Un Français réussira‐t‐il à remporter un tournoi du Grand Chelem ? La question ne cesse d’être posée depuis ses jours, des semaines, des mois, des années. Si la tendance actuelle tenterait de répondre « NON ! » à cette fatidique interrogation, voici une belle histoire qui pourrait vous permettre de retrouver espoir.
En 1946, après cinq années de guerre, de nombreux joueurs sont passés à côté de brillantes carrières. Parmi eux, le Français Marcel Bernard, 32 ans, entre en lice à Roland Garros. Il n’a alors aucun titre à son actif sur le circuit. Engagé en double messieurs avec Yvon Petra et en double mixte avec l’Américaine Margaret Osborne, Marcel Bernard apprend que celle‐ci doit déclarer forfait quelques jours avant la compétition, préférant se consacrer aux épreuves féminines. Le juge arbitre, qui a alors des difficultés pour compléter son tableau de 64 joueurs, lui propose de prendre une des dernières places libres en simple. En aventurier invétéré qu’il est, le bon Marcel accepte. Et tout fonctionne : il bat Pancho Segura, tête de série numéro 4, et Budge Patty pour accéder dans le dernier carré. En demi‐finale, il domine son partenaire de double Yvon Pétra, accédant à la finale. Face à lui, Jaroslav Drobný, gaucher Tchèque de 25 ans, est favori. D’abord malmené, Marcel sort la tête de l’eau au fur et à mesure que l’ombre s’empare du court et gêne son adversaire. Il s’impose en cinq sets 3–6 2–6 6–1 6–4 6–3 et remporte le premier tournoi de Roland‐Garros de l’après guerre. Le lendemain, il remporte, aux côtés de son ami Yvon Petra, la finale double homme, malgré une nuit blanche. Amis Jo, Gaël, Richard, ne baissez pas les bras, tout est encore possible.
La raquette de Gaël Monfils, disponible ici !
Publié le mercredi 26 mars 2014 à 21:31


