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La semaine du joueur – Jeff Tarango : « Je n’ai insulté personne, je n’ai fait que sortir du court »

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C’est la semaine du JEU et du JOUEUR sur Welovetennis ! Au programme, inter­views, articles et vidéos sur ce qui fait la passion du tennis, ses problèmes, la manière dont vous la vivez au quoti­dien et ce qui la provoque. Place au craquage et au pétage de plombs, qui consti­tuera l’un de nos fils rouges cette semaine !

Jeff Tarango. Ce gaucher américain avait fait parler de lui suite à une altercation mémorable avec Bruno Rebeuh, arbitre de chaise. C’était à Wimbledon, au troisième tour, en 1995 (voir ci‐dessous). Interview.

19 ans après l’incident de Wimbledon, est‐ce que tu reparles à Bruno Rebeuh ?

Non.

Tu as des regrets par rapport à ton compor­te­ment ce jour‐là, est‐ce que c’est une chose que tu refe­rais aujourd’hui ?

Est‐ce que je le refe­rais si j’avais le choix ? Non, je lais­se­rais quelqu’un d’autre s’y coller…

Ce jour‐là, tu es sorti de tes gonds. Comment la déci­sion d’un arbitre peut‐elle mettre un joueur dans un tel état ?

Vous savez, j’estime être simple­ment dans mon droit. C’est un enchaî­ne­ment de déci­sions suspectes qui, si vous avez vu le match en entier, ne peuvent que vous amener à cette conclu­sion : cette rencontre était selon moi arrangée. Franklin Johnson, ancien Président de l’USTA et membre hono­raire à vie de l’ITF, a même déclaré, lors de ma défense en 1995, en qualité de témoin oculaire, qu’il n’avait jamais vu de sa vie un arbitre prendre autant parti.

C’est la seule raison de ton craquage ou le public et l’ambiance y ont aussi contribué ?

En 1995, c’était ma septième parti­ci­pa­tion au tableau prin­cipal de Wimbledon. Je n’avais jamais reçu d’avertissement pour viola­tion du code de conduite avant cela. Et je n’en ai jamais reçu après, alors que j’ai joué là‐bas en simple, en double et en double mixte à presque chacune de mes 13 participations.

Comment as‐tu composé avec cet inci­dent passé, alors que beau­coup de personnes estiment simple­ment que tu as pété un plomb ?

Honnêtement, les joueurs ont respecté ce que j’ai fait. Je n’ai insulté personne et je n’ai rien fait d’autre que de sortir du court et demander que justice soit faite.

Qu’as-tu dit à ta femme après qu’elle a giflé l’arbitre ?

Elle m’a juste défendu, à la fran­çaise, et je l’ai remer­ciée. Elle a montré au monde quel lâche est ce gars.

On se souvient égale­ment de la fin de ton match contre Thomas Muster, à Roland‐Garros, en 1997, où l’Autrichien refuse de te serrer la main (voir ci‐dessous). Tu lui en as reparlé, depuis ?

Oui, à de nombreuses reprises ! Après le match, il est venu me voir dans les vestiaires, m’a serré la main et s’est excusé.

A sa place, tu pour­rais comprendre ce qu’il a fait, sachant qu’il détes­tait ton compor­te­ment sur le court ?

J’essayais de gagner… Il ne pensait pas que je pouvais le battre à Roland‐Garros. Pourtant, j’y était déjà parvenu, certes sur dur, à Tel‐Aviv, 6–2 6–4. Je pensais que j’étais capable de faire la diffé­rence sur mes qualités et grâce à mon gros mental. Selon moi, lui ne pouvait me dominer que sur le physique. C’est de cette manière que j’ai abordé la rencontre. Beaucoup de joueurs ont essayé de jouer avec le mental de leur adver­saire et sont parvenus à leur fin.

On dit souvent que le tennis d’aujourd’hui manque de joueurs à fort carac­tère. Tu es d’accord avec cela ?

Les règles du tennis ont défi­ni­ti­ve­ment forcé les joueurs à se comporter d’une manière beau­coup plus barbante. Moi, j’ai poussé pour qu’on soit plus souple avec les gars qui cassaient leur raquette, par exemple. Ou qu’on laisse les fans garder les balles qu’ils attrapent, pendant un match, qu’on soit moins strict avec le public quand il fait du bruit… Selon moi, le tennis doit s’adapter et devenir plus « fan friendly ».

Aujourd’hui, tu te retrouves dans un joueur, en particulier ?

Bien sûr. Mes deux enfants, âgés de six et quatre ans. Ace et Jesse.

Au troi­sième tour de Wimbledon, en 1995, Jeff Tarango est mené 7–6(6) 2–1 par Alexander Mronz lorsque tout bascule… Sur une balle adverse annoncée « faute », Bruno Rebeuh, l’arbitre fran­çais de la rencontre, over­rule son juge de ligne pour donner le point à Mronz. Tarango s’approche de lui, commence à discuter… puis rejoint sa ligne de fond de court, passa­ble­ment énervé. En réponse aux quelques mani­fes­ta­tions du public, il lâche alors : « Oh, shut up ! » L’arbitre lui inflige immé­dia­te­ment un aver­tis­se­ment pour viola­tion du code de conduite. L’Américain n’en croit pas ses yeux : « Comment ça ? Pour avoir dit « shut up » ? » Il proteste et en vient à appeler le super­vi­seur sur le court, récla­mant le rempla­ce­ment de Rebeuh. Evidemment, ses doléances ne sont pas enten­dues et il lui est intimé de recom­mencer à jouer. Tarango n’en peut plus et lance, en retour­nant de son côté du terrain… « Vous êtes l’officiel le plus corrompu de ce sport ! » L’arbitre réagit : nouvel aver­tis­se­ment et point de péna­lité. L’Américain explose. « C’est fini ! » Il range sa raquette, prend son sac et quitte le court. Pis, un peu plus tard, sa femme, une Française, gifle Bruno Rebeuh. Jeff Tarango sera sanc­tionné d’une amende de 45 000£ et interdit de parti­ci­pa­tion à Wimbledon, l’année d’après.

Deux ans plus tard, à Roland Garros, il livre un véri­table numéro de cirque face à Thomas Muster. Imitant les ahane­ments de son adver­saire à la fin du premier set, il se justifie en confé­rence de presse : « A un moment donné, les grogne­ments qu’il pousse font un écho dans ma tête, c’est vrai­ment trop. C’est fou, hein, ce bruit qu’il fait… Et moi, je le fais une fois, je me prend un let. C’était une comédie, c’était ridi­cule… » Plus tard, il provoque Muster en gonflant les bras ; celui‐ci le vise sur un smash ; l’arbitre descend de sa chaise une quin­zaine de fois pour véri­fier les marques ; Tarango sert à la cuillère… L’Américain finit par perdre le match 7–5 1–6 6–2 6–1, s’approche pour serrer la main de son adver­saire… qui la refuse. Encore un sacré moment de caractère !

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