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Julien Maes : « Cette quali­fi­ca­tion rend hommage à Jérôme »

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C’est la belle histoire de cette saison de cham­pionnat de France par équipes. Pour la première fois de son histoire, le TC Dijon s’est hissé en phases finales après seule­ment deux saisons au sein de l’élite. Une vraie perfor­mance qui récom­pense le travail d’un club qui pousse fort derrière ses joueurs. Julien Maes, capi­taine de l’équipe, s’est confié à WLT sur l’aventure des Bourguignons avant les demi‐finales qui débutent à Sarcelles ce samedi.

J’imagine que la douce euphorie de la quali­fi­ca­tion n’est pas encore retombée…

« En fait, sur la dernière rencontre (face à Blagnac), on savait qu’il fallait gagner pour se quali­fier. On était super content de le faire ! On voulait y arriver car cela récom­pense tout le travail accompli depuis le début, il fallait juste terminer le boulot ! On avait fait un très bon début de cham­pionnat, donc on était à la fois confiant et surpris car ce n’était pas notre objectif avant de commencer la saison. »

Qu’est-ce que repré­sente cette quali­fi­ca­tion finalement ?

« C’est quelque chose de super pour le club. C’est seule­ment la deuxième année à ce niveau. Avant les cham­pion­nats, on ne visait pas cette place. C’est une récom­pense pour tous les efforts que fait le club. Nous, les joueurs, on essaie de leur rendre. Quand on reçoit, le club fait énor­mé­ment de choses pour nous. C’est une bonne récom­pense pour les diri­geants et les béné­voles. Pour les joueurs, c’est un super truc. Personnellement, je trouve que c’est une super expé­rience pour tout le groupe. On va essayer de tirer le maximum de cette aventure. »

Quand vous dites que le club fait beau­coup lors de vos récep­tions. Comment orga­nise t‑on un match à domicile ?

« Ça repré­sente toute une orga­ni­sa­tion. Chez nous, c’est un événe­ment pour le club. On met des tribunes, sur un autre court on met de la moquette pour que tout soit propre. À l’entrée, on met en place un petit coin « VIP » pour nos spon­sors. C’est de la main d’œuvre. On fait tout pour bien accueillir les équipes. C’est un peu nouveau pour nous, on n’est pas habitué, alors on essaie de faire les choses correc­te­ment. Ça prend du temps et de l’organisation et le club met tout en œuvre pour rendre l’événement agréable. Et c’est vrai que du coup le fait de jouer chez nous est gros atout. L’environnement est optimal. »

C’est un aspect qui vous permet de faire la diffé­rence, de vous sentir soutenu ?

« C’est un petit plus. À chaque rencontre, on est arrivé à attirer entre 300 et 500 personnes et même un mercredi ! C’est une vraie aide. Les gens sont derrières nous. C’est un petit plus qui compte beau­coup pour nous, les joueurs. Ça fait quatre ans que je suis au club, et je pense que l’on a dû perdre un match à domicile ! »

Et puis pour vous, les joueurs, ça vous permet de vivre une aven­ture unique…

« Ce qui est bien dans ces cham­pion­nats, c’est que l’on passe trois semaines avec les joueurs. Ce n’est pas le cas dans toutes les équipes. Ici, les joueurs (Vincent Millot, Alexandre Renard, l’Allemand, Peter Gojowczyk et le Croate, Antonio Veic) restent, même les étran­gers, ils ne rentrent pas chez eux. On partage des moments uniques, il y a une super compli­cité qui se créé. À petite échelle, cela peut ressem­bler à une mini Coupe Davis, on peut dire ça comme ça. Mais surtout, ce qui est essen­tiel à mettre en avant, c’est que l’on a une équipe vrai­ment soudée, on se connaît très bien. C’est un vrai plus dans les matches que l’on a pu faire. Par exemple, au Lagardère on est mené 4–0 après les simples. On s’est parlé avant les doubles et on arrive à arra­cher un point en double. On joue tous les matches à fond, on ne met rien de côté. On sait que le double peut faire la diffé­rence à la fin. On ne laisse pas un point de côté et cela reflète bien l’état d’esprit de l’équipe. »

Cet état d’esprit a permis de faire la différence ?

