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Elina Svitolina : « Je ne veux pas avoir de regrets à Roland Garro »

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Elina Svitolina, 38ème mondiale, peut être l’une des surprises de ce Roland Garros 2014.

En constante progression depuis son titre chez les Juniors à Roland Garros, Elina Svitolina est assurément l’une des futures stars du circuit. Actuellement 36ème mondiale à seulement 19 ans, elle est, derrière Sloane Stephens et Eugénie Bouchard, la mieux classée des filles de 21 ans ou moins. Impressionnant.

Quel regard portes‐tu aujourd’hui sur ta victoire à Roland Garros, chez les Juniors ? Quel est ton souvenir de ce tourbillon ?

C’était vrai­ment fabu­leux ! Ce fut une vraie surprise, et une superbe expé­rience qui m’a fait réaliser que j’avais peut‐être les moyens de devenir une cham­pionne. En plus, réussir cette perfor­mance en France, à Roland Garros, c’était vrai­ment incroyable…

A 20 ans, tu occupes ton meilleur clas­se­ment, tout près du Top 30. Jusqu’où veux‐tu aller ?

Mon but ultime, c’est de… gagner tous les tour­nois du Grand Chelem (rires). Mais bon… Je sais que j’ai encore quelques progrès à faire ! Pour l’ins­tant, mon objectif de l’année, je l’ai fixé au Top 15. La seule façon d’y parvenir, c’est de conti­nuer à travailler dur chaque jour à l’en­traî­ne­ment et de main­tenir un niveau moyen constant pour ne pas passer à travers ou réaliser trop de contre‐performances.

On dit que tu es une joueuse très solide en fond de court, complète, « contreuse » et accro­cheuse. Tu confirmes ?

Ne rien lâcher, c’est ma ligne de conduite et, ce, même quand il semble que c’est très diffi­cile, voire impos­sible. Je crois d’ailleurs que c’est cela qui me plaît le plus dans le tennis : l’idée de se battre. C’est vrai­ment un sport extra­or­di­naire qui nous met dans des situa­tions spéciales, où il faut savoir tout donner.

En‐dehors de tes qualités de combat­tante, quelles sont tes autres forces ?

La prin­ci­pale, c’est d’être constam­ment agres­sive. Au final, je me défi­ni­rais comme une atta­quante de fond de court. Avec mon coach, notre ligne de conduite est de pouvoir prendre de plus en plus l’avan­tage, de dicter les échanges plutôt que de subir ou de défendre trop.

Tu as déjà battu des joueuses du Top 20, mais souvent bloqué contre celle du Top 10. Que te manque‐t‐il encore ?

La diffé­rence se situe au niveau de l’ex­pé­rience. Pour y parvenir, je sais que je dois être patiente. Vous savez, dans le tennis féminin, tout est possible si l’on est travailleuse. Je pense aussi qu’on peut perdre contre n’im­porte qui aujourd’hui… ce qui veut égale­ment dire qu’on peut battre n’im­porte qui. C’est une ques­tion de moti­va­tion et de confiance.

Tu fais partie d’une géné­ra­tion de joueuses promet­teuses : Stephens, Bouchard, Garcia, Robson… Comment tu te situes par rapport à elles ? Il y en a une avec qui tu as une riva­lité particulière ?

Non, je respecte toutes les joueuses, quel que soit leur niveau. Celles que vous citez ont effec­ti­ve­ment réalisé des grosses perfor­mances. Même si je fais partie de la même géné­ra­tion qu’elles, la concur­rence reste très saine et doit, avant tout, nous permettre de toutes progresser.

Cette année, quels seront tes objec­tifs à Roland Garros ? Une deuxième semaine ?

Forcément, c’est un tournoi qui occupe une place parti­cu­lière dans mon cœur, qui a une saveur bien à lui. Je mets tout en œuvre pour être prête lors de cette échéance, mais sans me fixer un objectif précis. L’idée, pour un grand rendez‐vous comme celui‐là, c’est avant tout de ne pas avoir de regrets et, surtout, de donner le meilleur de moi‐même quelle que soit l’ad­ver­saire en face.

Si tu devais gagner un tournoi du Grand Chelem, j’ima­gine que ce serait Roland…

Vous me prenez par les senti­ments (rires)… Ce serait parfait, en effet.

Tu as des idoles, chez les femmes comme chez les hommes ?

J’ai toujours suivi les perfor­mances de Kim Clijsters, son jeu, son histoire, sa simpli­cité. Elle m’a toujours inspiré ; ses titres, comme son parcours, ont marqué le tennis des années 2000. Après, chez les hommes, je dois aussi avouer que je ne suis pas insen­sible au style de Dolgopolov. Et, dès que je le peux, je supporte Stakhovsky également.

Des compa­triotes, forcé­ment… A ce sujet, tu as pu suivre les événe­ments qui se sont passés en Ukraine ? Cela t’inquiète ?

Bien sûr, oui, cela m’in­quiète, mais je ne peux pas faire grand chose. Je prends souvent des nouvelles de mes proches et de ma famille. A propos de cette situa­tion, tout a été dit, tout peut être dit… J’espère juste que les choses s’éclair­ci­ront dans les mois à venir.

Aujourd’hui, tu t’en­traînes en France, à l’ISP Academy. Entre toi et notre pays, c’est une histoire d’amour…

C’est un peu cela (rires) ! J’y suis assez souvent, puisque je travaille régu­liè­re­ment chez ISP. C’est vrai­ment mon camp de base. Je suis contente et je pense avoir fait le bon choix… D’autant que je peux profiter du soleil de la Côte d’Azur (rires) !

La France, c’est aussi un pays de la mode… Tu attaches beau­coup d’im­por­tance à ton appa­rence sur le court ?

Il faut dire qu’on passe quand même une bonne partie de notre vie sur les terrains… Donc, oui, je trouve qu’il vaut mieux être élégante et, surtout, se sentir bien dans ses tenues. Moi, j’ai plutôt été gâtée depuis que je joue ! Cette année, j’ai signé avec Ellesse, une marque qui symbo­lise parfai­te­ment l’élé­gance – tout le monde s’ac­corde à le dire.

Tu connais bien l’his­toire de cette marque ?

Comment ne pas la connaître ! Ellesse a vu passer tant d’im­menses cham­pions, j’au­rais bien du mal à en donner une liste exhaus­tive. Même si, évidem­ment, une certaine Chris Evert vient assez rapi­de­ment à l’esprit…

Toi qui en es la seule ambas­sa­drice, tu dois avoir la pres­sion, non ?

Pas du tout ! J’ai des rapports assez privi­lé­giés avec la marque et son team. La pres­sion, je l’ai plutôt sur mes perfor­mances (rires).

On nous a dit que tu allais même parti­ciper à l’éla­bo­ra­tion des collections…

Oui, c’est vrai, vous êtes bien informés ! J’ai donné mon avis et mes goûts. Je sais que je suis assez privi­lé­giée car je suis la seule du circuit à jouer en Ellesse. On peut consi­dérer que mes tenues sont vrai­ment les miennes… Il n’y a pas beau­coup de cham­pionnes qui peuvent en dire autant (rires).

D’une manière géné­rale, quelle est la joueuse la plus stylée, actuellement ?
Très honnê­te­ment, pour moi, c’est Serena. Elle a toujours des tenues incroyables avec des surprises et des détails qui font la diffé­rence. Là aussi, elle est numéro un mondiale, sans aucun doute !