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« Henin : un vrai risque de décrédibilisation du circuit féminin »

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Cédric Nouvel a rejoint pendant Roland Garros, notre team des Spécialistes, nous l’avons donc contacté hier soir pour faire un point précis sur le retour de Justine en lui posant les vraies ques­tions sur ses chances de revenir rapi­de­ment au haut‐niveau. Cédric qui est le coach de Virginie Razzano répond sans mâcher ses mots. Pour lui, il existe un vrai risque de décrédibilisation

Quelle est ta première réac­tion à chaud ?
D’abord je suis surpris et après réflexion je ne le suis plus. Mais au préa­lable, j’ai­merai quand même dire un mot sur Kim Clijsters. Ses perfor­mances ne sont pas éton­nantes. Kim est une combat­tante. Elle est revenue à la compé­ti­tion après avoir été maman. Elle est entourée de « bonheur ». Son retour n’est donc que syno­nyme de plaisir. Elle a pas vrai­ment de pres­sion. Je dis ça pour le mettre en parral­lèle avec celui de Justine. C’est carré­ment différent.

Pourquoi ?
Justine n’a jamais donné sur le court l’image du plaisir. Elle a souvent parlé de douleur, elle a supporté de grosses charges de travail. C’est pour cela que j’ai un doute. Autant Clijsters est revenue après avoir fait un break assez logique dans une vie normale pour une femme, autant pour Justine, on a l’im­pres­sion qu’elle revient sans avoir pu vrai­ment recons­truire quelque chose.

Penses‐tu que Justine a les moyens de revenir très vite au haut‐niveau ?
Bien sûr. Je crains même qu’elle y arrive un peu trop facilement.…

C’est à dire ?

Le circuit féminin est faible et je dis cela alors même que j’y suis impliqué. Il n’y a pas de leaders, les Williams même en jouant à temps partiel parviennent à rester dans le Top 10. Tout cela me laisse penser qu’il y a de la place dans le Top 10. Il est donc assez évident que Justine a les moyens de retrouver sa place au plus haut de la hiérar­chie. J’espère juste que cela va prendre un peu de temps car autre­ment quoi que l’on dise, il y a un risque de décri­bi­li­sa­tion du circuit féminin. 

Tu penses que tech­ni­que­ment et physi­que­ment elle peut être prête pour l’Open d’Australie ?
C’est le calen­drier idéal. C’est la meilleure période pour se préparer. De plus, démarrer en Australie est une très bonne chose car tout le monde est en rodage. Stratégiquement, c’est bien vu. Après l’énigme, c’est de savoir si ce retour est un retour à court terme ou à long terme. C’est cela qu’il va falloir suivre de près.

Plus géné­ra­le­ment, il semble que les grandes cham­pionnes de tennis ne peuvent pas se contenter que de tennis..
C’est exac­te­ment la réflexion que je me suis faite à l’an­nonce de ce retour. La femme semble plus multiple. Par exemple, les Williams arrivent à faire carrière tout en montant d’autres projets dans la mode, et il y a encore d’autres exemples de ce type. J’ai l’im­pres­sion que la réus­site spor­tive n’est pas suffi­sante à l’in­verse des hommes. Bien sûr, il y a aussi le désir naturel d’être maman. Quand on voit des trajec­toires comme celle par exemple d’Ivanovic, cela confirme cette analyse.

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