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Roger Federer a retrouvé le goût de la victoire

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Roger Federer débute sa campagne améri­caine samedi soir. D’abord Indian Wells, ensuite Miami. Fort d’une confiance retrouvée, d’un physique à nouveau conqué­rant, le Suisse est apparu gonflé à bloc, hier, en confé­rence de presse. De l’am­bi­tion et des objec­tifs plein la besace, il se confie sur ses attentes avec un maître‐mot : le plaisir.

« La victoire aide sans aucun doute et booste la confiance pour jouer à un très bon niveau. Maintenant, c’est impor­tant que je continue de me sentir bien physi­que­ment pendant et à l’issue du tournoi. Mentalement, je suis vrai­ment motivé pour jouer ici, à Indian Wells. » Tout est dit. Physiquement et menta­le­ment, Roger Federer se sent bien. En confé­rence de presse, hier, le Suisse a fait le point sur son actua­lité et ses ambi­tions dans les tour­nois à venir. Son objectif : surfer sur son bon début d’année. Et son titre à Dubaï. Un titre qu’il a vrai­ment savouré, son deuxième seule­ment en 18 mois. Un titre acquis après avoir battu Novak Djokovic et Tomas Berdych. Une sacrée perf’, en somme ! « C’est super d’avoir battu Novak (Djokovic), mais, pour moi, ce qui comp­tait c’était de remporter le tournoi et de tenir le trophée dans mes mains », se réjouit‐il, encore plein du goût de la victoire. « Djokovic restait sur six très bons mois, donc cela a été un joli bonus que de le battre sur une surface dure. Une grande victoire pour moi. Une grande victoire égale­ment face à Berdych, qui fait une super saison pour le moment. C’est chouette de gagner et de dominer autant de joueurs du top 10 en deux mois. »

Le simple plaisir de tenir un trophée dans les mains…

Alors, à l’heure de s’at­ta­quer au Masters 1000 cali­for­nien, les motifs de satis­fac­tion de manquent pas pour le numéro huit mondial. Si le trophée émirati a pu exciter ses papilles en quête de sensa­tions et de saveurs trop souvent oubliées depuis 2011, Roger apprécie d’au­tant plus le plaisir plus discret de la bonne déci­sion, de l’oeil juste, de la raison gagnante. « Je suis heureux de constater que le travail que j’ai dure­ment mené jusqu’à présent est en train de payer », affirme‐t‐il hier. « Et que les déci­sions que j’ai prises depuis six mois étaient les bonnes. Désormais, je joue bien et sans douleur, ce qui était le but. Evidemment, la victoire vient renforcer le ciment de ces sensa­tions. Cela me donne beau­coup plus de plaisir et beau­coup plus de confiance. Et cela me rend encore plus affamé de jouer toujours plus – et de gagner toujours plus. » Car pour se sentir bien menta­le­ment, il est néces­saire d’être à l’aise dans ses baskets. Savoir de quoi son corps est capable, rester précis dans chacun des dépla­ce­ments, ce fameux petit jeu de jambes qui a long­temps fait la supé­rio­rité de Federer. Qui fait toute la différence.

Des soucis physiques oubliés

Avec la forme qui revient, les objec­tifs et l’am­bi­tion suivent natu­rel­le­ment. Le Suisse n’a plus gagné de Masters 1000 depuis Cincinnati, en 2012. Briser cette disette lors de l’en­chaî­ne­ment prin­ta­nier et nord‐américain Indian Wells‐Miami, sans consti­tuer un but avéré, reste un petit rêve qu’il garde de côté, pas loin, histoire de… « Je suis très excité de jouer ici, à Indian Wells. Ces deux Masters 1000, Indian Wells, et Miami, sont impor­tant pour moi. J’y ai vécu de grands moments en les rempor­tant dos à dos (NDLR : à deux reprises, en 2005 et 2006). C’était vrai­ment une très belle période. Je vais conti­nuer à travailler dur et on verra comment les choses évoluent, mais je vais évidem­ment tenter de réussir quelque chose de simi­laire à nouveau. » Avant de raisonner son enthou­siasme : « Pour moi, la chose la plus impor­tante actuel­le­ment, c’est que je joue bien, de façon constante, que ce soit à l’en­traî­ne­ment ou en match. » Car remporter le tournoi cali­for­nien ne serait pas un mince exploit au vu de son tableau, avec un possible enchaî­ne­ment Stanislas Wawrinka‐Rafael Nadal‐Novak Djokovic. Alors faire coup double à Miami… Improbable !

Comme l’as­sène très juste­ment à longueur de journée un certain Majorquin, quitte à se faire clouer au pilori pour haute langue de bois : il faut prendre les matches les uns après les autres. C’est vrai et c’est bien la seule réalité qui permet de contrer la grande incer­ti­tude du sport. Affronter Paul‐Henri Mathieu. Ne pas se faire surprendre. Rester concentré et motivé dans les tout premiers tours. La confiance est une chose, l’in­ves­tis­se­ment en est une autre. Tous deux se mêlent et se suppléent pour nourrir la victoire. 

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.