Accueil Interviews Amélie Mauresmo : « Justine a par­lé de souf­france, c’est fort »

Amélie Mauresmo : « Justine a parlé de souffrance, c’est fort »

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Difficilement vic­to­rieuse d’Olga Savchuk, Amélie Mauresmo a néan­moins reti­ré de nom­breux points posi­tifs de cette lutte en trois temps, pluie oblige. La Française, ex‐numéro une mon­diale, est éga­le­ment reve­nue sur la retraite de Justine Hénin.

Comment as‐tu géré cette ren­contre entre les inter­rup­tions et la vic­toire finale qui s’est des­si­née en trois sets ?
Le match s’est joué en plu­sieurs temps, cha­cun a eu sa période, avec des baisses phy­siques après les cou­pures. J’ai peut‐être mal géré l’a­li­men­ta­tion, avec un petit coup de barre. Ensuite, j’ai essayé de ne plus rien don­ner au troi­sième set. 
Est‐ce une bonne chose de débu­ter par un match en trois sets lorsque l’on a des doutes sur ses capa­ci­tés phy­siques comme c’est ton cas ?
J’avais en effet pas mal de ques­tion à ce sujet. Et sur ce point‐là, c’est quand même plu­tôt ras­su­rant. J’ai tout de même une légère appré­hen­sion sur les dépla­ce­ments, même s’il n’y a p de dou­leurs, et le ser­vice, ce n’é­tait pas ça. 
Avec tous les ennuis de san­té que tu as connus, ressens‐tu encore du plai­sir à jouer au tennis ?
C’est vrai que c’est impor­tant, peut‐être que c’est par exemple ce qui a man­qué à Justine pour déci­der de conti­nuer. Elle a uti­li­sé le mot « souf­france », c’est très fort. Je ne res­sens pas cela du tout. Je n’ai jamais res­sen­ti cela au cours de ma car­rière. Mais, oui, j’ai du plai­sir encore à jouer, à être sur le terrain.
Le fait d’a­bor­der Roland Garros en out­si­der, par rap­port aux années pré­cé­dentes, te permet‐il de jouer plus libérée ?
Probablement. Mais j’ai tou­jours une exi­gence assez éle­vée et très impor­tante. Même si je ne suis pas aujourd’­hui à mon meilleur niveau. Il y a quand même ce côté per­fec­tion­niste, exi­geante qui est là. J’essaie de mesu­rer un peu plus la chose sur­tout par rap­port à la pré­pa­ra­tion, qui a été très courte. C’est pour cela que même sur les phases où il y avait beau­coup de déchets, je suis res­tée dedans, et je continue.
Pour reve­nir à Justine, que penses‐tu de sa déci­sion, as‐tu été sur­prise d’ap­prendre ça ?
J’ai été très sur­prise quand j’ai vu cette confé­rence de presse qu’elle avait don­née ce soir‐là et qu’elle expli­quait que tout sim­ple­ment, elle en avait marre. C’est ce qu’elle disait. Quand elle disait que c’é­tait par­fois trop dur pour elle d’al­ler s’en­traî­ner, de jouer des tour­nois, beau­coup de matches, cela m’a beau­coup sur­prise parce qu’elle est très jeune, sans doute trop jeune pour se reti­rer. D’un autre côté, elle a pra­ti­que­ment tout fait. C’est sans doute qu’elle sou­haite pas­ser à autre chose, à une autre vie, vrai­sem­bla­ble­ment moins stres­sante, et qu’elle sou­haite plus de sou­plesse au niveau de son pro­gramme. Parce que, c’est vrai, nous avons une vie assez stricte ; il faut faire atten­tion à tout ce que l’on fait, quand on dort, à ce qu’on mange, c’est un bou­lot 24 heures sur 24. Oui, je sup­pose qu’elle en avait assez. Mais cela m’a beau­coup sur­prise effectivement.

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