Après avoir repris l’organisation de l’Open GDF‐Suez 42 d’Andrézieux-Bouthéon en septembre 2014, l’agence Media Sport Promotion souhaite continuer de développer le tournoi ITF. Estelle Verney‐Carron, organisatrice de l’événement, revient pour WeLoveTennis sur l’édition 2015 ainsi que ses perspectives d’évolution. Avant de lancer notre débat du numéro 44 de GrandChelem, Estelle Verney‐Carron nous explique aussi, les difficultés que peuvent rencontrer l’organisation d’un tournoi.
Quel bilan pouvez‐vous tirer de l’Open GDF‐Suez 42, cuvée 2015 ?
C’est un très bon bilan, pour deux raisons. La première est que l’on a eu un beau plateau sportif avec un haut niveau. Nous avons eu plusieurs Françaises dès le premier tour (neuf joueuses), et ce jusqu’au samedi des demi‐finales avec Amandine Hesse. C’était une première pour une Tricolore. Le deuxième point positif est que l’agence Media Sport Promotion a repris la commercialisation du tournoi et nous avons pu créer des événements autour du tournoi, permettant ainsi d’accroître le flux journalier.
L’Open GDF‐Suez 42 fêtait sa cinquième édition cette année. Cela prouve aussi que le tournoi est désormais bien installé dans le calendrier ITF féminin…
Cette date est bonne ! Le fait d’avoir un plateau aussi fort est le fruit du travail effectué par Jean‐Marc Puget, directeur du tournoi depuis quatre ans. Les joueuses parlent beaucoup, elles savent qu’elles sont très bien reçues ici et l’équipe en place leur est dédiée. Cela leur donne envie de revenir.
Pourtant, un tournoi ITF reste un « petit » tournoi où il est parfois difficile d’exister et de se renouveler…
Exactement, c’est difficile, déjà de trouver des investisseurs et des partenaires privés. C’est un travail de longue haleine. Nous avons réussi un petit exploit, puisqu’en quatre mois (l’agence Media Sport Promotion a repris le tournoi en septembre 2014, ndlr), nous avons réussi à faire le travail de presque un an. Tout n’est pas parfait, mais les choses ont bougé. Nous avons réussi à allier les compétences de M. Puget et faire en sorte que le tournoi ait pu continuer à se dérouler dans de bonnes conditions.
Très clairement, quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer pour organiser l’événement ?
C’est simple, la difficulté est de trouver les budgets de partenaires privés. Nous avons déjà des partenaires institutionnels très présents mais le plus compliqué est de trouver des nouveaux sponsors. Pour cela il faut les convaincre de la portée économique de la compétition, et vu la conjoncture actuelle, ce n’est pas facile. Nous avons énormément investi en budget communication et publicitaire, mais ce n’est pas évident. Maintenant si on excepte le football, tous les sports rencontrent les mêmes problèmes.
Le plus dur est donc d’arriver à convaincre les sponsors de la portée économique ?
Bien sûr, c’est de la commercialisation pure et simple : beaucoup de rendez‐vous, d’échanges, leur montrer que l’agence Media Sport Promotion a repris le tournoi donc va donner une ampleur plus grande en terme de visibilité… Le fait que l’agence soit reconnue dans le sport depuis 20 ans à travers le rugby ou le golf permet une meilleure argumentation. Les sponsors nous ont fait confiance en s’appuyant sur notre expérience dans le marketing sportif. Le réseau personnel joue énormément. Le fait d’avoir Guy Drut et Sandrine Testud en parrain et marraine, venus en toute amitié, est un argument très fort pour la commercialisation de notre open. Cela nous a permis de convaincre les nouveaux partenaires. Je pars du principe qu’il n’y a pas de petits ou gros clients, je suis allée solliciter le petit artisan de la ville comme des grosses entreprises. Pour nous chaque client a son importance !
Aujourd’hui organiser un événement dans le sport féminin est aussi un autre obstacle ?
Absolument, parce que le sport féminin est moins mis en avant que le sport masculin. Les médias y accordent peu de place, et cela a un effet boule de neige. Il faut défendre cette valeur du sport féminin. Le tennis féminin manque de visibilité et ce sont les médias eux mêmes qui font qu’on en parle peu, hormis les médias spécialisés. C’est une difficulté à surmonter. Lorsqu’on est allé voir Jean Gachassin (président de la FFT) qui nous a accordé un entretien à Roland‐Garros, il nous a témoigné de son soutien. Il reconnaissait lui même que le tennis féminin n’était pas mis en avant à sa juste valeur et ça faisait partie de sa préoccupation pour son second mandat.
Et cela passe‐t‐il par l’organisation de tournois de plus grande importance en France ?
C’est clairement notre but pour l’édition 2016 ainsi que de pérenniser et monter l’Open GDF‐Suez 42 à 50 000 .
Pourquoi avoir fait appel à l’agence Media Sport Promotion en tant qu’organisateur du tournoi ?
Jean‐Marc Puget ayant moins de temps à consacrer à ce tournoi, il souhaitait le confier à une agence d’événementiel expérimentée en restant directeur sportif de l’Open GDF‐Suez 42 ce qui a permis d’allier les compétences de chacun.
Aujourd’hui, il y a peut‐être une place à prendre quelque part dans le paysage tennistique féminin en France, car derrière Strasbourg et aussi Limoges, il y a possibilité de faire des choses…
Le tournoi international de tennis féminin Open GDF‐Suez 42 peut devenir un événement sportif incontournable de la région Rhône‐Alpes. L’agence Média Sport Promotion va tout mettre en oeuvre pour concrétiser son objectif.
Que voulez‐vous dire par « faire monter ce tournoi » ?
Dès 2016, nous souhaitons passer à un prize‐money de 50 000 (contre 25 000 aujourd’hui), pour cela nous devrons suivre le cahier des charges et ainsi améliorer les infrastructures pour accueillir les joueuses dans les meilleures conditions possibles. Nous travaillons d’ores et déjà avec tous les élus concernés afin de faire aboutir notre projet. Pour information, nous avons constaté une augmentation de fréquentation de 20% en 2015 (12 000 spectateurs).
Publié le vendredi 13 février 2015 à 11:00



