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Nicolas Escudé : "Jouer sur gazon, c'est magique !"

Dans le cadre du numéro 41 de notre magazine Grand Chelem, nous nous sommes intéressés de très près au gazon. Après Arnaud Clément, nous avons décidé d'échanger avec Nicolas Escudé. Performant sur herbe, le « Scud' » a remporté presque à lui tout seul la Coupe Davis en 2001, en Australie. Raison de plus pour en faire l'un de nos experts de l'herbe.

Te souviens-tu de la première fois que tu as joué sur gazon ?
Cela devait être en Angleterre, chez les Juniors, et j'étais surexcité. Je me rappelle avoir été surpris par le rebond que je ne pensais pas si bas. Il m'est, d'ailleurs, arrivé de passer à côté de la balle (rires). L'autre point sympathique, c'est que le gazon était tellement propre que j'avais presque envie de plonger sur chaque volée. C'est un souvenir incroyable, une vraie découverte.

C'est vrai, selon toi, que cette surface n'épargne pas les lacunes techniques ?
Il est certain que le gazon ne pardonne rien. Il faut toujours se placer au millimètre près. En fait, le déplacement est périlleux si l'on n'est pas habitué au contact de l'herbe. Moi qui avait pratiqué le foot pendant un bon moment, mon expérience m'a énormément servi, je n'étais pas trop dépaysé (rires). L'idée, c'est de rester « léger », de pouvoir réagir vite en étant toujours assez bas sur les jambes. Comme toute surface, elle a ses qualités et ses défauts. Moi, je l'apprécie énormément car mon style de jeu et mon physique lui étaient très adaptés. C'est sur gazon que j'ai eu mes meilleures sensations.

Arnaud Clément nous a parlé de l'uniformisation des surfaces et, donc, des types de joueurs. Pourtant, ce Wimbledon 2014 a été, à ce titre, plutôt rafraîchissant, non ?
Oui, c'est vrai, mais cela confirme aussi que, sur herbe, quand tu es grand et que tu as un gros service, tu possèdes des armes pour être performant. Reste que, pour moi, la vrai clef – et la victoire de Novak Djokovic l'a confirmé –, c'est la qualité du retour. Mais, heureusement, on remarque que cette surface permet encore le jeu vers l'avant, surtout si, au préalable, on s'est mis dans une situation favorable.

Cela doit te tenir à cœur, cette idée de jeu vers l'avant !
Évidemment, car c'est ma marque de fabrique. Néanmoins, si la différence peut se faire à ce niveau, encore faut-il monter dans de bonnes conditions. Le défi est là, mais je crois que ce n'est pas impossible.

Quand on évoque le gazon et Nicolas Escudé, on pense forcément à la finale de la Coupe Davis, en Australie. Arnaud nous a expliqué que la surface avait été mauvaise ?
On était loin des billards de Wimbledon, c'est sûr, et je l'ai très vite compris. Je me suis adapté aux circonstances, tout en étant super vigilant, car il y avait forcément des faux rebonds assez fréquents. Au final, cela nous a réussi.

L'an prochain, la saison sur gazon va s'allonger d'une semaine. C'est une bonne nouvelle, non ?
Cela n'a l'air de rien, mais, une semaine, c'est énorme pour la saison sur gazon. Donc, forcément, cela donnera plus d'importance à cette surface qui le mérite vraiment. Jouer sur gazon, je le répète, c'est magique !



Un mot sur Jo-Wilfried Tsonga, que tu coaches avec Thierry Ascione. Où en êtes-vous ?
Je comprends parfaitement qu'on se pose des questions, mais on bosse dur. Il a fallu tout mettre en place, il faut donc être patient. La deuxième partie de saison va être intéressante, car Jo est en forme et il a une grosse envie. Avec la tournée américaine, l'US Open, mais aussi la demi-finale de la Coupe Davis, on n'a pas le droit de se louper. On met tout en ordre et, je vous rassure, le moral est bon. L'envie est toujours aussi grande, personne n'a renoncé ! Jo fait le maximum chaque jour pour avoir la possibilité d'aller le plus loin possible dans tous les tournois.

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