Accueil Interviews Baghdatis : "J'aimerais gagner un Grand Chelem"

Baghdatis : « J’aimerais gagner un Grand Chelem »

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Le Chypriote avec qui nous avons lancé le site welovemarcos.com nous a reçu pour un entretien vérité.

Le nouveau membre du team Tecnifibre dévoile ses ambitions et ses envies alors qu’il vit une période difficile après sa blessure.Marcos, si tu devais donner quelques conseils aux jeunes qui vont participer au concours sur welovemarcos.com , tu insisterais sur quels domaines ?
Je leur dirais avant tout de travailler dur aux entraînements, vraiment dur, mais dans le bon sens, parce qu’il ne faut pas faire n’importe quoi. Et aussi d’y croire. De croire en soi, de construire un « team » autour de soi. Quand tu es persuadé que tu peux faire quelque chose de grand, tu trouves toujours la solution. Dans le tennis, comme dans un autre sport ou dans la vie, je pense qu’il faut y croire, et travailler dur.

Ici à l’académie Mouratoglou, on voit beaucoup de parents sur les courts. Quelle est la place de la famille dans la réussite ? Toi-même tu as eu un parcours particulier, et d’ailleurs tu en as beaucoup parlé…
Les gens et les familles réagissent tous différemment. Je pense que c’est au joueur de déterminer la place des parents, des entraîneurs, plutôt que l’inverse. Il faut que ce soit le joueur qui décide, et pas les autres.

Quel est ton plus vieux souvenir de tennis ?
Je me vois sur les grillages des courts, quand j’avais cinq ans. Et mon père qui m’envoyait des balles pour que je descende. Je n’ai pas trop de souvenirs des courts de tennis où je m’entraînais. Parce que j’avais une vie normale. J’allais à l’école. Je m’amusais. J’allais à la plage. Je m’en foutais un peu, et mes parents aussi. C’est à 11 ans que tout a commencé quand mon père a commencé à se mettre dedans. A 14 ans, je débarquais à l’Académie Mouratoglou.

Ton meilleur souvenir en tant que joueur restera l’Open d’Australie ou pour toi est-ce une chose que l’on doit effacer ?
Non, je ne peux pas l’effacer. Parce que même si aujourd’hui ça fait mal, il m’arrive encore de regarder les matches que j’ai faits là-bas, la finale, la demi-finale. Cela me donne aussi confiance, de voir les choses que j’ai réussies là-bas. Avant sur le circuit, on ne me connaissait pas. J’arrivais. Je n’avais rien à perdre. Je tapais dedans et ça rentrait. Là, ce n’est pas facile. Quand je joue un jeune comme Gulbis qui tape dans tout et que ça rentre, il faut trouver la solution pour contrer. Et ce n’est pas toujours facile. Le tennis a monté d’un niveau, et mes adversaires me connaissent aussi mieux. Mais il faut que je travaille encore plus, et j’aurai de nouveau ma chance. Et la prochaine fois, je ne la raterai pas. (rires)

Tu parlais de gagner. Est-ce que l’émotion est liée à la victoire, ou est-ce qu’on peut les différencier ?
Tous les matches en cinq sets dont je parlais, que j’ai disputés, par exemple, Agassi, Djokovic, Hewitt, je les ai perdus. Tous les trois ! (Rires) Donc oui, des émotions on en a aussi quand on perd. On sort, on est vidé, on a tout donné, on n’a rien à se reprocher. Je ne sais pas trop comment exprimer ces émotions. Bon, j’ai aussi connu des émotions quand j’ai battu Nalbandian en demi-finale de l’Open d’Australie.

La finalité c’est un Grand Chelem ou le TOP 10 ?
Honnêtement, c’est de gagner un Grand Chelem. Je préfère gagner un Grand Chelem et ne pas être n°1 mondial que l’inverse.

Aujourd’hui il y a ceux qui ont gagné un Grand Chelem, et ceux qui réalisent une carrière où ils ont le classement, sans avoir gagné de Grand Chelem..
Exactement, et moi je préfère gagner un Grand Chelem. Tu restes dans l’Histoire. Le classement, ça ne veut rien dire. Tu peux aller gagner des tournois où il n’y a personne. Moi, ça ne me motive pas. J’aimerais gagner un Grand Chelem devant 20 000 personnes, devant 1 million de personnes, chez moi, avec des sensations exceptionnelles, plutôt que de finir n°3 ou n°4 mondial.

Tu as un nouveau coach, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’une pointure…
Peter Lundgren est un monsieur avec un grand M. Il a une expérience exceptionnelle. Il a travaillé sept ans avec Roger, il l’a « amené » à être n°1 mondial. Après, il a travaillé avec Marat et a gagné l’Open d’Australie avec lui. C’est un mec qui a beaucoup d’expérience, qui peut amener les gens très haut. Et après, je pense qu’il croit en moi et ça c’est très important. Il m’a choisi et pour moi ça c’est un truc positif.

Au fait, la finale de Wimbledon, tu l’as vue ?
C’est la première fois que je regarde un match en entier. Honnêtement, j’étais sur le cul. C’était un match exceptionnel. Les deux joueurs étaient sur un nuage. Je les félicite, parce que ce que font ces deux-là pour le tennis est exceptionnel. Ils sont les deux meilleurs joueurs de tous les temps. C’est dommage pour eux de se trouver à la même période, parce que c’est toujours dur pour l’un des deux. En tout cas, c’est pour cela qu’on aime le tennis, pour ces émotions. Le public aussi a vibré. On a déjà vu des matches de ce type, en cinq sets, accrochés. J’en ai même fait quelques-uns uns moi-même. Ce sont ces choses-là qui me donnent envie de jouer au tennis, d’aller au bout de mes rêves.

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