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Alexandre Bompard : « Le tennis est un sport mondial »

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Alexandre Bompard est le grand patron des Sports du groupe Canal Plus qui a décidé de faire du tennis un axe primoridal de sa stratégie. Decryptage des enjeux liés à la médiatisation de la petite balle jaune par celui qui signe aussi le plus gros chèque en France pour le ballon rond.

Canal + opère une grosse montée en puissance dans le tennis, pourquoi ?

D’abord parce qu’on essaye de diversifier notre offre Sports. Aujourd’hui Canal + diffuse plus de 80 sports sur ses chaînes. Ensuite parce qu’on croit au tennis. C’est un sport mondial, c’est un sport incroyablement télévisuel qui offre des duels fantastiques. On a fait une année 2007 formidable en matière de tennis puisqu’on a eu les deux victoires de Federer à Wimbledon et à l’US Open. On retransmet tous les Masters Series et maintenant la Fed Cup et la Coupe Davis pour un certain nombre de matches. En complément, on est très content d’avoir eu l’exclusivité du tournoi du Masters BNP Paribas à Paris Bercy.

Quels ont été vos retours d’audience sur Wimbledon et l’US Open ?

Vous savez, nous on est une chaîne payante et on mesure le succès d’un programme à trois critères. Un premier qui est son audience. Le second, c’est la satisfaction de nos abonnés. Et le troisième c’est l’image générale de cette satisfaction. Avec des tournois comme Wimbledon et l’US Open qui sont des tournois exceptionnels, on atteint des bons scores sur ces trois critères. L’audience est au rendez-vous sur les deux finales, autant sur le Federer-Nadal de Wimbledon que sur le Federer-Djokovic de l’Us Open. La satisfaction, elle est également là parce que nos abonnés adorent ces feuilletons qui durent une quinzaine de jours. Et l’image de la satisfaction c’est l’image de la diversité des sports diffusés. Cette image nous va très bien.

Actuellement il vous manque Roland-Garros dans votre offre, est-ce que c’est un tournoi que vous voudriez avoir ?

On adorerait mais il y a une réglementation en France sur les évènements majeurs qui fait qu’un certain nombre d’évènements doivent être diffusés en clair. C’est le cas pour Roland-Garros donc, pour le moment, Canal + ne peut pas être diffuseur de ce tournoi mais il va sans dire que c’est quelque chose que nous apprécierions particulièrement.

Le président Bîmes parlait de votre passion personnelle pour le tennis, est-ce que ça explique que vous vous intéressiez plus précisément à ce sport-là ?

Non. J’adore le tennis, mais ce qui prime c’est notre compréhension que ce sport est mondial, que ce sport a un potentiel télévisuel extraordinaire, qu’il y a des stars incroyables aujourd’hui. On a quand même Federer qui va marquer durablement l’histoire de ce jeu et les prochaines générations citeront son nom comme probablement le meilleur joueur de tous les temps. On a le phénomène Nadal. On a des Français très prometteurs, Gasquet, Monfils. On a tous les éléments pour que le tennis vive dans les années à venir une belle expansion et c’est pour ça qu’on a les droits de Wimbledon pour trois saisons, qu’on a renouvelé les Masters Series, qu’on s’est engagé sur Lyon et sur Bercy. C’était le moment de le faire parce qu’aujourd’hui tous les clignotants du tennis sont au vert.

En comparant a ce qu’il se passait il y encore 3 ans avec des champions peut-être moins charismatiques, on a l’impression que Canal + a la chance en tant que diffuseur d’arriver en effet à un moment clef de l’histoire du tennis

Vous savez, les Français ont un rapport au sport qui passe soit par la présence de grandes stars du jeu, soit par les performances de grands sportifs français. C’est ça que les Français apprécient le plus. Là on est à un tournant de l’histoire du tennis où on a à la fois des stars du jeu comme Federer et des Français prometteurs, charismatiques qui peuvent aussi marquer l’histoire du jeu. On a tout pour que ce soit le bon moment.

Quel est pour vous le grand moment de tennis de cette année 2007 ?

L’évènement le plus incroyable, c’est la victoire de Federer à l’US Open parce que c’était un tournoi extrêmement compliqué. On a eu l’impression lors des trois derniers tours qu’il était en difficulté, il avait contre lui des balles de break dans tous les sets, des balles de sets dans tous les matches et à chaque fois on a eu le sentiment qu’il était capable sur 5, 6 points d’accélérer, de passer devant. On a eu ça aussi à Wimbledon en finale contre Nadal : la capacité de ce joueur à se situer sur une autre planète pendant quelques jeux, pendant quelques points, quand on aime le tennis c’est exceptionnel.

Dernière question, vous jouez à quel niveau aujourd’hui ?

(Sourires) A un niveau suffisamment modeste pour ne pas être mentionné, mais j’aime beaucoup ça en tout cas.

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