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Grigor Dimitrov : « Nadal est gaucher, il ne peut rien y changer »

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Suite de notre trip­tyque des inter­views oubliées sur Nadal. Cette fois‐ci notre jour­na­liste Krystel Roche a soumis le grand espoir Grigor Dimitrov au ques­tion­naire maison, une semaine pile après avoir rencontré le numéro 1 mondial. 

Que te dis‐tu en sortant du court après avoir joué Rafael Nadal à Rotterdam ?

Le premier truc que je me suis dit, ça a été : « Ouahou, j’ai vrai­ment fait ça ! Je suis allé sur le court, je me suis battu contre Rafa, et ça a duré 2h30 ! » J’étais telle­ment excité que je n’ai pas pu dormir la nuit qui a suivi la rencontre (sourire)… En toute fran­chise, je ne m’attendais pas à jouer un aussi bon match (surtout le 2e set). Mais j’étais vrai­ment dedans, je profi­tais de chaque balle à fond. Pour moi, c’était un match incroyable. On a montré de belles choses ce jour‐là.

Est‐ce que tu as déjà vu Rafa à l’entraînement ?

Je me suis entraîné avec lui à plusieurs reprises, et j’ai main­te­nant joué contre lui. C’est un joueur incroyable. A l’entraînement, tout le monde ne fait pas ce qu’il fait… A mon avis, la clé de son succès, c’est qu’il est très constant, très régu­lier. Il n’y a pas de hauts et de bas. Et il reste toujours extrê­me­ment concentré : cela l’aide beau­coup à déve­lopper son jeu. Aujourd’hui, il tente de plus en plus de choses sur le court, a plus confiance en ses coups. Pour moi, voilà pour­quoi il est n°1 mondial. Tous les joueurs ont du talent. La ques­tion est juste de savoir comment tu déve­loppes, comment tu exploites ce talent. C’est exac­te­ment le même processus qu’avec les études. Tout dépend de ce que tu fais de ton talent…

Quelle l’importance de l’éducation dans la carrière d’un joueur ?

Bien sûr, l’éducation est un facteur de réus­site. L’école est, évidem­ment, une part impor­tante de la vie de tout un chacun. Je pense qu’il est très impor­tant pour un sportif –quelle que soit la discipline‐ d’avoir une certaine éduca­tion, afin de pouvoir faire ce qu’il souhaite par la suite. Pour moi, l’éducation est quelque chose de très impor­tant. Je pense que la plupart des parents espèrent que leurs enfants seront bien éduqués, qu’ils se compor­te­ront bien dans la vie. Ils essayent de trouver le meilleur moyen d’y parvenir, de faire que leur enfant suive le bon chemin. Pour tout parent, il est primor­dial de bien élever son enfant. Et lorsque tu reçois une bonne éduca­tion, tu déve­loppes tes qualités : cela te sert par la suite, quoi que tu fasses.

Quelle est l’importance de son oncle Toni ?

Il est certai­ne­ment la meilleure personne pour enca­drer Rafa. Pour le moment, leur asso­cia­tion fonc­tionne plutôt bien ! (sourire) La chose la plus impor­tante, c’est tout simple­ment que Rafael se sente bien avec son coach. Cela l’aide menta­le­ment. Sil se sent bien avec les gens qui l’entourent, il est heureux… Et ça marche ! Rafa et Toni fonc­tionnent d’une certaine manière depuis des années, on mis en place un certain jeu, et ont, en quelque sorte, leur ‘routine’. Toni travaille dur pour Rafa, et Rafa voue une confiance absolue à son oncle. Il n’est pour­tant pas toujours évident d’avoir quelqu’un de ta famille impliqué dans ta carrière…Tout dépend de la rela­tion qui existe entre les deux personnes. Je pense qu’eux ont trouvé leur équi­libre. Cet équi­libre a permis à Rafa d’être aussi fort qu’il l’est actuel­le­ment, et d’avoir remporté autant de tournois.

Est‐ce un réel avan­tage d’être gaucher ?

Oui, peut‐être… Personnellement, peu importe que mon adver­saire soit gaucher ou droi­tier, ça ne m’embête pas plus que ça. Être gaucher est peut‐être un avan­tage, mais bon, tout dépend de la situa­tion. De toute façon, il est gaucher, et… c’est comme ça, il ne peut rien y changer ! (sourire)

Que penses‐tu de son duel avec Federer ?

Les deux sont de gros battants. Ces derniers temps, j’ai vu Roger perdre pas mal de fois contre Rafa. Mais je ne veux vrai­ment pas discuter du pour­quoi du comment Roger a perdu, ou quoi que ce soit. Ça ne me regarde pas. J’adore ces deux joueurs, j’adore leur façon de jouer. Donc que le meilleur gagne ! Je ne veux pas prendre le risque de dire quelque chose de travers. Je n’ai pas encore leur âge, et je ne suis pas encore au top niveau, donc je n’ai pas à me prononcer, mon avis ne vaut rien.

Rafa a‑t‐il un gros ascen­dant psycho­lo­gique sur son adver­saire lorsqu’il entre sur le terrain ?
Oui, clai­re­ment. Pour moi, c’est l’un des mecs les plus « fit » du circuit. Il court très, très bien, a progressé de manière incroyable. Son petit jeu de jambes le rend encore plus dange­reux. Sans compter que, menta­le­ment, il est très, très fort, ne lâche jamais rien, se bat toujours à 200%.

Que penses‐tu de son vœu lors du match contre Verdasco ?

Pour ce qui est de Rafa : aucun doute : son vœux a été exaucé. Il a sacré­ment bien marché ! Il est très super­sti­tieux… Moi aussi ! Je suis très, très super­sti­tieux ! Mais je ne vous en dirai pas plus pour l’instant. Une autre fois, peut‐être… (sourire)

Pour finir, pour­quoi avoir choisi d’in­té­grer l’Académie Mouratoglou ?

J’aurais du y aller il y a déjà quelques années. Je ne pensais pas inté­grer le team… Jusqu’à ce que je rencontre Peter (Lundgren, son nouveau coach, ndlr). Des gens de l’Académie sont venus me voir, ils cher­chaient un joueur, je cher­chais pour ma part une struc­ture, et ils m’ont proposé que l’on travaille ensemble. Ça aide beau­coup lorsque tu as derrière toi des personnes comme celles de l’académie, qui croient en toi et te soutiennent énor­mé­ment. Je suis très heureux d’être là‐bas.

Propos recueillis par Krystel Roche

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