Pour son numéro 22, GrandChelem/welovetennis a décidé de faire la lumière sur le circuit secondaire. Entretiens…
A la rencontre d’un circuit bien particulier ; Stéphane Apostolou ; Claire Feuerstein ; Gianni Mina ; Arnaud Clément ; Eric Prodon ; Stéphane Robert ; Jarkko Nieminen.
A suivre : Gastao Elias ; Frederico Gil.
Jarkko Nieminen est une figure bien connu du circuit ATP. Ex‐top 15, quart de finaliste dans trois des quatre tournois du Grand Chelem, mais aussi connu pour son mental friable – avec dix finales disputées, pour neuf défaites -, il n’hésite pourtant pas à redescendre d’un échelon pour disputer des tournois Challengers. Et, ce, lors même que son classement lui permet de jouer des Grands Prix. Pour lui, le circuit secondaire, c’est de la confiance et un tremplin pour des performances à venir dans la catégorie supérieure.
Pourquoi avoir fait le choix de venir ici, à l’Open de Guadeloupe ? C’était une bonne préparation pour Miami ?
A mon sens, c’est la meilleure préparation qui soit pour Miami. J’ai perdu tôt à Indian Wells (NDLR : au deuxième tour) et je ne voulais pas rester inactif jusqu’à Miami, une dizaine de jours plus tard. C’est bien de jouer quelques matches pour garder le rythme. C’est mission accomplie, ici, puisque j’en aurais disputé au moins trois (NDLR : il a perdu en demi‐finale).
Au début de ta carrière, tu es resté un peu de temps sur le circuit secondaire ?
En fait, j’ai été plutôt chanceux, dans la mesure où j’ai assez rapidement quitté le circuit Challenger. J’en ai joué beaucoup en 2001 et ça m’a permis d’entrer dans le top 100. J’ai alors pu m’aligner sur les plus gros tournois du monde. Plus tard, dans ma carrière, j’ai été obligé de repasser par le circuit secondaire après quelques blessures. Mais ce ne sont pas des périodes négatives, c’est aussi intéressant de rejouer de plus petits tournois quand on a perdu le gout de la victoire, quand on ne gagne plus beaucoup de matches… Ca aide à reprendre confiance.
Ca n’a pas été dur de devoir disputer à nouveau des Challengers après avoir connu les plus gros événements ?
Non, pas pour moi. Je suis toujours motivé à partir du moment où je rentre sur un court, que ce soit dans un petit tournoi où le plus gros qui soit. Alors, bien sûr, je préfère jouer les très gros évènements, mais ça n’a jamais été un problème pour moi de devoir disputer des Challengers.
C’est quoi, d’ailleurs, les différences entre un Challenger et un Grand Prix ?
Tout le monde joue très bien au tennis, aujourd’hui. Les différences en termes de niveau se resserrent, même si ce niveau reste un peu plus élevé sur le grand circuit. Et puis, dans les Challengers, on ne joue pas contre des tops 10‐tops 20, contre des joueurs très durs à battre. D’un autre côté, les gars qui gagnent des Challengers, on les recroisent aussi en Grand Prix, ils arrivent à s’inscrire à de très gros tournois. Ca montre que les différences de niveau sont minces, notamment avec les joueurs qui perfent régulièrement en Challenger.
Pourquoi s’aligner sur un Challenger quand on est dans les 60, comme vous aujourd’hui ? Quel est le but ?
Au début de l’année dernière, j’ai dû jouer beaucoup de Challengers parce que j’avais chuté au classement. Je ne rentrais plus dans les grands tableaux du circuit principal. Et puis, c’est bon d’enchaîner les matches quand on a besoin de points comme ça, même si ça doit se passer sur le circuit secondaire.
C’est parfois dur de choisir entre un ATP 250 et un gros Challenger ?
Effectivement, on a quelques fois du mal à se décider. Surtout quand on ne rentre pas directement dans le tableau principal d’un’ATP 250 et qu’on doit passer par les qualifs. Par contre, si je rentre dans le cut des gros tournois, mon choix se fait automatiquement et je vais les jouer, eux, plutôt qu’un Challenger.
Aujourd’hui, tu préfères une victoire sur un top 20 ou un titre en Challenger ?
Hum… Gagner plusieurs matches d’affilée pour aller au bout d’un Challenger, ça te donne beaucoup de confiance, bien plus qu’une seule victoire, serait‐elle contre un top 20 et dans un gros tournoi. Mais c’est quand même dur de faire un choix. Si je sens que j’ai besoin de matches, je préfère enchaîner les victoires et faire le plein de confiance. Mais battre un top player fait toujours aussi beaucoup de bien au moral… Bref, c’est une question très difficile ! (Rires)
Publié le vendredi 8 avril 2011 à 11:46



