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Clergue : « Mes résultats ont donné de la crédibilité à mon projet »

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Photo : Franck Binisti (Padel Magazine)

Arrivée en Espagne en janvier dernier, Laura Clergue a depuis gagné sa place sur le circuit inter­na­tional en occu­pant une promet­teuse 57e place mondiale (au 2 octobre 2017, ndlr). Riche de cette première expé­rience au plus haut niveau, l’Aixoise compte bien pour­suivre sur sa lancée. Et pour­suivre son rêve… Extrait du journal du padel du numéro 60 de GrandChelem.

Laura, quel bilan fais‐tu de tes neuf premiers mois en Espagne ?

Je suis hyper satis­faite de mon année et même agréa­ble­ment surprise. Avec mon entraî­neur (Gaby Reca), on s’était fixé un objectif qui était d’entrer dans un tableau final de World Padel Tour, une perfor­mance jamais réalisée par un Français. Finalement, avec ma parte­naire (Meli Garcia Truchado), on a parti­cipé à cinq tableaux finaux de WPT ! Le fait de l’avoir atteint assez vite dans l’année et surtout de l’avoir réédité m’a donné beau­coup de confiance. Je sens vrai­ment une grosse évolu­tion dans mon jeu. Je vais donc pour­suivre mon aven­ture en Espagne.

C’est-à-dire ?

Quand je suis arrivée, j’étais au‐delà de la centième place mondiale, et aujourd’hui je suis numéro 57. Avoir gagné plus de 50 places en neuf mois donne encore plus d’envie. Je vais conti­nuer à m’entraîner dans le même centre (Brunete Sport Club à Madrid) avec mon coach (Gaby Reca) et la même coéqui­pière (Meli Garcia Truchado) pour viser encore plus loin.

Afin d’avoir une bonne vision du padel, est‐il possible d’en vivre ?

Pour être honnête, afin de me lancer, j’ai investi de mon argent. Je suis au début de ma carrière mais selon moi, c’est un inves­tis­se­ment qui en vaut la peine. Le but est de progresser afin que les « prize money » viennent compenser l’écart finan­cier. On dit que dans le Top 35 féminin, il est possible d’en vivre. Je n’en suis pas si loin. Évidemment, il ne faut pas espérer gagner des millions, mais vivre de sa passion, ça n’a pas de prix.

Tu as été la première joueuse fran­çaise à tenter une telle aven­ture. Quel a été le regard des Espagnols ?

Au début, mon arrivée a beau­coup fait parler et pas mal de médias espa­gnols ont fait des sujets sur moi : « Une Française vient ici, quitte sa famille, ses amis, son travail pour tenter l’expérience WPT. » C’est quelque chose qui m’a mis beau­coup de pres­sion car j’avais envie que l’on parle de moi par mes résul­tats et non pas en raison de mon arrivée. Je suis heureuse d’avoir pu démon­trer que les étran­gers, qui n’ont pas commencé à 5 ans avec une raquette de padel dans la main, arrivent à trouver une place.

Sont‐ils satis­faits de voir arriver une nouvelle concurrence ?

Totalement ! Il y a aussi des Portugaises qui commencent à percer sur le circuit. Ils sont contents que le padel s’internationalise et se déve­loppe. Ils ont été agréa­ble­ment surpris. Ils m’appellent : « Laura la Française » (rire). C’est mon nom de famille en Espagne. J’ai reçu un excellent accueil. Ils ont vu, par mes résul­tats, que je n’étais pas venue ici en touriste et cela a donné de la crédi­bi­lité à mon projet. Aujourd’hui, je suis bien inté­grée par les filles du circuit.

As‐tu la sensa­tion que ton parcours a fait des émules en France ?

Cela reste quelque chose qui fait peur, et à moi la première. Je suis partie avec « ma maison dans ma voiture » et j’avais presque les larmes aux yeux. Je me disais : « Qu’est-ce que tu es en train de faire ? » Finalement, j’ai peut‐être été un cobaye (rire) ! C’est aussi un enchaî­ne­ment de chance, car j’ai une équipe incroyable autour de moi et qui croit en moi. On ne peut dire que cela va fonc­tionner à chaque fois, mais ça donne de l’espoir à ceux et celles qui avaient cette idée en tête. Je suis ravie de voir que d’autres viennent tenter leur chance en Espagne.

As‐tu un objectif précis pour terminer l’année ?

La saison se termine en décembre et j’aimerais, pour­quoi pas, entrer dans le Top 50. Ce serait vrai­ment bien (sourire)…

Retrouvez gratui­te­ment et en inté­gra­lité le numéro 60, le dernier numéro de notre maga­zine GrandChelem… Bonne lecture !