. Pour conserver son titre à Indian Wells, il devra faire fort, très fort. Il a en effet hérité d’une partie de tableau assez relevée, où il pour­rait, dès les premiers tours, croiser la route de joueurs en forme comme Dolgopolov, Monfils ou Fognini. Toutefois pour un joueur comme Nadal qui hausse son niveau de jeu lors des grands rendez‐vous, cela ne devrait pas poser de problèmes. En quarts de finale, il pour­rait tomber sur le British Andy Murray, ce qui consti­tue­rait son premier gros test depuis sa demie contre Roger à Melbourne. Pour autant, Murray n’a pas encore retrouvé son meilleur niveau suite à ses problèmes de dos et peut laisser pas mal de doutes quant à sa capa­cité à gêner le Majorquin. 

En demies, ce dernier affron­te­rait un homme en forme : Wawrinka ou Federer, si tout se passe bien pour eux. Ce serait « The Match » à ne pas manquer s’il veut conserver son titre dans le désert cali­for­nien. Contre Wawrinka, il reste sur une défaite en finale de l’Open d’Australie, même s’il était blessé. Avant cette fameuse finale de Melbourne, Nadal n’avait jamais perdu le moindre set contre Wawrinka et faisait perdurer une forme de supé­rio­rité natu­relle dans leurs affron­te­ments. Difficile de déter­miner l’issue d’un tel match, même si Nadal parait bien disposé pour le remporter s’il avait lieu. S’il venait à rencon­trer Federer, le cas serait bien diffé­rent : malgré la bonne forme de Roger, Rafa possède un indé­niable avan­tage psycho­lo­gique. Face à lui, le Suisse paraît même souvent battu d’avance, comme leur demie en Australie a encore pu le prouver. L’Espagnol n’a plus perdu contre son aîné depuis deux ans… Bref, une situa­tion plutôt posi­tive pour lui ! 

Cette demie consti­tuera, selon moi, le point d’in­flexion de son tournoi. Evidemment, « il faut prendre les matches les uns après les autres », etc. Mais perdre avant le dernier carré ? Je n’y crois pas. Or, si jamais l’ogre de Manacor parve­nait à passer cet obstacle, il aurait de grandes chances de conserver son titre face à une partie basse du tableau beau­coup moins relevée. Reste Novak Djokovic. Certes sur dur il est moins avan­tagé face à Nole, mais le jeu de Nadal en exté­rieur est bien plus effi­cace qu’en indoor, lieu de leur dernier affron­te­ment. Mieux, le Serbe n’a pas encore convain­cant, ni réussi de match réfé­rence en 2014. Quoi qu’il en soit, Nadal devra faire preuve d’une régu­la­rité et d’un niveau exem­plaires pour triom­pher sous le soleil de Californie.

Antoine Boddaert

Non, le favori, c’est… Djokovic

Les talents de divi­na­tion, ça ne s’in­vente pas. A ce jeu‐là, on ne peut d’ailleurs pas dire que je fasse partie des meilleurs, ma certi­tude de voir Rafa s’im­poser à Monte‐Carlo l’année dernière sonnant le glas de ma crédi­bi­lité. Et de ma fierté meur­trie. Peut‐être manqué‐je d’en­traî­ne­ment… Egorger les poulets, relu­quer les piafs ou trifouiller dans les entrailles d’un mouton inno­cent n’ont jamais été mes passe‐temps favoris. Mais, à l’heure de m’at­ta­quer au tournoi d’Indian Wells, j’ai tout de même quelques certi­tudes. La première, c’est que Rafael Nadal n’est pas au mieux. Certes, il n’est pas toujours facile de décrypter ses mots, garnis du verni de la concen­tra­tion et de l’hu­mi­lité. Ou de la peur de perdre… Quand on ne sait plus si le physique est bon ou non et que la ques­tion revient aussi régu­liè­re­ment, ne reste qu’une conclu­sion : le Majorquin joue avec la douleur, point barre, et la surpasse souvent, mais a aussi montré qu’il pouvait échouer et baisser pavillon face à elle en finale d’un Grand Chelem. Néanmoins, la vérité du terrain, elle, est beau­coup plus parlante. Or, on ne peut pas dire que le numéro un mondial soit parti­cu­liè­re­ment convain­cant sur le court en ce début d’année. Il gagne, certes, la plupart du temps et c’est bien l’es­sen­tiel. Mais il semble aussi en déli­ca­tesse de façon récur­rente, comme face à Pablo Andujar à Rio, face à Grigor Dimitrov ou Kei Nishikori, à Melbourne. Pis, comme l’af­firme Tomas Berdych, sa défaite en finale de l’Open d’Australie ou, plutôt, la victoire de Stanislas Wawrinka a décoincé la troupe serrée des pour­sui­vants. Ils y croient ! Sur dur, tout est possible…

La deuxième ? Ce sont les autres. Les autres, ou le tableau d’une part. Dolgopolov, Fognini ou Monfils, Murray ou Raonic, Federer ou Wawrinka. Evidemment, chacun d’entre eux, malgré les formes et dyna­miques du moment, ne va pas forcé­ment perturber l’Espagnol. Non. Mais l’ac­cu­mu­la­tion, avec toute l’in­cer­ti­tude qui entoure ces joueurs et leur capa­cité à renverser le numéro un, cette folie qui peut les amener à sortir un grand match, pour­raient avoir raison de lui. Ou lui ôter ses assu­rances à l’heure d’af­fronter, par exemple, Novak Djokovic en finale. Car, ce dernier n’est pas en méforme, non. Certes, son ratio de sept victoires et deux défaites en 2014 n’a rien d’ex­cep­tionnel. Mais s’in­cliner face à ce Stanislas Wawrinla‐là, face à ce Roger Federer‐ci, cela n’a rien de désho­no­rant. Evidemment, Nole manque actuel­le­ment de constance et de volonté dans les rencontres les plus accro­chées. Et manque surtout de matches. Des matches, il en aura, à Indian Wells. Le garçon a déjà gagné ce tournoi deux fois et s’y sent plutôt bien. Son parcours poten­tiel semble assez inté­res­sant, avec des adver­saires rugueux mais loin d’être insur­mon­tables. Sa dyna­mique extra­or­di­naire en fin d’année dernière n’est pas si loin, non… Alors, oui, son premier titre en 2014 pour­rait bien célé­brer l’avè­ne­ment du printemps…

RCV