Accueil Interviews Lionel Roux : un entretien exclusif signé WLT ! (2/3)

Lionel Roux : un entretien exclusif signé WLT ! (2/3)

-

Suite de notre entretien exclusif avec Lionel Roux… La première partie, c’est ici !

C’est ton gros regret sur cette campagne 2010 ? Ne pas avoir insisté pour que Jo retarde son retour sur le court à la compétition ?

Non, le gros regret, c’est tout de même de ne pas avoir envoyé Gilles dans les vestiaires. Ca fait maintenant partie de ma jeune expérience de coach en Coupe Davis. La prochaine fois, c’est clair que je ne me ferai pas avoir. Pour Jo, c’est un regret aussi. Le regret de ne pas avoir plus parlé avec son coach, ne pas avoir plus insisté. Ca n’aurait peut-être rien changé, mais, quand on est à ma place, à celle de Guy, on refait toute la saison, on cherche à déterminer ce qui n’a pas marché. Guy a dit quelque chose de très important lors du stage à Saint Cyprien : une finale, ça se gagne à un détail près. Je pense qu’il a raison et je crois qu’on a raté ce détail, ce détail qui aurait pu nous faire gagner la Coupe Davis.

Il y a aussi un autre cas qui nous intéresse et qui interpelle pas mal d’internautes : Richard Gasquet. Beaucoup de choses se disent sur lui, sur ses rapports avec Guy Forget. Info ? Intox ? C’est vrai que Guy n’aime pas trop ce joueur dans son implication vis-à-vis du groupe ?

Il y a des difficultés à comprendre Richard, comme il y en avait, au début, avec Gaël. J’ai eu pas mal de bonnes discussions avec Richard, Guy également. Et, d’ailleurs, il le dit haut et fort : Richard, c’est celui qui doit être là et pouvoir nous faire gagner une Coupe Davis dans les deux-trois prochaines années. Mais c’est à Richard de décider s’il a envie d’aller la gagner. Or, on sent encore parfois un peu de réticence, un peu de peur. Moi, je l’ai poussé, à Saint-Cyprien, je lui disais : « Vas-y, va la chercher ta place, montre à ton Capitaine que tu es l’homme de la situation. » Il faut qu’il y ait plus de complicité entre eux. Il y a des mauvais souvenirs à évacuer, comme celui de Winston Salem, aux Etats-Unis, où il y avait eu une incompréhension entre les deux. Ca fait partie des grands chantiers pour les prochaines années, ce rapprochement entre Guy et Richard.

« Le rapprochement entre Guy et Richard : l’un des chantiers pour les prochaines années »

L’année prochaine, on le sait, on a un premier tour pas facile qui nous attend, en Autriche, avec, en perspective, une rencontre face à l’Espagne, chez elle, en demie, si tout se passe bien jusque là. Est-ce qu’il n’y a pas une amertume à se dire qu’on est passé à côté cette année, alors qu’on avait un certain nombre d’éléments en notre faveur ? Pour 2011, ça va être une autre histoire, Nadal est parti pour jouer la Coupe Davis, Roddick est très motivé lui aussi… 2010, c’était l’année idéale, non ?

Forcément, les regrets sont nombreux sur cette campagne. Jouer à domicile, on l’a vu, c’est un avantage. Le public joue un rôle important, il ne faut pas se le cacher. Maintenant, si on n’a pas joué l’Espagne avec Nadal ou l’Argentine avec Del Potro, on était, nous aussi, privé de Jo-Wilfried Tsonga, qui, en plus, est très attaché à cette compétition. Je ne crois pas qu’il faille faire des plans sur la comète. Une rencontre de Coupe Davis, c’est la sollicitation de six ou sept joueurs, que ce soit pour la France ou les autres pays. Nadal a décidé de la jouer en 2011. Très bien, peut-être sera-t-il là au premier tour, pour les quarts, pour les demies. Mais on ne sait pas, peut-être sera-t-il aussi blessé. Je crois qu’il faut prendre les rencontres les unes après les autres, en évitant ce genre de projection. Dans le tennis français, il y a un vivier important de joueurs de qualité. C’est ce qui compte et qui nous permet de croire qu’on peut tout à fait gagner la Coupe Davis l’année prochaine.

« On peut tout à fait gagner la Coupe Davis l’année prochaine »

Tu as l’air très fatigué, la campagne a dû être éprouvante. Guy Forget qui rempile pour deux ans, ça veut dire que Lionel Roux, lui aussi, est reparti pour les deux prochaines années ? Ou c’est en discussion ?

J’ai très envie de continuer l’aventure. Aujourd’hui, on n’est pas en discussion. Si Guy repart, je repars aussi. Ca s’est très bien passé jusqu’à présent. On vit des choses importantes, avec les joueurs, avec Guy. Il y a des regards, des moments assez intimes que l’on passe ensemble… C’est vrai que je suis fatigué. Quand on passe quinze jours avec un groupe, comme ça, on a forcément derrière une petite déprime et ce n’est pas facile de se retrouver. Même si j’ai trois garçons à la maison qui me remettent de suite dans le bain après une saison bien remplie ! (Rires)


Merci, Lionel, pour cette interview exclusive, dans nos locaux, à Lyon.

Instagram
Twitter