Fan – nom (anglais fan, abréviation de fanatic) : Familier. Admirateur enthousiaste, passionné de quelqu’un, de quelque chose : Les fans d’un chanteur.
A l’occasion de la sortie de « Rafa, mon amour », un livre décryptant les différentes facettes de Rafael Nadal, l’homme et le joueur de tennis, WeLoveTennis lance sa grande semaine du fan. Animations, interviews, sondages et concours vous seront proposés.
Sociologue et chercheur à l’INSEP, Patrick Mignon décrypte le concept de « fan ». Ses tenants, ses aboutissants… Qu’est‐ce qui nous pousse à supporter un joueur ou une équipe, à la suivre, à l’encourager… à l’aimer ! Explications.
Patrick, toi qui connais bien ce concept, d’où vient le mot « fan » ?
De « fanatique » ! C’est une contraction, d’origine, bien sûr, américaine. En Italie, ce sont des tifosi. Auparavant, dans notre pays, on parlait de fervents supporters. En fait, l’arrivée du « fan » coïncide avec la période yéyé. Cela s’est amplifié, notamment avec la montée en puissance de stars comme Johnny Halliday. On peut même évoquer le fameux concert à l’Olympia de Gilbert Bécaud, où les spectateurs ont commencé à casser des chaises. Là, on s’est mis à parler d’une forme de fanatisme. Donc, de fans.
Cela veut dire qu’il n’y avait pas de fans auparavant ?
Si, mais on n’avait pas défini le phénomène de la même façon. Cela touchait déjà les sportifs et, particulièrement, des cyclistes et des footballeurs. On pouvait collectionner des chewing‐gums, des figurines, des photos à l’effigie des rois du peloton, des cartes… La carte, d’ailleurs, a été plus ou moins importée des Etats‐Unis, où ce système marchait déjà très bien, dans le baseball notamment.
Il y a une typologie précise du fan ?
Un fan, c’est une personne qui s’identifie à son idole. Quelques fois, cet amour va très loin et peut se transformer en haine meurtrière. Je pense à John Lennon et, dans le tennis, à Monica Seles. Etre fan est aussi un phénomène plus féminin que masculin. Dans ce cas précis, très souvent, le champion correspond à l’homme idéal, celui qu’on aimerait rencontrer. Il s’agit également de partager sa passion avec d’autres fans et de s’inventer une vie à travers son champion. Cela donne un intérêt tout à fait différent à son existence. Un champion, un chanteur, un acteur… A ces personnes correspondent souvent des vies hors du commun. En côtoyant la star, en passant des instants avec elle, virtuellement, à travers le prisme de la télé ou à distance, sur le terrain, le fan s’approprie une partie de sa vie.
C’est pour cela qu’il est prêt à tout pour approcher son idole ?
C’est l’un de ses objectifs, clairement : découvrir son univers, faire comme lui, comprendre. Ce n’est pas étonnant que certains fans prennent des vacances en fonction du calendrier du joueur et qu’ils aillent régulièrement sur les terres de leur champion. Cela amène d’ailleurs souvent le fan à se rendre dans des endroits où, seul, il ne serait jamais allé. C’est aussi un peu cela, la magie du fan. Parce qu’il faut bien saisir que le champion fait partie de sa vie quotidienne. C’est presque un membre de sa famille, voire plus, dans certains cas. Se retrouver dans des endroits incroyables loin de chez soi pour l’encourager, c’est donner obligatoirement une autre dimension à son existence.
Depuis la période yéyé que vous avez évoquée, les choses ont beaucoup évolué. Etre fan, c’est aussi disposer de nouveaux outils pour entrer en contact avec son champion préféré…
Oui, les réseaux sociaux, tout comme les sites internet, ont changé la donne. Avant, on envoyait des lettres ! Aujourd’hui, ce sont des mails ou des tweets. Mais, à vrai dire, la démarche demeure la même et il n’est toujours pas certain que ce soit le champion qui réponde. Les nouveaux médias créent l’illusion d’une forme de proximité. Mais, en réalité, la vérité se situe toujours sur le terrain, dans ce que l’on appelle désormais la « vraie vie ».
La « vraie vie », c’est obtenir un autographe, par exemple. Pourquoi la signature a‑t‐elle autant de valeur aux yeux des fans ?
Parce qu’une signature, c’est une authentification officielle. C’est unique. C’est la main du champion. Le graal du fan, même si, aujourd’hui, la fameuse photo classique prise aux côtés de son idole avec un téléphone portable est devenue un véritable objet convoitise.
Vous pensez qu’avec le tennis puissent exister de belles communautés de fans ?
Les scores des Facebook de Roger Federer et de Rafael Nadal en sont la preuve. Un tennisman, c’est un peu comme un chanteur ou un acteur, on est dans le même registre. Le tennis est un sport individuel mondial, avec des joueurs qui ont tous des caractères bien différents, venus des quatre continents. Ils constituent des cibles idéales pour de potentiels fans.
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Publié le mercredi 27 novembre 2013 à 12:05