« C’est ce que je pense. Sur le papier, on était loin d’être un favori à la quali­fi­ca­tion. Le départ nous a beau­coup aidé. L’an dernier, on avait gagné un seul match en cinq rencontres. Avec notre entame, on y a cru jusqu’à la fin et ça a payé. »

Cette quali­fi­ca­tion est aussi celle de Jérôme Golmard, votre ancien capitaine…

« C’est la première année que je suis capi­taine. Jérôme Golmard l’était l’an dernier, j’étais capi­taine adjoint. Sa maladie (Charcot) a resserré les liens. On a eu beau­coup d’émotions au moment de la quali­fi­ca­tion, on a beau­coup pensé à lui. Cette quali­fi­ca­tion lui rend hommage et c’est pour le remer­cier de tout ce qu’il a fait pour nous. »

Le format actuel des cham­pion­nats de France par équipes est‐il idéal ?

« Il est idéal pour les équipes qui jouent avec à peu près avec les mêmes joueurs et peu d’étrangers. Dans notre poule (B), Lagardère en avait un seul et à chaque fois le même. Les autres équipes ont fait beau­coup tourner. Et fina­le­ment, Lagardère et nous, on se qualifie. Deux équipes qui ont gardé la même ossa­ture depuis le début. C’est en tout cas le bilan que je peux faire de notre poule. »

Désormais, cette phase finale, ce n’est que du bonus ?

« Oui c’est du bonus, car on sait que ça va être très compliqué. Maintenant, on reste des compé­ti­teurs. On va y aller pour rester sur la même dyna­mique que l’on a pu avoir. Le niveau sera plus élevé et on se dit que l’on va jouer à fond et on fera le bilan à la fin. Notre moti­va­tion reste intacte et on y croit. Si on est là, ce n’est pas du hasard. Sur cinq rencontres, cela reflète le niveau de l’équipe. On y va avec l’ambition de faire quelque chose. »

Et pour­quoi pas rêver d’un parcours comme Quimperlé il y a deux ans…

« Oui, si on pouvait prendre le même chemin que Quimperlé, on signe­rait tout de suite (rires) ! C’est un bon exemple qui prouve que ça ne sert pas toujours d’avoir de gros joueurs. On peut s’en inspirer. Maintenant, on ne peut pas se projeter. Sarcelles me paraît être le favori, d’autant plus qu’ils vont jouer à domi­cile. On espère ne pas les jouer dès les demi‐finales. Après on verra, si on peut les éviter, c’est pas mal aussi (sourire). »

Est‐ce que l’on peut dire que c’est un gros palier pour le club après deux saisons seule­ment dans l’élite ?

« C’est effec­ti­ve­ment un gros palier. L’année dernière, le main­tien s’est joué au match average ! On a donc attaqué l’année avec l’ambition de se main­tenir, donc c’est une grosse marche par rapport à la saison dernière. On ne visait pas les phases finales avant le début du cham­pionnat. Ce qui est bien pour nous les joueurs, c’est que cela prouve que l’on a le niveau pour être dans ce cham­pionnat. On essaie de savourer. Notre volonté est de rester le plus long­temps possible dans l’élite. Il n’y avait pas d’objectif de phases finales. On n’a pas d’énormes moyens mais on a les capa­cités pour être à ce niveau. On sait que ça va être compliqué et que l’on peut jouer le main­tien la saison prochaine. Il n’y a aucune garantie. »

Comment préparez‐vous le rendez‐vous de Sarcelles maintenant ?

« On récu­père, un peu d’entraînement. On part vendredi matin de Dijon. C’est surtout de la récu­pé­ra­tion. Les deux semaines et demie ont été intenses avec les voyages entre les matches. On soigne les petits bobos pour arriver en pleine forme (sourire). »

En tant que capi­taine, comment on se prépare le reste de la saison ?

« Je m’occupe d’un centre d’entraînement avec Christophe Camus, la Guts Team à Arles. Notre numéro un est Fabrice Martin (307eme mondial). Cela me permet de rester dans le tennis de compé­ti­tion et de former des jeunes joueurs qui peuvent un jour inté­grer l’équipe première. »

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A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.